(New York) Tesla a gagné de l’argent pour la première fois lors d’un premier trimestre en 17 ans et a affirmé pouvoir livrer cette année davantage de voitures que ce qu’il promettait malgré la fermeture prolongée de son usine californienne pour cause de pandémie de coronavirus.

Agence France-Presse

Le constructeur de véhicules électriques affiche, à la surprise générale, un bénéfice net de 16 millions de dollars lors des trois premiers mois de l’année. Au premier trimestre 2019, le groupe du fantasque Elon Musk avait perdu 702 millions de dollars.

Le bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels, référence en Amérique du Nord, est ressorti à 1,24 dollar entre janvier et mars.

PHOTO D’ARCHIVES BRENDAN SMIALOWSKI, AFP

Le PDG de Tesla Elon Musk.

Les marchés anticipaient en moyenne une perte par action de 0,36 dollar, un pessimisme justifié par le fait que Tesla a dû fermer son usine californienne de Fremont, près de San Francisco, le 19 mars, soit douze jours avant la fin du trimestre.

Tiré par un bond de 33 % des livraisons de voitures, le chiffre d’affaires a flambé de 32 % à 5,99 milliards de dollars, légèrement supérieur aux attentes (5,90 milliards).

Tesla a livré 88 496 véhicules lors des trois premiers mois de l’année, en hausse de 40 %, principalement grâce à son nouveau VUS Model Y, dont la montée en cadence de production est en avance sur le calendrier initial.

S’il n’a pas donné de date de reprise de l’activité dans son usine américaine, le leader des ventes de voitures électriques mondial a tenu à rassurer les marchés sur son objectif de livrer au moins 500 000 voitures en 2020.

« Nous avons la capacité de dépasser l’objectif de 500 000 véhicules à livrer cette année, en dépit des interruptions de production », assure Tesla, qui dispose également d’une usine géante à Shanghai.

Celle-ci, actuellement ouverte, est capable de produire par an jusqu’à 200 000 Model 3, le véhicule d’entrée de gamme de Tesla, qui commercialise aussi le Model S, le Model X et le Model Y.

Le groupe espérait redémarrer son usine américaine le 4 mai, mais a dû remiser ses plans dans le placard après que les autorités sanitaires locales eurent prolongé les mesures de distanciation sociale et de confinement destinées à endiguer la propagation de la pandémie de COVID-19.

« Il y a des incertitudes sur le rythme auquel nous et nos fournisseurs allons pouvoir augmenter la production une fois que les opérations auront recommencé », a prévenu Tesla.

« Libérez l’Amérique maintenant », a lancé sur Twitter mercredi Elon Musk, joignant sa voix à ceux qui demandent une reprise immédiate de l’activité économique.

Seule fausse note dans la publication : le groupe a dû repousser à 2021 les premières livraisons de son très attendu semi-remorque.