(Ottawa) C’est avec application, circonspection et le désir de jouer sur plusieurs tableaux que Hyundai refaçonne l’Elantra. Cette voiture n’a qu’une idée en tête : dominer le marché des compactes.

Éric LeFrançois Éric LeFrançois
Collaboration spéciale

Même sinistré, le marché de la compacte demeure une affaire de gros sous. D’ici 2025, soutiennent certains analystes, ce segment devrait représenter 75 % des ventes d’automobiles au pays. Une occasion à saisir pour l’Elantra, qui entend également profiter de la défection de plusieurs concurrents dans ce créneau.

PHOTO DREW PHILLIPS, FOURNIE PAR HYUNDAI

Hyundai Elantra 2021

De prime abord, la septième génération de l’Elantra ressemble à une Sonata en réduction. Même profil cunéiforme, pointu à l’avant et bombé à l’arrière, même capot ultra-court. Pourtant, à mesure qu’on la découvre, l’Elantra marque son territoire avec d’incessants croisements de courbes aux extrémités et de lignes droites sur les flancs.

Râblée, anguleuse et quelque peu surdessinée, l’Elantra fait ce qu’il faut pour se démarquer esthétiquement, tout en demeurant assez conservatrice pour ne pas effrayer la large clientèle qu’elle compte séduire.

PHOTO FOURNIE PAR HYUNDAI

L’Elantra fait ce qu’il faut pour se démarquer esthétiquement, tout en demeurant assez conservatrice pour ne pas effrayer la large clientèle qu’elle compte séduire.

Pour rappel, ce modèle appartient à une catégorie qui intéresse non seulement les premiers acheteurs mais aussi ceux d’âge plus mûr (44 ans en moyenne). Cela fait beaucoup de monde et dissuade a priori de procéder à des choix trop tranchés. Cela dit, dommage que la carrosserie cinq portes, autrefois offerte sous le vocable Sport, ait été envoyée en exil.

Des paillettes dans les yeux

Cette quête de respectabilité a également dicté l’agencement intérieur. La hauteur sous pavillon est impressionnante. Les passagers bénéficient d’un espace disponible appréciable, obtenu en les assoyant plus bas.

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D’inspiration très Mercedes, le tableau de bord s’organise autour de deux écrans (le bloc d’instrumentation et le centre d’infodivertissement) faciles à consulter et à maîtriser.

Plusieurs objets pourront aussi être déposés dans son vaste coffre que l’on peut moduler en rabattant en tout ou en partie les dossiers des assises arrière. Chez Hyundai, on insiste, à juste titre, sur la rigueur de l’assemblage, mais peu, et non sans raison, sur le soin apporté à la présentation générale. En effet, la qualité de certains matériaux utilisés apparaît déficiente par endroits, même si certains revêtements capitonnés gagnent en moelleux.

Pour un véhicule de cette catégorie, l’environnement très « techno » de l’Elantra en met plein la vue.

PHOTO RICHARD WARRINGTON, FOURNIE PAR HYUNDAI

Correctement motorisée, l’Elantra préfère le confort à la sportivité.

D’inspiration très Mercedes, le tableau de bord s’organise autour de deux écrans (le bloc d’instrumentation et le centre d’infodivertissement) faciles à consulter et à maîtriser. Fidèle à sa « nature généreuse », la firme sud-coréenne soigne particulièrement le niveau d’équipement de sa berline compacte, qui reçoit en série plusieurs éléments de confort susceptibles de valoriser le consommateur.

Considérée sous le seul angle du rapport accessoires/prix, l’Elantra se présente comme une affaire plutôt intéressante, mais pas exceptionnelle pour autant.

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Plusieurs objets pourront aussi être déposés dans son vaste coffre que l’on peut moduler en rabattant en tout ou en partie les dossiers des assises arrière.

Ainsi, on s’étonne, pour un véhicule qui se dit aussi branché, de l’absence de prises USB à l’arrière ou, pour les automobilistes qui aiment prendre les choses en main, de l’absence de palettes au volant. Ces dernières seront toutefois offertes sur la gamme de produits N.

