Pour les motocyclistes, le Salon de la moto de Montréal est un peu comme le temps des sucres: c'est signe que le printemps arrive bientôt.

Mis à jour le 27 févr. 2010
Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage LA PRESSE

Un printemps que les constructeurs attendent aussi avec impatience, eux qui viennent de subir l'une des pires années de leur histoire, en raison de la récession. Selon les chiffres obtenus auprès des organisateurs du Salon de Montréal, le marché mondial des véhicules à deux roues motorisés a reculé de 30% en 2009. Au Canada, la baisse a été de 27%.

 

Une tendance qui s'est aussi ressentie dans l'affluence des grands salons de la moto, celui de Montréal ne faisant pas exception. La foire montréalaise a attiré 32 384 amateurs l'an dernier, près de 8000 de moins qu'en 2006. Cette année, on s'attend à accueillir de 30 000 à 32 000 personnes.

 

Le scooter n'a pas été épargné par la crise, bien au contraire. Les ventes canadiennes ont chuté de moitié en 2009. «L'année 2008 avait été exceptionnelle au Canada pour les scooters à cause des prix élevés de l'essence, cela avait attiré de nouveaux adeptes, indique Roger Saint-Laurent, promoteur du Salon de la moto de Montréal. Mais la clientèle traditionnelle des adolescents est partie. L'épouvantail de la récession américaine a manifestement fait peur à leurs parents.»

 

Ce qui explique sans doute l'absence, cette année au Salon, de plusieurs importateurs et distributeurs privés de scooters coréens et chinois. Il y a une vingtaine d'exposants de moins au Salon de la moto de Montréal en 2010. «Depuis 1992, on a toujours connu une progression, c'est la première fois que l'on connaît une baisse, admet M. Saint-Laurent. Mais je demeure convaincu qu'ils seront de retour l'an prochain.»

 

Par contre, tous les acteurs majeurs sont présents au Salon, comme à l'habitude. Norton, Moto Guzzi, Vespa et Aprilia n'y seront pas, mais on compte sur les concessionnaires locaux pour exposer quelques produits de ces constructeurs européens.

 

La crise économique pourrait par contre avoir eu un effet insoupçonné sur le marché, et c'est le consommateur qui pourrait en sortir grand gagnant. «Les entrepôts sont pleins de motos neuves de 2008 et 2009. De plus, les modèles 2010 seront importés en quantités limitées. Je suis dans le milieu depuis 1975 et je ne me rappelle pas une année où les prix des motos neuves risquent d'être aussi bons», affirme Roger Saint-Laurent.

 

Et les gens semblent vouloir en profiter. «Les gens ont choisi d'épargner à cause de la crise appréhendée, soutient M. Saint-Laurent. Maintenant, ils sont prêts à acheter. Deux constructeurs m'ont confirmé qu'ils avaient connu leur meilleure année de ventes au Salon de Québec.»

 

Promesse de jours meilleurs pour la moto? L'avenir le dira.

 

Le Salon de la moto aura lieu de vendredi à dimanche au Palais des Congrès de Montréal.