Depuis que les constructeurs automobiles étrangers ont flairé la bonne affaire en Chine et que le gouvernement s'en est rendu compte, on n'y fait plus des affaires en toute impunité.

Sébastien Templier LA PRESSE

Sans que ce soit une obligation formelle, les constructeurs ont tout intérêt à s'allier avec un partenaire local pour créer une coentreprise et ainsi une nouvelle marque. Le tout pour le marché chinois exclusivement. Quiconque renonce à ce type de partenariat voit ses véhicules taxés à l'importation, à hauteur de 25%. Et doit donc les vendre plus cher sur le marché, s'exposant ainsi à une difficile concurrence.

Conséquence, presque tout ce qui est vendu en Chine aujourd'hui est produit en Chine. Et ce qui est vendu sous la marque d'une coentreprise est compris dans la gamme entre une voiture locale et une voiture étrangère importée.

Si la logistique et les taxes liées à l'importation de produits sont contraignantes pour celui qui veut faire cavalier seul, la création d'une coentreprise impose des délais qui obligent à alimenter le marché chinois en produits étrangers entre-temps.

La raison d'être de cette incitation gouvernementale est de favoriser l'émergence d'une industrie automobile chinoise. Le gouvernement est parfaitement conscient du potentiel qu'offre son marché. Il veut en tirer profit.

L'an dernier, les constructeurs étrangers monopolisaient 70% de la production automobile. Le gouvernement chinois souhaite que les constructeurs nationaux occupent 50% du marché en 2015.

«Les taxes à l'importation ne sont pas un grand problème. Le problème pour les constructeurs étrangers est plutôt le réseau de concessionnaires. Et le fait que beaucoup de consommateurs achètent leur premier véhicule. Il va falloir attendre pour assister à un renouvellement», commente David Sun, directeur général Auto de la maison de sondages et d'analyses Ipsos Chine.