La Mercedes-Benz Classe C n’a assurément pas ici la notoriété des Audi A4 et BMW Série 3 contre lesquelles elle jette les gants. Il n’en demeure pas moins que la berline compacte a été le modèle le plus populaire de la marque à l’Étoile au courant des années 2010. Sa refonte, qui débarque cette année sur nos terres, revêt donc une importance prééminente, malgré des temps troubles pour son espèce. Nous l’avons conduite pour constater comment elle cherche à préserver sa pertinence.

Publié le 21 septembre
Charles René
Charles René La Presse

Le design

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La ceinture de caisse aux traits simples de la Mercedes-Benz Classe C 2022 assure une stabilité jusqu’à une partie arrière largement inspirée de la Classe S.

Pour cette cinquième génération, l’allemande ne donne pas un grand coup de balai en regard à son orientation stylistique, une approche privilégiée par les marques allemandes pour la pérennité et la continuité. Il y a néanmoins des différences sur le plan des dimensions : elle augmente en longueur de 6,5 cm tout en élargissant ses voies de respectivement 1,9 cm et 4,8 cm à l’avant et à l’arrière. Cela se conjugue à un profil abaissé de 9 mm, ce qui préserve une belle attention aux proportions. Ses formes organiques drapent une portion avant à faible porte-à-faux qui repousse l’habitacle vers l’arrière. La ceinture de caisse aux traits simples assure une stabilité jusqu’à une partie arrière avec un couvercle de coffre plat. Oui, les pots d’échappement sont de simples pièces de plastique concaves, mais personne ne les remarquera.

À bord

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L’habitacle de la Mercedes-Benz Classe C 2022

On aborde souvent le phénomène de démocratisation dans l’industrie automobile en regard à diverses technologies et caractéristiques, un avantage des économies d’échelle. La Classe C en est un exemple probant. C’est sans conteste la berline compacte la plus raffinée du moment au moyen d’un décor encore là tout droit inspiré de la grande berline Classe S. Certes, les matières n’ont pas la noblesse de celles utilisées pas sa grande sœur, mais l’effet « wow », comme on dit en marketing, est tangible grâce à l’utilisation d’un grand écran tactile flottant et vertical magnifiquement imbriqué dans la console centrale. Le poste de conduite est complété par un second écran d’instrumentation qui offre une définition et des niveaux de noir d’une qualité exceptionnelle. Pour l’espace, c’est très volumineux à l’avant, beaucoup moins à l’arrière.

Sous le capot

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Le compartiment-moteur de la Mercedes-Benz Classe C 2022

La Classe C se voit mue par un seul choix mécanique avant de devoir grimper l’échelle des versions de haute performance AMG. C’est un quatre-cylindres turbocompressé de 2 L appuyé par un alternateur-démarreur pouvant fournir une vingtaine de chevaux pour combler les creux du moteur thermique. Certes, avec 255 ch et 295 lb-pi au total, la berline n’est pas une sprinteuse naturelle. La mécanique s’acquitte de la tâche de manière plutôt générique, fournissant l’essentiel de ses ressources dès 3000 tr/min. Le tout est livré avec une rare onctuosité pour un quatre-cylindres et en maintenant des niveaux sonores très bas. La transmission à neuf rapports n’est pas l’équipière la plus agréable en mode manuel. Avec 7,7 L/100 km, ces organes mécaniques permettent néanmoins une bonne frugalité.

Derrière le volant

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La berline navigue avec une belle assurance, qu’importe si on la pousse légèrement en virage ou non.

Le positionnement de la Classe C axé sur le confort devient flagrant dès les premiers kilomètres parcourus. La direction est légère et tente d’isoler le conducteur des vibrations induites par les changements de revêtement ainsi que le comportement des pneumatiques. L’actionnement des pédales de frein et d’accélération se fait aussi sans devoir appliquer une forte pression. L’insonorisation scelle le tout, permettant d’assurer une expérience de conduite apaisante. L’amortissement effectue aussi un travail remarquable malgré le fait qu’il soit non adaptable. La berline navigue ainsi avec une belle assurance, qu’importe si on la pousse légèrement en virage ou non. Le rouage intégral de série maintient la motricité tout en préservant un tempérament bien placide. Elle ne se perd pas dans des promesses qu’elle ne peut tenir, en somme.

