Sur une planète où l'espace urbain est toujours plus disputé, les petits utilitaires de poche - avec leur position de conduite surélevée et leurs grosses roues - exercent beaucoup d'attrait auprès des consommateurs. Et le Trax de Chevrolet est l'un d'eux.

Éric Lefrançois, collaboration spéciale LA PRESSE

Arrivé au cours de l'hiver, le Trax n'affiche pas le style parfois déjanté de ses concurrents, mais aspire tout de même à devenir le nouveau caprice des citadins.

La catégorie est encore jeune, mais sa diffusion en constante progression fait croire à l'industrie qu'elle tient là sa future poule aux oeufs d'or. D'ailleurs, presque tous les constructeurs nourrissent des projets dans ce domaine. À l'égard des modèles «urbains» (Kia Soul, Nissan Juke, Scion xB) surtout. Si l'on prête foi aux propos de certains analystes, ce créneau va se multiplier au cours des prochaines années et prendra la suite des petites autos au style parfois mièvre d'aujourd'hui.

Sortes de vrais-faux 4 x 4, ces minuscules véhicules utilitaires sont dépourvus, dans la majorité des cas, d'un rouage à quatre roues motrices. On les appelle les multisegments, car cette appellation évoque leur aptitude à la transversalité et au mélange des genres. Ils représentent les valeurs montantes du marché.

L'un des benjamins de la catégorie s'appelle le Chevrolet Trax. Impossible de ne pas le remarquer. Haut et étroit, ce petit camion fait à peine plus de 4 mètres de long. Exclusif au marché canadien, ce Chevrolet partage avec le Buick Encore une même architecture technique (nom de code Gamma). Cette dernière est également utilisée par la sous-compacte Sonic.

Contrairement à la Sonic (États-Unis) et à l'Encore (Corée du Sud), le Trax prend forme au Mexique. Son prix de départ est fixé sous les 19 000$, mais à ce prix, le Trax n'est entraîné que par ses roues avant. Une version Ti (traction intégrale) est offerte contre supplément. La somme exigée par Chevrolet semble honnête pour peu que l'acheteur freine ses goûts de luxe. En effet, le haut de gamme, LTZ, coûte plus de 30 000$ (avec taxes et frais connexes), ce qui est totalement absurde, même si la liste des caractéristiques de série vous apparaît étourdissante. Envie de dépenser? Mieux vaut lorgner le Buick Encore qui propose un cachet plus singulier, une meilleure insonorisation et une garantie de base (quatre ans ou lieu de trois) plus alléchante. Voilà, c'est dit!

Le Trax offre, comme bon nombre de ses concurrents, une vision dégagée et permet ainsi à celui ou celle qui se trouve à son volant d'anticiper les ralentissements. En revanche, on perçoit avec plus de difficulté les obstacles qui se cachent derrière à moins de bénéficier d'une caméra de recul.

En dépit de ses dimensions lilliputiennes, la quantité de rangements à l'intérieur est étonnante. On en trouve partout. Et pour ajouter à l'aspect pratique de ce véhicule, celui-ci propose même de rabattre le dossier du passager avant pour faciliter le transport de longs objets, comme des madriers.

Comme son allure extérieure, la présentation intérieure n'a rien d'enthousiasmant. On ne voit que du plastique. Enfin presque. Par chance, les différentes pièces sont accostées avec soin et le bloc d'instruments de style moto - repris de la Sonic - fait preuve d'originalité. Accordons de bonnes notes également à la disposition logique des commandes et à leur simplicité d'utilisation.

Le moelleux des sièges à l'avant est adéquat et il est possible de parcourir plusieurs centaines de kilomètres sans devoir consulter d'urgence un chiropraticien à l'arrivée. Pour les occupants qui s'installeront à l'arrière, c'est moins sûr. L'espace y est compté et le confort n'est pas la qualité première de cette banquette qui permet d'escamoter l'assise pour concrétiser une surface de chargement parfaitement plate.

Agréable compagnon

La Sonic n'est pas vilaine, le Trax non plus. Pas de surprise de ce côté. Hormis un diamètre de braquage décevant pour un si petit véhicule et un empattement plutôt court pour assouplir les ondulations et autres crevasses du minable réseau routier québécois, il y a peu à redire sur l'expérience vécue au volant de ce «camion» en milieu urbain. Sur les voies rapides, c'est autre chose. La direction offre peu de ressenti et plusieurs corrections de trajectoire sont nécessaires par grands vents.

Pour remuer le Trax de sa position statique, on fait appel au moteur quatre cylindres 1,4 litre suralimenté par turbocompresseur. Ce dernier manque un peu «de pédale» pour déplacer une masse de près de 1500 kg avec le rouage à quatre roues motrices. En l'éliminant, on retranche environ 100 kg, ce que nous vous invitons à faire. Deux roues motrices suffisent pour peu que la monte pneumatique hivernale soit de bonne qualité. D'autant plus que ce système AWD conçu par la firme Borg Warner se désengage à compter de 60 km/h si aucune perte de motricité n'est perçue par les capteurs.

En débarrassant le Trax de cet encombrant dispositif, le moteur respire plus librement. Il signe du coup de meilleures performances en matière d'accélération et de reprises. Mieux encore, il consomme moins. La boîte semi-automatique qui l'accompagne réalise du bon boulot, mais sans plus. Entre le premier rapport très court (pour faciliter l'accélération) et le sixième très long (pour favoriser l'économie de carburant), on ressent une certaine confusion, surtout pendant les reprises. La gestion électronique met un peu de temps à choisir le rapport le plus approprié. Il est toujours possible de lui venir en aide en sélectionnant manuellement les vitesses avec le pouce (le bouton se trouve sur le levier). À quand des palettes au volant?

Devant des concurrents dont les lignes rebutent parfois les consommateurs, le Trax joue la carte du conservatisme. C'est plus prudent à défaut d'être très excitant.

L'essentiel

> Marque/Modèle : Chevrolet Trax

> Fourchette de prix: 18 495 $ à 29 330 $

> Garantie de base: 3 ans/60 000 km

> Consommation réelle: 8,8 L/100 km

> Visible dans les concessions: Maintenant

> À considérer: Kia Soul, Nissan Juke

> Pour en savoir plus: www.chevrolet.ca

Technique

> Moteur (essence): L4 DACT 1,4 litre turbo

> Puissance: 138 ch à 4900 tr/min

> Couple: 148 lb-pi à 1850 tr/min

> Poids: 1476 kg (4RM)

> Rapport poids-puissance: 10,6 kg/ch

> Mode: Intégral

> Transmission de série: Semi-automatique 6 rapports

> Transmission optionnelle: Aucune

> Direction/Diamètre de braquage (m): Crémaillère/11,2

> Freins av-arr: Disque/Disque

> Pneus (av-arr): 215/55R18

> Capacité du réservoir/Essence recommandée: 53/ordinaire

Nous aimons

> Rangements astucieux

> Finition soignée

> La version 2 roues motrices

Nous aimons moins

> Moteur poussif

> Versions trop équipées à éviter

> Boîte lente