Tandis que pratiquement tous les constructeurs y vont de promesses d’électrification appuyées par des investissements de dizaines de milliards de dollars, l’offre tout-électrique demeure actuellement plutôt mince. Certes, la conjoncture marquée par la pénurie de semi-conducteurs n’aide pas, mais qu’en est-il des solutions de rechange ? L’hybride rechargeable, c’est pertinent ? Kia répond par l’affirmative avec une nouvelle livrée enfichable de son Sorento. Nous l’avons essayée.

Publié le 20 déc. 2021
Charles René
Charles René La Presse

Le design

PHOTO FOURNIE PAR KIA

La ligne latérale est plutôt conventionnelle, hormis peut-être le dessin des glaces arrière qui veut donner l’impression d’un trait de toit dont la pente est un peu moins accentuée.

Entièrement refondu l’année dernière, le VUS intermédiaire se présente sous des traits plus anguleux qui détonnent avec la rondeur de la génération antérieure. Sans repenser le genre, ce Sorento offre un regard intéressant. La calandre, présentant toujours la signature visuelle du « nez de tigre », intègre d’élégants crochets composés de diodes faisant office de phares de jour et de clignotants, décongestionnant ainsi le reste du faciès. La ligne latérale est plutôt conventionnelle, hormis peut-être le dessin des glaces arrière qui veut donner l’impression d’un trait de toit dont la pente est un peu moins accentuée qu’elle ne l’est réellement. C’est d’ailleurs là, un peu plus bas, que l’on remarque la seule réelle différence de cette livrée enfichable avec la présence d’une trappe supplémentaire pour accéder à la fiche de recharge du côté passager. Les feux arrière composés de deux pièces verticales, dont une qui s’étire sur la paroi latérale, complètent une impression visuelle qui se veut plus découpée.

À bord

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L’habitacle du Kia Sorento hybride rechargeable 2022

On constate, lorsque l’on monte à bord de ce Sorento, que cette thématique de baroudeur s’y prolonge au moyen de buses de ventilation au pourtour plutôt charnu, donnant une allure industrielle. Du reste, c’est l’omniprésence de plastiques au noir lustré qui prime pour composer un bloc intégrant l’écran d’infodivertissement et les indicateurs numériques. Cette matière, qui se souille trop rapidement, est aussi employée sur la console centrale. Outre ce fait, notons une sensibilité tangible aux détails, se traduisant par des nuances de textures et l’utilisation de l’éclairage pour créer une ambiance contemporaine. Du côté des commandes, c’est un mélange de touches tactiles, plutôt lentes à réagir par moments, et physiques. Certes, le fait que ce Sorento offre une rangée supplémentaire de places est un argument de vente pertinent, mais sachez qu’elle est réservée aux enfants, en raison de son assise excessivement basse et de son accès difficile.

Sous le capot

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Le moteur hybride du Kia Sorento hybride rechargeable 2022

Au premier contact, le moteur thermique s’active presque instantanément au démarrage. Un comportement qui laisse songeur, surtout si l’on tient compte du fait que la batterie est à pleine charge. Cela expose d’entrée de jeu une limite technique de ce Sorento enfichable : il dépend du petit quatre-cylindre turbo (1,6 L) pour activer son chauffage. Si le mode électrique emploie justement le moteur électrique de 90 ch pour mouvoir le Sorento sur une cinquantaine de kilomètres, le moteur thermique ne s’est jamais tu tout au long de la semaine d’essai marquée par des températures sous le point de congélation. Heureusement, comme il fait équipe avec une transmission automatique classique, son niveau sonore est fort acceptable lorsqu’il intervient, même sous forte accélération. Notons que son petit réservoir d’essence (47 L) limite l’autonomie totale. Les performances dans l’ensemble ne sont pas réellement convaincantes, malgré le surplus théorique de couple fourni par le moulin électrique. Il faut dire qu’avec seulement 261 ch pour déplacer plus de 2000 kg, le mandat n’est pas simple.

Derrière le volant

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Hormis certains moments de sécheresse, l’amortissement isole bien l’habitacle des bosses.

Il y a très peu à redire ou à retirer de la prestation de ce Sorento enfichable. C’est un produit généraliste dans son approche qui fait — presque — tout bien. La direction est précise et le dosage de son assistance la rend agréable à manier. Mais, comme c’est le cas trop souvent, il n’y a rien de communicatif. Hormis certains moments de sécheresse, l’amortissement isole bien l’habitacle des bosses. En aucun cas on ne peut caractériser ce Sorento comme étant sportif, mais il est fort prévisible lorsqu’on emprunte une enfilade de virages. La mécanique se fait aussi discrète et on sent une belle solidité au rendu, se traduisant par l’absence d’une cacophonie de plastiques mal ajustés. Le freinage, qui est souvent problématique dans son ajustement en raison du système de récupération d’énergie, est facilement modulable et se comporte bien lorsqu’on teste ses limites en exercice d’urgence.

