Les constructeurs automobiles japonais Toyota et Mazda vont annoncer l'implantation d'une usine en Alabama, dans le Sud profond des États-Unis, représentant un investissement de 1,6 milliard de dollars américains.

AFP, La Presse

C'est ce que rapporte l'agence Bloomberg.

En août dernier, les deux groupes avaient indiqué chercher un site entre plusieurs États dont l'Alabama et la Caroline du Sud, pour cette usine commune, qui serait le 11e site d'assemblage pour Toyota aux États-Unis et le 1er pour Mazda, selon Bloomberg News.

Durant l'après-midi, Mazda a confirmé la nouvelle, précisant que l'usine sera construite à Huntsville, là où Toyota a déjà une usine de moteurs V8, V6 et 4-cyl., où travaillent 1400 employés. Une conférence de presse, sur place --à laquelle ont participé les présidents des deux constructeurs-- a officialisé le tout à 15 h.

L'usine d'assemblage de Huntsville aura une capacité de 300 000 véhicules par année, la production étant partagée moitié-moitié sur deux chaînes de montage, l'une pour un nouveau multisegment Mazda, l'autre pour des Toyota Corolla. 

Avec la nouvelle usine Mazda-Toyota, l'Alabama comptera quatre usines d'assemblage. Les autres sont exploitées par Honda, Hyundai et Mercedes-Benz.

Les Corolla sont actuellement assemblées à Cambridge, en Ontario. Toyota avait déjà annoncé en 2015 que ces voitures ne seraient plus assemblées au Canada. Le constructeur japonais avait aussi annoncé en 2015 que cette usine canadienne produirait à l'avenir des modèles plus gros et plus complexes, mais n'a pas encore précisé quel modèle remplacerait les Corolla.

L'usine conjointe Mazda-Toyota sera érigée à Huntsville, en Alabama, là où Toyota a déjà une usine de moteurs (ci-haut). Photo: Reuters

4000 emplois : l'effet Trump ?

L'usine devrait ouvrir en 2021 et promet d'employer jusqu'à 4000 personnes, selon la presse.

Son ouverture sera bien accueillie par le président Donald Trump qui a exhorté les constructeurs automobiles à créer des emplois et à fabriquer sur le territoire américain. Il avait fait pression sur Toyota dès son arrivée à la Maison-Blanche accusant le groupe, dans un tweet, de délocaliser des emplois américains au Mexique. M. Trump avait brandi la menace de «taxes frontalières» sur la production du groupe japonais.

Toyota avait ensuite réduit ses projets de construction d'une nouvelle unité au Mexique. Le groupe avait aussi indiqué réorienter ses investissements dans ses usines américaines existantes ainsi que dans le projet commun avec Mazda.

Toyota affirme que ses décisions n'ont pas été influencées par les admonestations du président Trump et qu'elles sont motivées par des considérations strictement commerciales.

Quoi qu'il en soit, il demeure que les Corolla, qui devaient être assemblées au Mexique, seront assemblées en Alabama. Toyota a déclaré qu'elle produirait des pick-ups Tacoma au Mexique, au lieu des Corolla.

Le président Trump à son terrain de golf de West Palm Beach, en Floride, le 29 décembre dernier.  Photo: AP