Outre son appellation qui n’a pas réellement de sens, la Série 2 Gran Coupé marque un virage technique important pour BMW. La berline sous-compacte est la première voiture construite sur un châssis à traction offerte ici par le constructeur bavarois, le même que celui des multisegments X1 et X2. L’objectif ici est clair et intelligible : attirer avec un prix de départ plutôt abordable la clientèle des fabricants généralistes dans les salles d’exposition de BMW.

Charles René Charles René
La Presse

Le design

PHOTO FOURNIE PAR BMW

Cette berline détonne dans la gamme BMW avec une partie avant assez courte qui trahit le positionnement transversal de son moteur.

Dans une ère où le terme coupé voit son sens détourné par autant de berlines et de VUS au nom d’une quelconque référence sportive, la Série 2 Gran Coupé n’est pas une exception, mais fait tout de même sourciller. Certes, les portières à glaces sans châssis donnent un tant soit peu de crédibilité à cette référence. Du reste, sur la forme, la berline détonne dans la gamme BMW avec une partie avant assez courte qui trahit le positionnement transversal de son moteur. Vue de flanc, la portion arrière, dont la ligne supérieure est plutôt surélevée, donne un rendu plus ou moins inspirant. Cette Série 2 Gran Coupé est loin d’être la BMW la plus inspirante visuellement, mais c’est aussi la moins chère avec un prix de départ de 42 800 $, donc il faut l’observer d’un œil un peu plus indulgent.

À bord

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L’habitacle de la Série 2 Gran Coupé cultivant un côté cossu aux traits anguleux fait résolument BMW.

Force est d’admettre que lorsqu’on s’attarde à la présentation, on remarque un habitacle cultivant un côté cossu aux traits anguleux qui fait résolument BMW. La livrée 228i essayée, fardée de nombreuses options, donne une belle première impression avec son instrumentation entièrement numérique et le grand écran de son système d’infodivertissement surplombant des commandes logiquement positionnées. Les jeux d’éclairage sur certaines moulures sont aussi fort élégants. Là où le bât blesse, c’est surtout dans l’aspect inégal des matières, tantôt souples, tantôt dures, qui laissent échapper à l’occasion des craquements. Le bruit creux à la fermeture des portières ne laisse également pas un bon ressenti. Certes, on ne peut en aucun temps caractériser cette Série 2 comme étant un gros véhicule, mais elle ne fait pas le meilleur usage de l’espace qui soit. Ayant un empattement à peine plus court qu’une Honda Civic (3 cm), cette BMW présente des places arrière nettement plus exiguës sur tous les points de mesure, en plus d’une ouverture des portes très étroite.

Sous le capot

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L’acheteur a le choix entre deux quatre-cylindres turbocompressés de 2 L partagés avec la marque Mini d’une puissance de 228 ch pour la version 228i ou de 301 ch pour la variante M235i.

La Série 2 Gran Coupé peut être agrémentée de deux façons sur le plan mécanique : deux quatre-cylindres turbocompressés de 2 L partagés avec la marque Mini d’une puissance de 228 ch pour la version 228i ou de 301 ch pour la variante M235i. En livrée de série, qui fait l’objet du présent essai routier, le couple maximal se situe à 258 lb-pi de manière continue de 1450 à 4500 tr/min. C’est d’ailleurs cette donnée qui définit son tempérament. Avec un « punch » initial satisfaisant en accélération, ce moteur ne grimpe pas très haut en régime, laissant une impression quelque peu générique, bien loin des six-cylindres plus lyriques du constructeur. On aurait également aimé une boîte de vitesses un peu plus réactive pour assurer plus de poigne. La transmission automatique à huit rapports tarde à réagir à certains moments, surtout en reprise.

Derrière le volant

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On remarque la sécheresse de l’amortissement, non adaptatif dans le véhicule essayé, dans certains contextes.

Tablant sur ses petites dimensions et sur sa puissance fort convenable, la Série 2 Gran Coupé semble a priori avoir les outils pour bien performer sur le plan dynamique. Il ne faut cependant pas s’attendre à une expérience typiquement BMW. Contrairement à plusieurs modèles de la marque qui tablent sur une répartition quasi parfaite du poids entre l’avant et l’arrière, cette 228i voit la plus grande partie de son poids être déplacé sur le train avant (58,6 %). On la sent sous-vireuse près de la limite et on perçoit de l’effet de couple que tente d’enrayer le rouage intégral tant bien que mal. Ce n’est pas une athlète, donc, mais elle a le mérite d’être guidée par une direction très précise, qui appuie une belle agilité d’ensemble. Le roulis est un peu plus marqué qu’on le souhaiterait, mais c’est surtout la sécheresse de l’amortissement, non adaptatif dans le véhicule essayé, qu’on remarque dans certains contextes.

