Il n'y a qu'à suivre l'actualité des salons automobiles pour comprendre que Mini cherche à grandir. BMW, qui a su jusqu'ici habilement orchestrer son retour, ausculte les réactions du marché. L'objectif: multiplier les modèles pour créer une vraie gamme sous la marque Mini.

Mis à jour le 26 mars 2011
Éric Lefrançois
Éric Lefrançois LA PRESSE

La première étape de la diversification de la gamme Mini nous a donné la Cooper cabriolet. Puis, quelques années plus tard, est arrivée une version un peu plus longue, un peu plus snob, la Clubman. Aujourd'hui, au tour de la Countryman de repousser les limites en devenant la première Mini à s'allonger sur plus de quatre mètres.

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S'il n'y avait que la longueur! La hauteur, la largeur, le poids: tout augmente! Seule la cylindrée des mécaniques offertes (atmosphérique et suralimentée) demeure la même que celle de ses lilliputiennes de soeurs.

Prise de poids

La Countryman occupe plus d'espace dans la rue, mais c'est au bénéfice de ses occupants et de leurs bagages. Plus encore que les autres Mini, elle bénéficie de quatre portières et présente des places arrière suffisamment spacieuses pour lui valoir le qualificatif de familiale. Le dégagement à l'arrière est sensiblement le même que celui que l'on trouve à bord d'une Suzuki SX-4. Vous ne connaissez pas la SX-4? Bon, alors disons que deux adultes peuvent prendre place à l'arrière et se faire conduire jusqu'à Toronto sans courbaturer. Et les bagages? Aucun problème. Le volume équivaut - dossiers de la banquette arrière en place - à celui d'une Toyota Corolla.

Pour rendre la randonnée plus agréable encore, Mini enrichit son catalogue d'options d'un rail central. Celui-ci, en forme de U, court de l'avant à l'arrière du véhicule et permet d'y agrafer des accessoires (optionnels, eux aussi) comme des porte-gobelets et des portes-documents. Cool, non?

Des options de ce genre, la Countryman en a un traîneau bien plein. Attention de ne pas vous laisser entraîner, car la facture peut grimper très vite. Comme celle de toutes les Mini d'ailleurs!

L'immense indicateur de vitesse planté au centre du tableau de bord, les scintillantes barrettes de type aviation, les buses de ventilation bien rondes, le compte-tours perché sur la colonne de direction: c'est du déjà vu! Pour peu bien sûr que l'on ait posé les fesses dans une Mini déjà. L'ergonomie des commandes déconcerte un peu. On tâtonne, mais cela fait partie de l'expérience Mini, dit-on. Cela vous déroute? Le manuel qui se trouve dans la boîte à gants a réponse à tout!

La qualité de l'assemblage est correcte, mais sans plus, vu la somme en jeu (voir fourchette de prix). Pareillement pour les matériaux utilisés. Comme sur les autres Mini, certaines garnitures et commandes, comme les leviers des essuie-glaces et des clignotants par exemple, paraissent toujours bien fragiles à l'usure du temps.

Une question d'altitude

Toutes les Mini se pilotent comme un kart? Oui, toutes, sauf la Countryman. Son poids, tout comme l'ample manteau qui l'enveloppe, l'ankylose un peu. Sa souplesse dans les enchaînements de courbes n'est pas la même que celle des autres Mini. Son centre de gravité non plus.

Conséquence: on résiste aisément à la gourmandise d'avaler tout cru toutes les courbes qui se dessinent devant son pare-chocs. On se garde une petite gêne. Cela s'explique: la caisse se maintient moins aisément en place et répond plus nonchalamment aux changements de cap. Pourtant, la direction donne une tout autre impression. Vive, correctement dosée dans son assistance, elle répond avec acuité aux instructions dictées au volant.

Quatre roues motrices, pour la ville

La Countryman a son revers. Elle est confortable. En voilà une surprise! En effet, contrairement aux autres produits de la marque, elle ne repose pas sur des suspensions de bois qui la font sautiller sur les bosses ou les saignées. De plus, en optant pour le rouage à quatre roues motrices, cette Mini offre une bien meilleure motricité, notamment sur une chaussée à faible coefficient d'adhérence.

