Le fantôme du Bronco est revenu hanter Ford. Plus encore que les Bronco de deux et de quatre portes attendus au cours de la prochaine année, le Bronco Sport participe surtout d’une politique d’image. Pour le constructeur, ce modèle d’entrée de gamme correspond aux aspirations d’une clientèle de plus en plus nombreuse dont les préférences se portent sur un véhicule de loisirs à forte personnalité.

Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

Le Bronco Sport a été conçu selon le principe du dédoublement de personnalité. Son aspect costaud force le trait : grosses roues, porte-à-faux très courts et bas de caisse surlignés. En contrepoint, son côté « branché » est mis en exergue par les phares ronds doucereusement rétro et les couleurs terreuses de sa palette. À cela s’ajoute un vaste rayon d’accessoires allant du porte-vélos intérieur (350 $) à la tente de toit (1770 $). En somme, on imagine davantage le Bronco Sport au soleil couchant dans la vallée de Glen Sutton, dans les Cantons-de-l’Est, qu’en plein zénith rue Fullum, à Montréal.

Comme d’autres, le Bronco Sport fait de la société des loisirs son cheval de bataille. Ses acheteurs skient, randonnent, pédalent, campent. Fantaisie ou bien vérité ? Trop tôt pour affirmer que la clientèle de cette Ford est plus active que les autres, la commercialisation de ce véhicule ayant commencé il y a quelques jours à peine.

Chose certaine, de toutes les déclinaisons proposées par Ford, seule la Badlands semble en mesure d’exploiter au mieux toutes les capacités de ce modèle. Cette version bénéficie entre autres d’un rouage intégral plus sophistiqué, de paramètres de conduite plus avancés et d’une mécanique (2 litres) plus énergique. La Badlands est la plus typée, la plus chère et sans doute la moins représentative sur le plan du volume des ventes. Il s’agissait aussi de la seule livrée offerte aux médias avant sa sortie chez les concessionnaires.

Réinterprétation moderne

  • Dérivé de l’Escape, un gage de fiabilité, le Bronco Sport permet à Ford d’élargir son horizon et de séduire une clientèle qui rêve de sortir des sentiers battus.

    PHOTO FOURNIE PAR FORD

    Dérivé de l’Escape, un gage de fiabilité, le Bronco Sport permet à Ford d’élargir son horizon et de séduire une clientèle qui rêve de sortir des sentiers battus.

  • La découpe du tableau de bord reste très géométrique et le petit écran du système d’infodivertissement s’emboîte entre deux buses de ventilation.

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    La découpe du tableau de bord reste très géométrique et le petit écran du système d’infodivertissement s’emboîte entre deux buses de ventilation.

  • Le Bronco Sport fait de la société des loisirs son cheval de bataille.

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    Le Bronco Sport fait de la société des loisirs son cheval de bataille.

  • Les places arrière sont quelque peu exiguës au niveau des jambes.

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    Les places arrière sont quelque peu exiguës au niveau des jambes.

  • Puissant et suffisamment vif, le moteur 2 litres turbo qui anime exclusivement la livrée Badlands se révèle efficace et lui sied plutôt bien.

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    Puissant et suffisamment vif, le moteur 2 litres turbo qui anime exclusivement la livrée Badlands se révèle efficace et lui sied plutôt bien.

  • Quelques petites attentions pratiques du Bronco

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    Quelques petites attentions pratiques du Bronco

  • Les dimensions du coffre sont correctes, sans plus.

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    Les dimensions du coffre sont correctes, sans plus.

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Peu importe la version retenue, le Bronco Sport évite les fioritures et les grimaces qu’affectionnent ces stylistes qui ne parviennent pas à quitter le boulevard nostalgie qui défile dans leur rétroviseur. Une fois à bord, on n’éprouve pas le sentiment de se trouver au volant d’un engin rustique. La découpe du tableau de bord reste très géométrique et le petit écran du système d’infodivertissement s’emboîte entre deux buses de ventilation. Les compteurs se regroupent sous les yeux, les commandes sont douces et les sièges avant se règlent dans toutes les positions. Certaines garnitures intérieures se contentent d’une coque en plastique sonnant creux, mais la finition générale est bonne.

Synonyme de loisirs, ce véhicule tolère les chiens, exhale un parfum d’aventure et permet de nettoyer à grande eau son plancher. Les rangements sont nombreux, y compris sous les assises (voir la vidéo), et on retrouve même un ouvre-bouteille soudé contre l’échancrure du hayon.

Ce dernier, auquel on a gentiment intégré une lunette mobile comme à la belle époque, ajoute à la modularité somme toute assez classique de cette Ford.

Les dimensions du coffre sont correctes, sans plus. Les places arrière sont quelque peu exiguës au niveau des jambes.

Un goût d’aventure

Dérivé de l’Escape, un gage de fiabilité, le Bronco Sport permet à Ford d’élargir son horizon et de séduire une clientèle qui rêve de sortir des sentiers battus. En configuration urbaine, cet utilitaire compact n’est pas pataud du tout avec son rayon de braquage plutôt court qui le fait se faufiler aisément dans ces villes devenues labyrinthes. La position de conduite, très en hauteur, est agréable. Mais dès que l’on met une roue hors de la cité, les choses se gâtent un peu. Sur la route, l’aguichant Bronco Sport Badlands rêve de traverser un gué, d’escalader une falaise ou tout simplement de se frotter aux ronces des sentiers inaccessibles.

