Pilote aguerri en rallye et rallycross, Ken Block est devenu au fil des ans une véritable vedette de la Toile. L'entrepreneur, ayant fait fortune dans l'industrie du vêtement avec la marque DC Shoes, s'est forgé une spécialité, celle de la réalisation de vidéos de cascades motorisées.

Charles René LA PRESSE

La discipline, Gymkhana, utilise des parcours fermés improbables, filmés pour le plaisir des yeux. Son septième opus, mis en ligne la semaine dernière, est un exemple de maîtrise, autant de la photographie que de la monture présentée, encore plus intimidante cette fois-ci.

Contrairement à ses productions antérieures, mettant en vedette des bolides de rallycross bien compacts, Block a choisi pour son Gymkhana 7 de piloter une Ford Mustang 1965. Ce n'est clairement pas un choix logique pour l'agilité, vous en conviendrez, mais le véhicule le partage a priori rien avec le poney sorti de l'étable il y a 49 ans.

Son moteur V8, préparé par Roush Yates, possède un volume de 6,7 L et crache 845 ch et 720 lb-pi de couple dans une rage que sa transmission intégrale semble difficilement contenir. Il s'agit d'ailleurs de la seule Mustang de haute performance a avoir été construite avec une telle configuration. Un châssis tubulaire ultra-rigide a d'ailleurs été nécessaire, tout comme l'ajout d'un frein à main hydraulique pour placer le véhicule en courbe.

La réalisation, esthétiquement réussie et dépourvue de musique, met l'accent sur son chant, très particulier et envoûtant. Il est assez haut perché pour un huit-cylindres, signe des hauts régimes atteints. Il rythme les scènes.

Outre le véhicule, ce Gymkhana se démarque par l'originalité du coup d'oeil sur Los Angeles et la variété de ses angles de caméras. Des drones et de nombreuses GoPro ont permis ce beau travail. La sensation de vitesse rappelle quelques fois le film Le Mans de Steve McQueen.

Block s'est surpassé avec ce Gymkhana 7, du beau boulot sans prétention qui prend la mesure du grand talent du pilote.