Les technologies embarquées

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Le système d’infodivertissement de la 228i Gran Coupé est proposé avec le système de navigation ainsi qu’Apple CarPlay sans fil.

La 228i Gran Coupé est tout de même valorisée par un équipement de série assez complet. Son système d’infodivertissement est proposé avec le système de navigation ainsi qu’Apple CarPlay sans fil. Une série d’aides à la conduite sont aussi enchâssées dans la version de base, dont le régulateur de vitesse adaptatif et les détecteurs d’angles morts. Présents dans le véhicule d’essai, l’instrumentation entièrement numérique ainsi qu’un écran du système d’infodivertissement plus grand sont évidemment optionnels. Cela dit, BMW a eu l’intelligence d’offrir plus d’options à la pièce, ce qui limite l’obligation de cocher des groupes d’équipements plus coûteux. Dans l’ensemble, le système iDrive de dernière génération est plutôt agréable à utiliser, autant par une molette que par l’écran tactile. Comme c’est inévitablement le cas dans des véhicules modernes, la personnalisation des menus permet d’ajuster à sa guise de nombreux onglets.

Le verdict

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Cette BMW peut constituer une belle porte d’entrée si l’on se contente d’éviter de trop garnir le carnet d’options.

Il est indéniable que les puristes de BMW verront leur sensibilité heurtée par l’arrivée de cette Série 2 Gran Coupé. Elle peut néanmoins constituer une belle porte d’entrée si l’on se contente d’éviter de trop garnir le carnet d’options. Avec un équipement de série assez étoffé, c’est tout de même possible, en plus de pouvoir bénéficier de la transmission intégrale sans débours supplémentaire. On ne peut toutefois aborder cette berline comme étant un produit qui personnifie l’ADN de BMW avec acuité. Cette Série 2 en version 228i est plutôt une création parallèle, compétente à ses heures, mais ne jouant jamais autant de finesse dans son comportement que bien d’autres modèles du constructeur. Vient ici la question de l’attractivité de l’image de marque, car des produits proposés par des marques généralistes recèlent encore plus de qualités que cette 228i Gran Coupé, et ce, à prix égal ou moindre.

Carnet de notes

Le BMW X1, concurrent indirect

Alors que de nombreux consommateurs succombent aux VUS, BMW offre son X1 à un prix de départ légèrement moindre (42 275 $) que la Série 2 Gran Coupé (42 800 $), ce qui n’aide sans doute pas la cause de la berline.

Un autre modèle du même nom, mais bien différent

Signe d’une nomenclature toujours très confuse, BMW offre une autre Série 2, celle-là Coupé. C’est un modèle fort différent à deux portières et à propulsion qui rappelle dans son comportement l’âge d’or du constructeur.

La version M235i mieux outillée

La version plus sportive 235i dispose évidemment de plus de puissance (301 ch) qui permet d’abaisser le 0-100 km/h sous les 5 s (4,8 s, selon BMW), comparativement à 6,2 s pour la 228i, mais également d’un différentiel Torsen à glissement limité à l’avant pour mieux distribuer le couple.

Consommation de carburant raisonnable

Au cours de l’essai routier du véhicule, la consommation de carburant s’est située autour des 8 L/100 km, ce qui est tout de même fort acceptable et légèrement mieux que les estimations avancées par le constructeur.

Un coffre volumineux

En plus d’une ouverture très grande et d’un seuil de chargement bas, la berline dispose d’un coffre très spacieux pour son format avec 427 L de volume, 22 L de plus que celui d’une Nissan Maxima.

Fiche technique

Version à l’essai : BMW 228i x Drive Gran Coupé

Moteur : L4 DACT 2L turbocompressé

Puissance : 228 ch de 5000 à 6000 tr/min

Couple : 258 lb-pi de 1450 à 4500 tr/min

Transmission : automatique à huit rapports avec mode manuel

Architecture motrice : moteur transversal avant, transmission intégrale

Consommation (ÉnerGuide) : 8,8 L/100 km

Prix (avec options, transport et préparation) : 55 975 $

Concurrentes : Acura ILX, Audi A3 et Mercedes-Benz Classe A/CLA

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