On peut d'ores et déjà dire que le Grand Prix de Singapour est un beau succès, un très beau succès. Visuellement, c'est le plus beau circuit de la saison, le plus bel environnement de course que l'on ait jamais vu.

Christian Tortora LA PRESSE

Le circuit est situé au pied de la ville, il est bordé d'eau sur un côté. C'est un impressionnant mélange de Monaco et de Valence. La piste prend aussi certains traits de Melbourne. Ce n'est pas étonnant, car 16 personnes du Grand Prix d'Australie ont été embauchées pour venir travailler à Singapour. Ce qui fait que certaines des zones de dégagement ressemblent un peu à celles d'Albert Park.

 

Comme c'est un circuit urbain, une grande partie a été refaite à neuf, mais la section qui passe dans le vieux secteur de la ville est particulièrement bosselée, ce qui pourrait poser quelques problèmes. En plus, c'est plutôt étroit de ce côté, on ne peut y passer qu'à deux voitures de large, alors que les nouvelles sections permettent de se battre à trois de large. Les bolides passent également sur un petit pont, comme à Valence, de même que dans un court tunnel. Bref, c'est absolument magnifique, avec tous ces grattes-ciels éclairés de toutes les couleurs.

L'éclairage, justement; plusieurs se sont inquiétés du fait de rouler de nuit. On a fait des tests avec la voiture de sécurité, jeudi, où on a simulé une panne de courant sur 200 mètres. Il n'y a eu aucun problème, les pilotes peuvent s'arrêter sans pépin. En fait, la piste est éclairée comme en plein jour. Par contre, la pluie est source d'inquiétude. On s'inquiète que la chaussée se mette à briller, ce qui pourrait affecter la visibilité d'autant plus que plusieurs pilotes ont choisi de munir leurs casques de visières jaunes de façon à accentuer les contrastes.

S'il y a une chose que les pilotes ne peuvent voir, ce sont les spectateurs, et pas parce qu'ils sont absents, bien au contraire. Cachés derrière de haut grillages de protection, ils ont littéralement envahi les gradins. C'est déjà plein et on peut accueillir jusqu'à 120 000 personnes. On parle d'un succès colossal; toute la ville vibre au rythme du Grand Prix. Ça vaudrait même la peine que le maire de Montréal vienne faire un tour pour prendre des notes!

Un circuit peu commode

En piste, c'est encore un peu tôt pour se faire une opinion. La piste était encore poussiéreuse. L'entrée des puits est toutefois très dangereuse, c'est elle est située tout juste à la sortie d'un virage. Une voiture en tête-à-queue pourrait venir heurter le mur à l'entrée des puits.

Par ailleurs, même si les pilotes se plaignent des bosses, on sent qu'ils aiment bien. Même s'ils atteignent des vitesses de 298 km/h à certains endroits, il y a tellement de parties sinueuses que les gars s'éclatent, ça glisse, aucun virage n'est semblable à un autre; certains vibreurs ne sont pas commodes, bref, ce n'est pas de tout repos.

Le principal problème pourrait toutefois venir du fait que tout le monde a choisi de continuer de vivre à l'heure européenne, comme le recommandent les spécialistes. Bon princes, les dirigeants des hôtels ont fermé toutes les fenêtres des chambres des pilotes, qui dorment en plein jour. Le plus dur va être pour les mécanos, qui se couchent aux petites heures et qui se lèvent néanmoins très tôt. Jusqu'à maintenant, ça semble concluant. Pour le reste, on verra ça en piste!

Propos Recueillis Par Pierre-marc Durivage