Puissant et suffisamment vif, le moteur 2 litres turbo qui anime exclusivement la livrée Badlands se révèle efficace et lui sied plutôt bien. Qu’allons-nous écrire des autres versions qui doivent composer avec un moteur trois cylindres de 1,5 litre suralimenté ? Une mécanique déjà à la peine à bord d’une Escape plus légère.

Le Bronco Sport Badlands n’a rien de ces 4 × 4 cauteleux qui accablent actuellement le marché, il est vrai, mais cela n’en fait pas un choix forcément logique pour autant. L’Escape, duquel le Bronco Sport dérive, fait preuve d’une plus grande aisance sur la route, affiche un meilleur bilan écologique (consommation et émissions moindres) et, surtout, permet de tirer les prix vers le bas.

Bien qu’amusant à conduire, le Bronco Sport Badlands n’est donc pas fait pour avaler des kilomètres de bitume en raison notamment d’une tenue de cap rendue assez imprécise par la faute d’une direction un peu « flottante ». La version Badlands, à laquelle on ne peut pas demander d’être à la fois dure à la tâche et douillette, a choisi son camp. Son rouage intégral plus efficace encore que celui de l’Escape, ses multiples modes (neuf au total) pour paramétrer le véhicule en fonction du terrain, sans oublier ses angles (attaque, ventral et sortie) savamment calculés font du Badlands – et du Badlands seulement – un vrai véhicule de franchissement. À son bord, on repousse les frontières du possible. C’est bien joli, tout cela, mais combien d’acheteurs potentiels ont réellement l’intention de l’utiliser comme un engin tout-terrain ? La question se pose.

> Consultez le site de Ford Canada

Marque/modèle : Ford Bronco Sport
Fourchette de prix : De 32 199 $ à 40 199 $
Déclinaison à l’essai: Badlands
Visible dans les concessions : Maintenant

On aime

Habitacle astucieux
Réelles aptitudes de franchissement
Détails soignés

On aime moins

Tenue de cap imprécise
Manque de souplesse du moteur 2 litres
Coffre et banquette exigus

Notre verdict

Ce faux rustique a un mérite : son côté vaguement aventureux le rend diablement attrayant.

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : BMW Série 2 GranCoupe, Ford F-150, Genesis G80, Hyundai Santa Fe, Kia Sorento, Land Rover Defender, Lexus IS, Mazda CX-30, Mercedes CLA, Nissan Versa et Porsche Cayenne. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire. Écrivez-nous pour nous faire part de votre expérience.

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Ford Bronco Sport 2021

Fiche technique

Moteur

Base, Big Bend, Outeranks : L3 DACT 1,5 litre turbo ; 181 chevaux à 6000 tr/min ; 190 lb-pi à 3000 tr/min

Badlands : L4 DACT 2 litres turbo ; 245 chevaux à 5500 tr/min ; 275 lb-pi à 3000 tr/min

Performances

Poids : 1572 kg (1,5 litre) – 1681 kg (2 litres)

Rapport poids/puissance : 8,68 kg/ch (1,5 litre) – 6,86 kg/ch

Capacité maximale de remorquage : 998 kg

Boîte de vitesses

De série : automatique 8 rapports

Optionnelle : aucune

Mode d’entraînement : intégral (4 roues motrices)

Pneus

225/65R17 (Base) / 225/65R17 (Big Bend) / 225/60R18 (Outer Banks) / 225/65R18 (Badlands)

Capacité du réservoir et essence recommandée

60, 5 litres

Ordinaire

Consommation

9,7 L/100 km

Dimensions

Empattement : 2667 mm ; longueur : 4369 mm ; hauteur : 1778 mm (Badlands 1803 mm) ; largeur : 1930 mm (rétroviseurs extérieurs repliés)

Souvenir

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Ford Bronco XLT Sport 1995

Une génération d’automobilistes se souviendra sans doute de la cinquième mouture du Bronco (1991-1996) rendue tristement célèbre par la course-poursuite d’O. J. Simpson dans les rues de Los Angeles. À cette époque, le Bronco était exclusivement offert avec une carrosserie trois portes et soulevait son capot à des mécaniques de six et de huit cylindres. Rien à voir avec le modèle d’aujourd’hui. Il est cependant intéressant de relever que le Bronco Sport 2021 repose sur un empattement plus long que cette cinquième génération (2660 mm comparativement à 2667 mm).

Une gamme en devenir

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La gamme des Ford Bronco 2021

Autrefois, le Bronco était un modèle ; désormais, c’est une marque à part entière. En effet, le lancement du Bronco Sport (notre banc d’essai) précède de quelques mois la sortie des Bronco de deux et de quatre portes. Ces derniers, plus encore que le Sport, font un clin d’œil (très) appuyé à une icône née il y a 55 ans. Ces deux avatars, véritables héritiers du modèle originel, auront le mérite de nous remémorer un véhicule capable de tracer sa propre route, même s’il devait s’en inventer une.