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Hyundai Elantra 2021

On se questionne aussi sur les choix en matière de sécurité. Dans le cas d’une marque réputée pour en offrir plus (à prix inférieur ou équivalent à la concurrence), on se désole de retrouver certains dispositifs en option, ou carrément proposés aux seuls acheteurs des déclinaisons les plus coûteuses.

Répondre aux attentes, sans les surpasser

Le rapport qualité/prix, la fiabilité et la consommation : voilà les trois principaux critères qui dictent le choix d’une automobile compacte selon les études menées auprès de la clientèle. Visiblement, ces indications ont incité les concepteurs à ne courir aucun risque et à préserver le moteur quatre cylindres de 2 litres de la précédente génération (coût de revient et fiabilité) et à le rendre plus efficace sur le plan énergétique. Un objectif atteint, non pas avec le moteur de 2 litres, mais plutôt avec la transmission à variation continue (CVT) qui l’accompagne. Celle-ci figure désormais de série à la suite du retrait de la trop peu populaire transmission manuelle.

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La transmission à variation continue (CVT) est désormais de série à la suite du retrait de la trop peu populaire transmission manuelle.

Pas particulièrement souple ni très discret à l’effort, ce moteur de 2 litres remplit honorablement la mission première qui lui a été confiée : savoir modérer son appétit. La boîte CVT mérite une mention plus qu’honorable pour son rendement dont la chaîne (et non une courroie) d’entraînement singe parfaitement les réactions d’une boîte traditionnelle.

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Les concepteurs ont préservé le moteur quatre cylindres de 2 litres de la précédente génération et l’ont rendu plus efficace sur le plan énergétique.

Correctement motorisée, l’Elantra préfère le confort à la sportivité. Souples, sans être spongieuses, les suspensions filtrent efficacement les irrégularités de la chaussée, mais ne maîtrisent pas aussi parfaitement les mouvances du châssis dans les virages et lors des changements d’appui que certains concurrents plus doués dans ce domaine. Autre regret : le train avant manque d’agilité dans les portions plus sinueuses et la direction de ressenti.

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Les passagers bénéficient d’un espace disponible appréciable, obtenu en les assoyant plus bas.

Qu’à cela ne tienne, l’Elantra a progressé dans tous les domaines, mais sans se hisser pour autant au sommet de la catégorie en matière d’agrément de conduite. Compréhensible. Plus que toutes les générations précédentes, cette Elantra est à multiples facettes. Cette berline compacte correctement motorisée entend aussi jouer les sportives (N et N-Line) et les « économes » (versions hybrides). D’où une personnalité multiple et plus apte à jouer les « attrape-tout ».

À la puissance N

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Hyundai Elantra, dans sa déclinaison N

Trop peu provocante et pas assez pressée, l’Elantra ? Alors, attendez de voir les déclinaisons N-Line et N (notre photo) qui débarqueront au cours de l’année 2021. La N-Line (à partir de 27 599 $) sera la première à faire son apparition et s’animera d’un moteur de 1,6 litre suralimenté de 201 chevaux, couplé à une boîte à 7 rapports à double embrayage. La N, dont le prix n’a pas encore été communiqué, s’annonce plus redoutable encore avec son moteur de 2 litres turbocompressé de 276 chevaux, sa suspension contrôlée électroniquement, son freinage bonifié et son différentiel à glissement limité (boîte manuelle ou automatique).

Merci Ioniq

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La présence de l’Elantra Hybrid permettra à Hyundai de mieux se mesurer à la Toyota Corolla et à la Honda Insight.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Cette maxime de Lavoisier se traduit chez Hyundai par la migration du groupe motopropulseur de l’Ioniq Hybrid à bord de l’Elantra. Au catalogue de ce modèle dont le prix de départ est fixé à 24 699 $, Hyundai inscrit deux déclinaisons (Preferred et Luxury), lesquelles seront visibles dans les concessions de la marque à partir du mois prochain. La présence de l’Elantra Hybrid permettra à Hyundai de mieux se mesurer à la Toyota Corolla et à la Honda Insight (version hybride de la Civic).

