(Paris) Volvo va proposer une gamme électrique étoffée uniquement en ligne pour « simplifier » ses ventes et toucher un nouveau public, ont indiqué lundi les dirigeants de la marque suédoise.

Taimaz SZIRNIKS
Agence France-Presse

Volvo a présenté mardi son deuxième modèle 100 % électrique, le VUS « coupé » C40, et prévoit d’ici 2025 un petit modèle électrique pensé pour les routes européennes, avant un éventuel cinquième VUS.

Zéro modèle thermique dans 9 ans

Filiale du groupe chinois Geely, la marque va accélérer l’électrification de ses modèles et prévoit de retirer de son catalogue d’ici 2030 tous ses modèles à combustion, y compris les hybrides, la même date que Bentley, ou Ford pour l’Europe. L’engagement est le plus ambitieux des grands constructeurs automobiles au niveau mondial.

« Tous nos véhicules électriques ne seront vendus que sur l’internet », a dit mardi Håkan Samuelsson, le PDG de Volvo Cars, dans un entretien à l’AFP. « Dès 2025, la moitié de nos voitures seront électriques, et la moitié de nos ventes se fera en ligne ».

Sur le marché actuel, « les gens peuvent être irrités par le manque de transparence sur les prix. Le parcours d’achat est encore trop compliqué, on va simplifier le menu », avec des prix fixes dans chaque pays, a poursuivi Håkan Samuelsson.  

« Livraison rapide »

« Au lieu de milliers d’options, vous aurez une sorte de plat du jour avec de bonnes combinaisons que nos clients pourront choisir, avec une livraison rapide. Mais nous pourrons aussi construire des voitures à la carte », a précisé le PDG de Volvo.

Volvo suit l’exemple du pionnier Tesla, mais aussi de sa propre marque sportive, Polestar et de son offre de voiture connectée Lynk & Co.  

Beaucoup de constructeurs plus grand public comme Volkswagen, Renault, Citroën ou Fiat testent aussi la vente en ligne, qui a connu un coup d’accélérateur avec la pandémie.  

Les autres modèles de Volvo continueront à être vendus en concessions, a précisé le directeur commercial de la marque, Lex Kerssemakers.  

Les clients pourront commander en ligne avec l’aide de leur concessionnaire, qui reste essentiel pour la livraison des véhicules et le service après-vente, a-t-il souligné.

Le constructeur a testé dans plusieurs pays européens un site d’« abonnement » à une voiture, « Care by Volvo », qui va devenir sa plate-forme de vente électrique.  

Cette offre a attiré des acheteurs de dix ans plus jeunes que la moyenne des clients de la marque, âgés d’une petite cinquantaine d’années, souligne M. Kerssemakers.

Volvo veut se donner les moyens de presque doubler ses ventes d’ici 2025, avec 1,2 million de véhicules prévus.

« Coopération renforcée » en Chine

La marque suédoise a bien résisté à une année 2020 dramatique pour l’industrie automobile, avec une baisse de ses ventes globales de 6 %, à 661 713 véhicules.  

Le constructeur a vu ses ventes baisser en Europe, mais a progressé en Amérique du Nord et en Chine, où il voit encore beaucoup de marges de progression.

Volvo a pourtant refusé en février une fusion avec sa maison mère, le leader du marché chinois Geely, au profit d’une « coopération renforcée », notamment dans la fabrication de moteurs électriques, a précisé le PDG de Volvo.

Le constructeur a vu exploser des ventes d’hybrides rechargeables, poussées par les bonus gouvernementaux : ils représentaient déjà 29 % des livraisons de la marque en Europe en 2020 et devraient compter pour 30 % de ses ventes mondiales en 2021.

« Les hybrides rechargeables préparent le terrain pour les électriques », a souligné Lex Kerssemakers. Avec ces modèles et le développement du réseau de recharge, « les automobilistes doivent être rassurés sur le fait qu’on n’a pas toujours besoin d’une autonomie de 400 ou 500 kilomètres ».

Volvo,  qui vend près de 75 % de VUS avec ses modèles XC40 et XC60, se prépare aussi à explorer d’autres segments.  

« Les clients aiment les VUS pour leur confort et s’y sentent en sécurité », a expliqué Håkan Samuelsson. « Mais aucune mode n’est là pour toujours. On pourrait voir dans le futur des modèles avec moins de résistance aérodynamique, permettant de tirer le maximum d’autonomie d’une voiture électrique ».