Le nombre d'accidents mortels liés au scandale des rappels tardifs de véhicules en Amérique du Nord qui empoisonne le constructeur automobile General Motors depuis février pourrait s'allonger, selon un communiqué publié mardi par l'agence américaine de sécurité routière, la NHTSA.

Publié le 27 mai 2014
AGENCE FRANCE-PRESSE

Premier constructeur américain, GM est depuis plusieurs mois sur le gril pour avoir tardé à rappeler 2,6 millions de voitures produites entre 2003 et 2011 et affectées par un défaut du commutateur d'allumage empêchant les airbags de se déployer.

Selon le décompte du constructeur, 13 accidents mortels, certains datant de plusieurs années, sont associés à cette pièce défectueuse.

«Le nombre de morts final associé à ce défaut n'est pas connu par la NHTSA mais nous croyons que plus de 13 vies ont été perdues», affirme mardi le directeur de la NHTSA, David Friedman, cité dans un communiqué.

Mettant la pression sur le groupe automobile, il explique que GM peut déterminer le nombre de décès en se basant sur les procédures judiciaires en cours et les plaintes de clients.

Des actions judiciaires ont été déposées contre GM un peu partout aux États-Unis par des plaignants qui veulent obtenir des dédommagements. Le groupe de Détroit a déjà trouvé des accords, dont les termes sont confidentiels, avec certaines familles de victimes.

«Les familles et les proches de ceux qui sont morts dans les accidents ont la profonde sympathie de la NHTSA», écrit M. Friedman, dont l'agence avait aussi été très critiquée par le Congrès américain dans cette affaire. On lui reproche notamment d'être restée passive alors qu'elle avait eu connaissance de certains incidents des années avant que GM ne procède au premier rappel des véhicules affectés.

Les proches des décédés «méritent des réponses directes et claires sur ce qui est arrivé à ceux qu'ils aimaient», ajoute M. Friedman.

La NHTSA, explique-t-il, essaie d'aider les familles à identifier si leur proche disparu fait partie du décompte de GM.

Dans ce dossier, les autorités américaines ont infligé à GM, le 16 mai, une amende civile «record» de 35 millions de dollars - la plus importante autorisée dans ces procédures.

Le groupe automobile a pour la première fois reconnu qu'il assumerait ses responsabilités «civiles et légales» liées aux accidents. Il a embauché Kenneth Feinberg, un avocat vedette spécialisé dans les indemnisations de victimes.