Faire de la course automobile sans polluer et sans bruit. «Impossible», diriez-vous. Et pourtant, ça existe. Depuis 1934 en fait, puisque c'est à Dayton, en Ohio, qu'un certain Myron Scott, photographe pour le Dayton Daily News, a eu l'idée de réunir en compétition des amateurs de boîtes à savon, des enfants pour la plupart.

Alain Raymond LA PRESSE

Les règles sont simples: la voiturette ne doit pas avoir de moteur, elle doit rouler sur quatre roues et être munie d'un frein. La course est lancée à partir d'un plan incliné de 75 pieds de long (22,8 mètres) et la première voiture qui franchit la ligne d'arrivée située 200 pieds plus loin (61 mètres) remporte la palme.

 

Les concurrents s'affrontent par deux ou même par trois et le gagnant d'une course affronte le gagnant d'une autre et ainsi de suite. La course dure généralement une trentaine de secondes et les voitures les plus performantes peuvent atteindre 50 km/h. Outre les départs sur plan incliné, les voitures peuvent aussi s'affronter sur des routes en pente, où elles atteignent des vitesses assez impressionnantes.

Comme il se doit, ce qui a commencé par n'être qu'un jeu d'enfant a fini par intéresser les grands de ce monde, notamment les constructeurs d'automobiles, qui ont vu dans ce «sport» l'occasion de faire l'étalage de leur savoir-faire et du talent de leurs designers.

Bentley, Volvo, Nissan, Audi, GM, Chrysler, Porsche, Mazda, Volkswagen, pour ne nommer que ceux-là, s'affrontent donc avec des machines qui rivalisent d'ingéniosité et de matériaux «nobles» comme la fibre de carbone, le titane, le kevlar et les alliages de magnésium. Sans compter que ces créations n'ont plus l'air de boîtes à savon, mais plutôt de bolides au profilage ultra-perfectionné étudié en soufflerie. Autrement dit, mieux - bien mieux - que la plupart des voitures de monsieur et madame Tout-le-Monde.

Et qui dit objet rare dit aussi vente aux enchères, et c'est précisément ainsi qu'un collectionneur lavallois s'est procuré un superbe prototype Nissan 2004 habillé d'une robe translucide en matière plastique, qui laisse voir le magnifique châssis tubulaire en graphite à jointures en aluminium usinées par ordinateur. Une véritable sculpture moderne qui dégage un charme résolument rétro à cause de ses grandes et minces roues de vélo ralenties par deux délicats freins à disques.

Conçu par une équipe de designers des studios de Nissan Design America, situés à La Jolla, en Californie, ce gravity racer porte le numéro 001, ce qui a attiré l'attention de notre collectionneur averti. Précisons qu'il ne s'est pas trompé, car Nissan lui aurait offert de racheter ce prototype pour l'exposer à son musée. Il a préféré la garder. Pour le moment. Qui sait, le ZER (Zero Emission Racing) pourrait un jour remplacer la Formule1?

Pour en savoir plus: www.zeroeracing.com