On aime

L’efficacité de la boîte CVT
Le dégagement intérieur
La diversification annoncée de la gamme

On aime moins

L’apathie du moteur 2 litres
Le prix de la sécurité
Les détails oubliés

L’avis des propriétaires

Un secret bien gardé

Représentant sur la route, j’ai, à ce jour, possédé une vingtaine de voitures et parcouru plus d’un million et demi de kilomètres. Maintenant à la retraite, je me suis offert une Hyundai Elantra 2020. Pour son baptême de la route, je l’ai amenée jusqu’à Natashquan en septembre dernier. Sur le chemin du retour, un petit crochet vers Manic 5. Au total : 3000 kilomètres de pur plaisir. Bonne tenue de route, silencieuse et si peu gourmande : pour la première fois de ma vie de conducteur, j’ai réalisé l’incroyable consommation d’essence de 4,7 L/100 km. Le coût de cette voiture avant taxes : 19 950 $. Si mon calcul est bon, je pourrais en avoir trois pour le prix d’un gros VUS de luxe ou d’une camionnette grand format. Et, à ce prix, j’ai même eu droit à des sièges chauffants. Un secret bien gardé.

— Charles D.

Aucun regret

Je me suis procuré une Elantra 2019 et, jusqu’ici, aucun regret. Elle n’a rien à envier à mon véhicule précédent, une Toyota Corolla. Cette dernière était, à mon avis, un peu plus silencieuse à vitesse de croisière et plus confortable sur de longs parcours. En revanche, à prix comparable, elle n’avait pas le tiers des accessoires de ma Hyundai. Celle-ci est agréable à conduire au quotidien et braque plutôt bien dans les espaces restreints. Son freinage est bon, mais le système ABS me semble plutôt alarmiste et intervient trop rapidement à mon goût. La consommation d’essence est excellente et la boîte CVT est étonnante, contrairement à d’autres modèles essayés chez la concurrence.

— Denis C.

Du point A au point B

Après avoir lu et entendu plusieurs critiques au sujet des moteurs défectueux de Hyundai, j’ai longtemps hésité à m’en procurer un véhicule de cette marque. Je souhaitais plutôt m’offrir une Honda Civic ou une Toyota Corolla, mais celles-ci n’offraient pas autant d’accessoires que la Hyundai. Je dois admettre que cet aspect m’a convaincu de lui « donner une chance », d’autant plus que le véhicule offre une garantie plus intéressante que celles de la plupart des autres marques. Jusqu’à maintenant, mon Elantra 2018 me donne entièrement satisfaction au chapitre de la fiabilité. Les accessoires fonctionnent bien et c’est une voiture idéale pour se rendre du point A au point B. J’aimais mieux la conduite de ma Mazda 3 cependant, plus stimulante à conduire, mais plus fragile aussi.

— Carmen P.

Faites part de votre expérience

La Presse publiera prochainement l’essai des véhicules suivants : Jeep Wrangler, Kia Optima (K5), Land Rover Defender, Lexus IS, Mazda 3, Mercedes CLA, Mini Cooper et Countryman, et Toyota Sienna. Si vous possédez l’un de ces véhicules, nous aimerions bien vous lire.

Fiche technique Hyundai Elantra 2021

Fourchette de prix

17 899 $ à 25 599 $

Moteur

L4 DACT 2 litres atmosphérique
147 chevaux à 6200 tr/min 132 lb-pi à 4500 tr/min

Performances

Poids : 1221 kg (boîte manuelle), 1236 kg (boîte automatique) / Rapport poids/puissance : 8,3 kg/ch (boîte manuelle), 8,4 kg/ch (boîte automatique) / Accélération (0-100 km/h) : 8,7 secondes

Boîte de vitesses

De série : manuelle 6 rapports / Optionnelle : automatique à variation continue CVT (de série sur Preferred et Ultimate) / Mode d’entraînement : traction (roues avant motrices)

Pneus

195/65R15 (Essential)
205/55R16 (Preferred)
225/45R17 (Ultimate)

Capacité du réservoir et essence recommandée

47 litres
Ordinaire

Consommation

6,7 L/100 km (boîte automatique)

Dimensions

Empattement : 2720 mm / longueur : 4675 mm / hauteur : 1415 mm / largeur : 1825 mm (rétroviseurs non compris)

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