BMW n’a pas l’intention d’abandonner le moteur à combustion interne de sitôt, mais il s’intéresse quand même aux voitures à motorisations électriques, qu’elles soient alimentées par des batteries ou par des piles à combustible utilisant l’hydrogène.

LA PRESSE

Le constructeur allemand va déployer d’ici quelques années un petit nombre de VUS X5 à hydrogène, qui seront confiés à des clients qui pourront s’en servir pour tous leurs déplacements. Cela permettra à BMW d’étudier ce type de véhicules en condition réelles, qui souhaite développer son savoir-faire avec ce combustible du futur en vue du lancement de vrais modèles de série, envisagé vers le milieu des années 2020. 

Klaus Frölich, le patron de la recherche et développement chez BMW, a fait cette annonce lors d’une entrevue avec le magazine financier américain Forbes. Ces véhicules seront fabriqués à perte et feront partie d’un projet pilote, a dit Frölich. La compagnie n’a pas encore décidé s’ils seront vendus à un prix inférieur à leur valeur, offerts en location de quelques années ou tout simplement prêtés. 

En retard de dix ans sur General Motors

Notons que General Motors a fait la même démarche il y a une dizaine d’années avec une centaine de VUS Chevrolet Equinox modifiés pour rouler à l’hydrogène. GM les a avait loués par cher à des clients et avait lui-aussi fait un projet-pilote. Au terme de la recherche, GM avait décidé qu’il n’y avait aucun potentiel commercial compte tenu du coût de cette technologie et de l’absence d’infrastructures pour faire le plein d’hydrogène.

GM a quand même conservé son expertise dans ce domaine, mais pour des projets à petite échelle offerts aux gouvernements, comme des véhicules militaires. GM s’est récemment allié à Honda pour développer de nouvelles piles à combustible, peut-être moins chères.

Coût exhorbitant

C’est la pile à combustible coûte très cher à produire --ce qui a incité BMW à partager les coûts de développement avec Toyota-- et il est certain que les X5 à hydrogène coûteront plus cher encore à construire que des voitures électriques. Pour le moment, c’est une technologie non viable dans des véhicules assemblés en série et vendus au prix coûtant plus un profit. «Ça n’a aucun sens quand la pile à combustible coûte 80 000 euros» (117 500 dollars canadiens), a dit Frölich. «Ça commencera à avoir du sens à 10 000 euros» (14 600 dollars canadiens). 

Mais il n’est pas inconcevable que des piles moins coûteuses soient développés un jour. En prévision de cela, le gouvernement allemand va investir dans le développement d’un réseau national de stations d’avitaillement en hydrogène. 

Beaucoup de «si»

BMW, Toyota, GM et Honda ne sont pas les seuls à s’intéresser à l’hydrogène. Mercedes-Benz est dans le coup depuis plusieurs années, tandis que Audi et Hyundai se sont entendus pour partager des composantes codéveloppées. 

L’hydrogène a beaucoup de défauts, mais si les constructeurs parviennent à réduire les coûts de production, cela pourrait changer la donne. Par ailleurs, de nombreux chercheurs essaient de trouver une façon de produire l'hydrogène avec l'énergie solaire : un hydrogène ainsi produit serait abondant et bon marché et il aurait un avantage sur l’auto électrique, puisque qu’il éliminerait les longues recharges et la peur de tomber en panne à cause des batteries à plat. 

Si ces conditions sont réunies, il faudrait aussi que quelqu'un paie pour développer un réseau mondial de stations d'hydrogène aussi développé que le réseau actuel de postes d'essence.

Ça fait beaucoup de conditions.