Les technologies embarquées

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Le grand écran vertical de la Mercedes-Benz Classe C 2022 de 11,9 po

La Classe C obtient de série la dernière cuvée du système MBUX qui modernise inévitablement l’habitacle, mais qui oblige le conducteur à en faire usage constamment. Ainsi, que ce soit pour diminuer ou augmenter la luminosité intérieure ou le son de la chaîne audio, voire pour sélectionner la température souhaitée, il faut invariablement naviguer dans divers menus. Le système en lui-même est tout de même bien conçu, réagissant rapidement, mais cette dépendance induite par l’absence de touches tangibles agace l’utilisateur. Le volant, doté de petits pavés tactiles façon BlackBerry, n’aide guère la fluidité de la navigation. On les accroche souvent par mégarde lorsqu’on braque le volant. L’exemplaire essayé connaissait aussi en parallèle des ratés pour ce qui est des aides actives à la conduite.

Le verdict

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Cette Mercedes-Benz Classe C 2022 cultive une impression de luxe indéniable grâce à son habitacle très bien ficelé.

À près de 57 000 $ comme prix d’entrée (sans les frais de préparation), cette Classe C cinquième du nom est parmi les inscriptions les plus chères de son segment sans avoir comme argument un équipement de série particulièrement garni. Elle cultive cependant une impression de luxe indéniable grâce à son habitacle très bien ficelé qui déploie un raffinement que peu de rivales arrivent à égaler. Certes, on aurait malgré tout aimé bénéficier de plus de commandes physiques pour diminuer les distractions. L’expérience de conduite se distancie en parallèle du dynamisme d’une BMW Série 3 ou d’une Genesis G70 pour adopter une posture plus impassible. C’est une très bonne voiture, mais cette génération va-t-elle passer à l’histoire ? Poser la question, c’est y répondre.

Carnet de notes

Phares intelligents exceptionnels

Cette Classe C peut être dotée de phares intelligents optionnels qui sont d’une puissance exceptionnelle tout en évitant d’aveugler les véhicules que l’on croise en dirigeant le faisceau. Le système s’appuie sur l’image d’une caméra fixée sur le véhicule.

Lumineuse à l’intérieur

Mercedes-Benz est dans une classe à part pour agrémenter l’habitacle visuellement au moyen de diodes placées à des endroits stratégiques. Lorsque la nuit se pointe, cette Classe C nous baigne dans une ambiance très chic, dont on peut évidemment régler autant l’intensité que les couleurs.

Un redémarrage tout en douceur

Comme bien des voitures, cette Mercedes-Benz peut couper son moteur thermique à l’arrêt. La différence dans son cas, c’est sa manière ultradouce de le faire grâce à l’excellente intégration de son démarreur-alternateur.

Chaîne audio très décevante

Exposant ses limites très tôt lorsqu’on fait grimper les décibels, la chaîne audio de série de la Classe C, la seule proposée, est extrêmement décevante. Bien des modèles de constructeurs généralistes offrent mieux dans des véhicules nettement plus abordables.

Un coffre spacieux

Forte de ses 455 L et dotée d’une bonne ouverture, la malle de la berline est d’une contenance étonnante, qui est à peine 9 L de moins que celle d’une Classe S bien plus imposante.

Fiche technique

Modèle à l’essai

Mercedes-Benz Classe C 300 4Matic

Moteur

L4 DACT 2 L turbocompressé hybride léger

Puissance

255 ch à 5800 tr/min

Couple

295 lb-pi de 2000 à 3200 tr/min

Transmission

Automatique à neuf rapports avec mode manuel

Architecture motrice

Moteur longitudinal avant, transmission intégrale

Consommation (ÉnerGuide)

8,6 L/100 km (essence super)

Prix (avec options, transport et préparation)

74 370 $ (prix de départ de 59 870 $)

Concurrentes

Audi A4, Acura TLX, Alfa Romeo Giulia, BMW Série 3, Cadillac CT4, Genesis G70, Infiniti Q50, Lexus IS et Volvo S60

Du nouveau en 2022 ?

Nouvelle génération

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