La première chose à faire pour réduire sa consommation d'essence et sa facture de carburant, c'est de conduire un véhicule en parfait état. Tel est le conseil donné par Raynald Côté, de CAA-Québec.

Yves Therrien LE SOLEIL

«Un véhicule dont la mise au point est déficiente, explique-t-il, pourrait consommer jusqu'à 50% de plus. Il faut donc l'entretenir adéquatement. Une des façons de vérifier si le véhicule est en bon état, c'est de vérifier sa consommation à chaque plein. Lorsqu'un conducteur fait toujours le même trajet ou à peu près, il peut s'apercevoir si la consommation augmente anormalement dans des conditions identiques.»

Il donne l'exemple simple d'un filtre à air encrassé. Au début, l'ordinateur de bord peut compenser en partie pour conserver un bon mélange air-essence. À partir d'un certain niveau, l'ordinateur ne peut plus faire de miracle et la consommation d'essence commence à grimper. Lorsque la variation sur un même parcours dépasse 10%, et que les conditions sont pratiquement les mêmes, l'automobiliste peut se poser des questions sur l'état de son véhicule.

La pression des pneus est un autre élément à prendre en considération. Des pneus mal gonflés causeront une augmentation de la consommation d'essence, en plus d'être un risque au moment des freinages et des manoeuvres d'urgence, ajoute M. Côté. «Un seul pneu dans lequel il manque deux livres de pression fait augmenter la consommation de 1%, dit-il. Des pneus mal gonflés s'useront plus rapidement.» De même, un mauvais parallélisme des roues augmente la consommation de carburant ainsi que l'usure des pneus tout en diminuant la stabilité du véhicule.

Il ajoute que les conducteurs doivent éviter de transporter des objets inutiles dans leur coffre. Le poids est un facteur qui augmente la consommation. C'est la même chose avec le porte-bagages sur le toit ou le support à vélo. S'ils ne sont pas utilisés, ça ne sert à rien de les garder en place si l'on souhaite diminuer sa consommation d'essence.

M. Côté rappelle de munir son véhicule d'un chauffe-moteur. Il peut améliorer la consommation de 10% parce qu'il permet au moteur d'atteindre sa température optimale plus rapidement. Selon lui, on devrait commencer à l'utiliser lorsque la température est de 10 degrés au-dessous de zéro. Avec une minuterie, on peut faire fonctionner le chauffe-moteur entre deux et trois heures avant le moment du départ. Il faut aussi se défaire du préjugé que le véhicule sera plus frileux si l'on utilise le chauffe-moteur: la mécanique n'est aucunement influencée par les émotions et ne peut pas contracter de dépendance.

Conseils

Sur le site web de CAA-Québec, on peut lire les conseils suivants:

> Ne laissez pas tourner votre moteur au ralenti inutilement. Lorsqu'il a atteint sa température d'opération, un moteur qui tourne au ralenti pendant plus de 10 secondes consomme plus de carburant que pour le faire redémarrer. Au ralenti, un moteur peut consommer entre 1,1 litre et 4 litres à l'heure.

> N'utilisez le climatiseur qu'en cas de nécessité: la consommation de carburant peut augmenter de 20% en conduite urbaine.

> Un toit ouvrant ouvert et une vitre baissée (ou plusieurs) accroissent la consommation de carburant sur la grand-route.

> Conduisez en douceur: roulez à vitesse constante et évitez les coups brusques. Le moteur consomme davantage lors de l'accélération.

> Freinez doucement et ajustez-vous autant que possible aux mouvements de la circulation.

> Roulez à vitesse moyenne sur l'autoroute. Trop vite, vous augmentez la consommation d'essence nécessaire pour contrer la résistance accrue de l'air et trop lentement, votre véhicule constitue un danger pour la circulation. En roulant à 120 km/h au lieu de 100 km/h, vous augmentez la consommation de 20%.

> De nombreux automobilistes paient plus cher pour de l'essence à indice d'octane élevé, alors que ce n'est peut-être pas nécessaire. En effet, seulement 10 à 15% des véhicules actuels nécessitent de l'essence super. Vérifiez dans votre manuel du propriétaire.

> Aucun des supposés économiseurs d'essence que nous avons testés n'a rempli ses promesses. Au mieux, la consommation était identique à celle obtenue sans économiseur.

Même s'ils n'ont pas le monopole de la science et du savoir, les constructeurs automobiles connaissent tous ces «économiseurs» et aucun n'en dote ses véhicules, alors qu'ils dépensent des fortunes pour obtenir des gains qui se calculent en dixièmes de litre au chapitre de la consommation de carburant.

Avec les économiseurs de carburant, la meilleure chose à faire est de s'abstenir d'en acheter un!