Il y a beaucoup de messieurs très riches d'un certain âge qui n'aiment pas conduire et c'est un marché très intéressant pour Rolls-Royce. Mais ces hommes âgés ont des enfants devenus adultes à qui Rolls veut aussi vendre des autos, tout comme aux millionnaires récents pour qui conduire est un plaisir, certainement pas une corvée confiée à un chauffeur privé.

Mis à jour le 16 sept. 2015
Denis Arcand LA PRESSE

La Rolls-Royce Dawn, une décapotable qui sera présentée au salon de l'auto de Francfort, s'inscrit dans l'effort de Rolls depuis quelques années pour rafraîchir son image et séduire la jeunesse dorée du monde.

Le constructeur d'autos de luxe a diffusé sur l'internet des images de sa plus récente voiture, qui attirera «un public plus large, plus jeune et plus amateur de mondanités», affirme Rolls-Royce dans sa présentation de la Dawn.

Le luxe sans la formalité

Dans cette optique, elle suit le coupé sport Wraith, lancé en 2013, et qui a connu du succès auprès des gens qui conduisent eux-mêmes. Comme la Wraith (qui emprunte son nom à la Wraith 1938), la Dawn évoque un modèle antérieur que Rolls-Royce a construit à 28 exemplaires au début des années 50: la Silver Wraith était aussi une décapotable.

La nouvelle Dawn est basée sur le coupé Wraith, mais Rolls-Royce affirme que 80% des éléments extérieurs de la voiture ont été redessinés pour proposer le seul véritable «cabriolet quatre places de grand luxe».

Rolls-Royce affirme qu'avant la Dawn, la clientèle de décapotables ultra-luxueuses était «lésée», puisque l'offre existante était composée de voitures 2+2 avec des places arrière exigües pour les passagers aux longues jambes. La Dawn corrige donc cette lacune en offrant une vraie décapotable quatre-places pouvant accueillir tous les occupants dans le confort, la «sérénité» et «l'insouciance» que 300 000 $ sont censés procurer.

En fait, le prix de détail suggéré du manufacturier n'a pas été annoncé, mais en se basant sur celui de la Wraith (prix de base 294 025 $, ou de mensualités de 5549 $), on se doute qu'elle sera plus chère qu'une Mazda MX-5 Miata.

Rolls-Royce dit avoir trimé pour construire une décapotable aussi belle capote montée que rétractée. Elle affirme aussi que le toit (en toile) remonté assure à la Dawn une insonorisation aussi bonne que celle de la Wraith.

Frisson érotique

Mais la Dawn n'est pas endormante, promet le patron de Rolls-Royce, Torsten Müeller-Ötvöes, qui affirme que «c'est simplement la voiture la plus sexy jamais faite par Rolls-Royce». Dans sa présentation de la Dawn (qui veut dire «aube»), M. Müeller-Ötvöes évoque le «frisson érotique parcourant la peau» et l'éveil «des sens et des passions» pour décrire la Dawn et la comparer à ce moment du jour qui précède le lever du soleil.

«La Rolls-Royce Dawn sera pour son propriétaire la muse qui lui rappellera que chaque jour se lève sur un nouveau monde de possibles», ajoute l'enthousiaste et lyrique M. Müeller-Ötvöes.

Plus prosaïquement, ajoutons que le panneau qui protège la toile de la Dawn, quand le toit est rétracté, est fait de ce que Rolls-Royce appelle du «bois Canadel».

Vérification faite, ce n'est pas du bois provenant du fabricant de meubles Canadel, de Louiseville (qui vend aussi du bois d'ébénisterie de haute qualité). Non, Canadel est le nom donné par Rolls-Royce à la technique qui met en valeur le grain du chêne qu'elle utilise pour ses boiseries automobiles; le nom vient de la plage de Canadel, dans le sud de la France, pas très loin de Saint-Tropez, «où Sir Henry Royce et son équipe de designers et d'ingénieurs passaient l'hiver», explique Rolls-Royce.

Mais consolons-nous, il y a quand même un lien avec le Canada. En 1952, la toute première Silver Dawn, qui a inspiré la nouvelle Dawn, «sortait des ateliers Rolls-Royce et partait au Canada rejoindre son tout premier conducteur, le colonel W.A. Phillips».