Bien que plus haute sur pattes et dotée de quatre roues motrices, elle ne devrait jamais s'aventurer sur les sentiers. Elle va s'enliser, c'est certain. Son dispositif à quatre roues motrices n'a pas été conçu pour cela. Dans des conditions normales d'utilisation, seules les roues avant sont motrices. Ce n'est que lorsque ces dernières perdent de leur adhérence que le capteur électronique chargé d'analyser la situation redirige une partie du couple (maximum 50%) aux roues arrière. On appelle cela du «rouage intégral à prise temporaire.» Une solution adoptée par de nombreux autres constructeurs. Il n'y a que le vocable qui change. Ici, c'est ALL-4. Celui-ci ajoute 68 kilogrammes au poids de la Countryman et 1750$ à son prix. À noter que seule la version S y a droit. La version de base, elle, compte seulement deux roues motrices.

La différence entre ces deux modèles ne s'arrête pas là. Outre les accessoires, la première «de base» retient les services d'un moteur atmosphérique de 121 chevaux, l'autre d'une mécanique suralimentée de 181 chevaux. Laquelle des deux offre le plus d'agrément? La S, bien évidemment, mais celle-ci entraîne un coût additionnel variant entre 4800$ et 6550$ selon le nombre de roues motrices.

Photo Éric LeFrançois, collaboration spéciale

Deux adultes peuvent prendre place à l'arrière et se faire conduire jusqu'à Toronto sans courbaturer. Et les bagages? Aucun problème. Le volume équivaut - dossiers de la banquette arrière en place - à celui d'une Toyota Corolla.

Plein d'entrain, ce quatre-cylindres de 1,6 litre suralimenté par turbocompresseur répond à la moindre sollicitation de l'accélérateur. Pas aussi expressive qu'à bord des autres Mini, plus légères, cette mécanique consomme raisonnablement l'essence - hélas super - qui baigne dans son réservoir. De plus, ce 1,6-litre s'entend à merveille avec la boîte manuelle six rapports qui l'accompagne de série. Agréable, son levier se laisse guider aisément. Une boîte automatique à six rapports (supplément de 1490$) est offerte.

Résumons-nous. La Countryman n'est pas une Mini comme les autres. Elle est spacieuse, agréable au quotidien et sûre, peu importe le terrain. À condition, bien entendu, d'opter pour le rouage à quatre roues motrices. Elle est aussi moins amusante à conduire, moins espiègle, moins craquante.

Sans doute est-elle trop adulte pour une Mini...

NOUS AIMONS

> Bonne habitabilité

> Suspensions prévenantes

> Direction incisive

NOUS AIMONS MOINS

> Tempérament plus effacé

> Ergonomie particulière

> Options nombreuses

CE QU'IL FAUT RETENIR

> Fourchette de prix: 27 850$ à 34 400$

> Frais de transport et préparation: 800$ (préparation en sus)

> Version essayée: Cooper S ALL-4

> Garantie de base: 48 mois/80 000 km

> Consommation obtenue dans le cadre de l'essai: 8,9 L/100 kmg

> Pour en savoir plus: www.mini.ca

SURVOL TECHNIQUE

> Moteur: L4 DACT 1,6 litre - Turbo

> Puissance: 181 ch à 5500 tr/min

> Couple: 177 lb-pi entre 1600 et 5000 tr/min

> Poids: 1455 kg

> Rapport poids-puissance: 8,03 kg/ch

> Mode: intégral (4 roues motrices)

> Transmission de série: manuelle 6 rapports

> Transmission optionnelle: semi-automatique 6 rapports

Direction/Diamètre de braquage: crémaillère/11,6 mètres

> Freins: disque/disque

> Pneus: 205/50R17

> Capacité du réservoir/essence recommandée: 47 litres/super

Photo Éric LeFrançois, collaboration spéciale

Plein d'entrain, le quatre-cylindres de 1,6 litre suralimenté par turbocompresseur répond à la moindre sollicitation de l'accélérateur.