Le Ranger Raptor propose une conception assez originale de la sportivité : du muscle, mais avec une certaine rondeur, de la vigueur (5,5 secondes lui suffisent pour atteindre les 100 km/h), mais sans brutalité. Ce nouveau modèle, dont le rythme de production sera limité, vise aussi à donner du tonus à l’ensemble de la gamme Ranger.

La camionnette sportive à fort tempérament est une tradition chez Ford. Le genre s’est imposé au début des années 1990 avec le F-150 SVT (1993-2004). Il s’est poursuivi jusqu’en 2004 avec le F-150 SVT Raptor, avant de renaître avec brio en 2010 avec le F-150 Raptor. Aujourd’hui, deux autres produits adoptent ce cachet exclusif, dont le Ranger qui, par ailleurs, fait l’objet d’une refonte complète cette année.

Conçu à partir de la camionnette Ranger, ce nouveau porte-drapeau de la gamme (le coût d’entrée est fixé à près de 80 000 $) n’a pas lésiné sur les moyens. Spécialement préparé par la filiale Performances du constructeur américain, le pugnace V6 (3 litres) turbocompressé livre plus de 400 chevaux aux roues motrices par l’entremise d’une boîte automatique à 10 rapports spécialement révisée.

L’originalité de ce Ranger vitaminé tient évidemment à son groupe propulseur, encore plus musclé, mais aussi à son architecture. En effet, la rigidité du châssis a été renforcée, surtout dans la partie avant (berceau). Les liaisons au sol sont également beaucoup plus sophistiquées que celles des Ranger ordinaires. On remarquera dans un premier temps que les bras de suspension inférieurs et supérieurs sont ici forgés dans l’aluminium. On note également la présence d’amortisseurs et de ressorts hélicoïdaux spécifiques à ce modèle d’exception. Ces combinés ont la particularité de s’adapter aux sept paramètres créés par ses concepteurs pour faire face à différentes situations de conduite. Ces modes interagissent non seulement sur les suspensions, mais aussi sur le groupe propulseur et certaines aides électroniques (ABS et antipatinage).

  • Le Ford Ranger Raptor

    PHOTO FOURNIE PAR FORD

    Le Ford Ranger Raptor

  • L’habitacle du Ford Ranger Raptor

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    L’habitacle du Ford Ranger Raptor

  • Les sièges avant du Ford Ranger Raptor

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    Les sièges avant du Ford Ranger Raptor

  • Le Ford Ranger Raptor

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    Le Ford Ranger Raptor

  • L’écran central du Ford Ranger Raptor

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    L’écran central du Ford Ranger Raptor

  • La palette du Ford Ranger Raptor

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    La palette du Ford Ranger Raptor

  • Un amortisseur du Ford Ranger Raptor

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    Un amortisseur du Ford Ranger Raptor

  • Le logo du Ford Ranger Raptor

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    Le logo du Ford Ranger Raptor

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Le comportement routier de cette camionnette gavée aux stéroïdes est extrêmement vif. En plus de la rigidité du châssis qui a été renforcée, la boîte automatique à dix rapports, classique mais efficace, permet à cette motorisation de donner toute sa mesure. En ligne droite, cet utilitaire, bien suspendu et très correctement insonorisé en dépit de ses pneumatiques bruyants, tend à gommer la sensation de vitesse. Un phénomène auquel il faut porter une attention particulière.

Comportement atypique

Concentré de puissance mécanique, ce Ranger n’est pas une boule de nerfs sur la route. Ford n’a pas fait le choix de la sportivité à l’état pur. L’accélération tout comme les reprises sont vigoureuses sans être aussi hargneuses que sa consommation… Non seulement ce Ford a-t-il un fort appétit, mais il requiert d’être alimenté par de l’essence Super.

En contrepartie, il suffit de démarrer et d’exciter un tant soit peu la pédale d’accélérateur pour apprécier la belle sonorité du V6, travaillée par des ingénieurs qui baignent dans l’univers de la compétition automobile. Le timbre est profond et un peu rauque, avec la mélopée caractéristique d’un moteur en V.

Trapu et parfaitement équilibré, ce Ranger se place sans broncher dans les virages en jouant sur le couple-moteur. Pas la peine d’alterner entre les freins et l’accélérateur pour l’inscrire d’autorité dans la trajectoire. La direction apparaît plus précise, plus directe. Il faut toutefois prendre garde à l’adhérence plutôt limitée des pneumatiques sur les voies publiques, à moins d’avoir la prétention de se comparer à un pilote de rallye. En sortie de courbe, une camionnette aussi puissante se montrera beaucoup plus susceptible lors des accélérations brutales et manifestera sa mauvaise humeur en valsant du train arrière ou en causant des pertes de motricité. À retenir que les pneumatiques chaussés par ce Raptor du désert ont un effet négatif sur les distances de freinage, et ce, indépendamment des énormes mâchoires qui se referment sur ses disques.

Transfiguré, le Ranger Raptor l’est aussi vu de l’extérieur. Le capot aux béances savamment modelées donne le ton, tout comme les ailes plus proéminentes (les voies du Raptor sont plus larges que celles du Ranger de grande série) et la calandre distinctive. De profil, on note les roues de 17 pouces qui s’enveloppent exclusivement de BFGoodrich All-Terrain KO3. Voilà pour ce qui se voit. Rien ne laisse cependant croire que le Raptor ait une capacité de remorquage et de charge moindre que les autres Ranger. Voilà qui en limite sa polyvalence.

Consultez le site de Ford

Ford Ranger Raptor

  • Prix de détail suggéré : 77 945 $
  • Consommation : 14 L/100 km
  • Émissions de CO: 326 g/km

On aime

  • Agilité étonnante
  • Moteur musclé
  • Agrément de conduite

On aime moins

  • Consommation gênante
  • Pneumatiques mieux adaptés au sentier qu’à la route
  • Polyvalence moindre que celle d’une camionnette « ordinaire »

Notre verdict

  • Une sportive qui ne craint pas de chiner les brocantes

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