D'un coup de baguette, une équipe de microbiologistes californiens vient d'identifier 40 000 enzymes qui pourraient rendre les biocarburants moins chers que l'essence.

Mis à jour le 25 mars 2011
Mathieu Perreaut LA PRESSE

Les chercheurs ont utilisé une vache dotée d'un tube menant à ses estomacs, ce qui permet d'analyser en temps réel l'activité microbienne dans l'organisme du ruminant. Les microbes décomposent l'herbe que broute la vache, un processus similaire à la conversion de plantes en biocarburants.

«Les vaches décomposent l'herbe de manière très efficace», explique Edward Rubin, auteur principal de l'étude parue dans la revue Science, en entrevue depuis le Laboratoire national Lawrence Berkeley, en Californie. «Elles font exactement ce que nous avons besoin d'accomplir pour trouver des filières viables de biocarburants. Actuellement, nous utilisons surtout du maïs, au mieux de la canne à sucre. Il faut pouvoir utiliser des mauvaises herbes comme celles qu'on trouve dans les champs en jachère, qui poussent sans engrais ni herbicide et avec un rendement bien supérieur au maïs et aux autres espèces aussi utilisées pour l'alimentation. Par exemple, le panic érigé (switchgrass). Ou alors, encore mieux, les résidus de la culture du maïs, la tige et la pelure de l'épi.»

Les travaux de M. Rubin - qui avait auparavant fait sa marque dans le Projet du génome humain, qui a dévoilé en 2001 notre cartographie génétique - multiplient par 100 le nombre d'enzymes disponibles pour les usines de biocarburants. «Nous avons trouvé 40 000 gènes intéressants chez 90 microbes. La moitié de ces microbes pourraient être utilisés tels quels comme base pour des manipulations génétiques par des chercheurs en biocarburants. C'est très prometteur.»

Il lui a fallu deux ans pour mener à bien ce projet sur les biocarburants.