À partir de 2035, il ne sera plus possible de commercialiser un véhicule neuf émettant du CO2. Du moins, c’est la promesse (ou la menace, c’est selon) faite par de nombreux gouvernements, dont celui du Québec. Beaucoup de consommateurs s’interrogent aujourd’hui : doit-on repousser l’option électrique à l’échéance ou mettre fin dès maintenant à cette dépendance au pétrole ? Pour tenter de les éclairer avant qu’ils n’arrêtent leur décision, voici quelques pistes de réflexion.

Publié le 13 avril
Éric LeFrançois
Éric LeFrançois Collaboration spéciale

On se branche ?

L’avenir est électrique. Alors, pourquoi attendre ? Ce véhicule n’émet pas de CO2 sur son passage et pratiquement aucune particule. Son autonomie progresse, son coût d’utilisation pèse moins lourd sur le budget familial et le réseau chargé de le ravitailler s’épanouit. Mieux encore, il peut aussi se recharger à domicile. Autres points positifs, les subventions subsistent, tout comme certains privilèges (voies et stationnement réservés). Enfin, l’offre apparaît plus diversifiée que jamais, surtout dans les segments les plus populaires.

Après les fleurs, le pot. L’autonomie demeure globalement inférieure à celle des modèles thermiques, l’offre de bornes publiques et rapides toujours éparse (surtout en région). Sans oublier le prix d’achat, hors de portée de bien des portefeuilles. Et il y a la disponibilité. Des mois d’attente sont à prévoir.

Rouler dans un véhicule électrique suppose également de reconsidérer le voyage tel que nous le définissons aujourd’hui.

Celui-ci requiert une plus grande planification en raison des arrêts de recharge. Et il y a l’hiver aussi. Une saison qui met à mal l’autonomie et parfois le confort des occupants (le chauffage signifie une réduction de la charge).

Enfin, il y a le progrès. Le développement technologique s’accélère à la vitesse grand V et plusieurs tablent sur les batteries sèches plus légères, moins encombrantes et surtout d’une efficacité énergétique supérieure. L’obsolescence des véhicules électriques actuellement offerts n’est-elle pas déjà programmée ?

PHOTO FOURNIE PAR MITSUBISHI MOTORS

Il y a 10 ans à peine, Mitsubishi lançait la i-Miev sur le marché canadien. Un véhicule 100 % électrique offrant une autonomie de quelque 100 km (selon la certification de l’EPA). Que de chemin parcouru depuis !

À moitié alors ?

Pour certains consommateurs, le véhicule hybride à prise rechargeable représente la solution idéale. Cette motorisation qui jumelle un moteur thermique à une unité de puissance électrique invite l’automobiliste à revoir, sans réelles conséquences, ses habitudes de conduite. Et, à la clé, des économies de carburant appréciables à l’heure où le prix à la pompe ne cesse de prendre de l’altitude. La partition essence de ce groupe propulseur permet également d’envisager des voyages au long cours sans ressentir la moindre anxiété.

La technologie est éprouvée, mais les hybrides rechargeables demeurent handicapés par une autonomie électrique limitée. De manière générale, la presque totalité de ces véhicules dotés d’une mécanique bicéphale peine à parcourir 50 km sans faire fumer les échappements du moteur thermique. Il faut donc brancher les véhicules, ce que certains propriétaires négligent de faire, prétextant que le véhicule peut se recharger de lui-même. C’est vrai, mais au prix d’une consommation de carburant plus élevée. Dans ce cas, cette motorisation donne seulement bonne conscience à son utilisateur, mais marque un recul pour l’environnement.

On préfère la pompe

La solution facile, éprouvée et dommageable pour l’environnement, le bon vieux moteur à essence, peine à faire face aux normes antipollution de plus en plus contraignantes. Les dispositifs de désactivation des cylindres, de taux de compression variable, de coupure automatique à l’arrêt ne suffisent plus.

À l’exception d’une poignée de constructeurs (les groupes Stellantis et BMW notamment), le développement du moteur à essence se trouve au point mort.

Mais il atteint un niveau de fiabilité difficile à surpasser, se ravitaille aisément et rapidement. Et s’il n’avait pas été trop souvent jumelé à des véhicules de plus en plus lourds (normes de sécurité et appétit insatiable des consommateurs à l’égard des VUS), son empreinte environnementale serait sans doute un peu moins grande. Il n’en demeure pas moins une solution rationnelle dans ces régions et quartiers où le réseau de recharge est épars et limité aux bornes publiques.

Maintenant, la décision vous appartient !