Les technologies embarquées

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L’écran d’infodivertissement du Kia Sorento hybride rechargeable 2022

Comme tous les derniers modèles lancés par Kia, ce Sorento reçoit la dernière cuvée du système multimédia de la marque coréenne. Employant un mauve foncé comme couleur primaire, il est proposé avec un écran large tactile de 10,25 po, pour les versions plus coûteuses, qui projette une image d’une excellente qualité. Ce dernier est bordé de touches tactiles et de deux molettes : l’une pour ajuster le volume et l’autre pour assurer une partie des manipulations. L’interface est dans l’ensemble bien disposée, mais la réactivité de l’écran tactile n’est pas constante. Il faut donc appuyer quelques fois sur un onglet à plus d’une reprise. Les touches tactiles placées autour ont également ce problème. Kia aurait pu par ailleurs bonifier le volet électrique du système en intégrant des estimations sur les effets de diverses variables sur l’autonomie.

Le verdict

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Lorsque la réserve électrique du Kia Sorento hybride rechargeable 2022 se vide, son petit réservoir d’essence limite son autonomie de manière plutôt marquée.

Avec le rouage intégral de série et sa facture d’entrée de 46 960 $, de laquelle on soustrait 6500 $ en mesures incitatives (fédéral et provincial ensemble), le Sorento hybride rechargeable peut certes être une avenue intéressante pour une petite famille. Ses 50 km d’autonomie électrique théorique peuvent aisément combler un parcours quotidien. Malgré tout, lorsqu’on se concentre foncièrement sur la performance de ce groupe hybride, le VUS ne peut aspirer à menacer les acteurs établis. L’intervention du moteur à essence est trop fréquente tant en raison de la faible puissance du moteur électrique que de la nécessité de son appui au chauffage. De plus, lorsque la réserve électrique se vide, son petit réservoir d’essence limite son autonomie de manière plutôt marquée. Un effort sans doute louable d’un produit qui étale de belles qualités d’ensemble, mais l’exécution n’est pas parfaite en raison de certains compromis.

Carnet de notes

Le rouage intégral, un compromis

Évidemment, l’usage du rouage intégral est apprécié pour sa motricité, mais diminue l’efficience du groupe hybride. Pour contourner ce problème, le Toyota RAV4 Prime emploie un moteur électrique à l’arrière pour ne pas nuire au rendement, ce qui n’est pas présent sur le Sorento enfichable.

Temps de recharge

Pour recharger la batterie de ce Sorento au complet, il faut compter environ 2 heures avec une borne 240 V, alors que sur une prise 120 V, le temps de recharge grimpe à 9 heures.

Réglage du système régénératif

Le Sorento hybride rechargeable ne dispose pas d’un freinage régénératif réglable comme bien des véhicules enfichables et électriques. Cela diminue évidemment sa capacité à emmagasiner de l’énergie.

Capacité de remorquage

Sa capacité de remorquage se situe à 907 kg, soit autant que la livrée de base du Sorento.

Coffre arrière

La version hybride rechargeable n’est pas pénalisée sur le plan de la contenance du coffre arrière, qui est limitée à 357 L lorsque les dossiers de la troisième banquette sont en place. Elle grossit à 1274 L lorsqu’ils sont rabattus, soit 476 L de plus qu’un Sportage.

Fiche technique

  • Modèle à l’essai : Kia Sorento SX hybride rechargeable
  • Moteur : L4 DACT 1,6 L turbocompressé + moteur électrique
  • Puissance : 177 ch à 5500 tr/min (moteur à essence) + 90 ch (moteur électrique) pour 261 ch au total
  • Couple : 195 lb-pi de 1500 à 4500 tr/min (moteur à essence) + 224 lb-pi (moteur électrique) pour 258 lb-pi au total
  • Transmission : automatique à six rapports
  • Architecture motrice : moteur hybride transversal avant, transmission intégrale
  • Consommation (constructeur) : 6,9 L/100 km (moteur en mode hybride) et 51 km d’autonomie
  • Prix (avec options, transport et préparation) : 57 195 $ (fourchette de prix de 47 210 $ à 57 195 $)
  • Concurrents : Hyundai Santa Fe hybride rechargeable et Mitsubishi Outlander hybride rechargeable
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