Royal Dutch Shell, numéro deux mondial du pétrole, pense que le pic de la demande de pétrole aura lieu plus rapidement que ce qui est généralement admis dans l'industrie pétrolière, peut-être aussi tôt que 2021. Après quoi, la demande mondiale baisserait graduellement.

Denis Arcand LA PRESSE

« Nous croyons depuis longtemps que la demande atteindra son pic avant l'offre », a dit le chef des finances de Shell, Simon Henry, cité par l'agence de presse Bloomberg.

La plateforme de forage en mer Olympus, qui appartient à Royal Dutch Shell, juste avant ses premiers forages dans le Golfe du Mexique en 2013. Photo: Bloomberg

« Et ce pic [de la demande] pourrait être quelque part d'ici 5 à 15 ans. » Selon M. Henry, ce pic et la baisse subséquente seront provoqués par l'efficacité (l'innovation) et la substitution, qui rendront le transport de moins en moins cher malgré l'augmentation des déplacements des personnes et des marchandises. D'autres sources prédisent un pic en 2025 et même en 2040, suivi d'une baisse graduelle au fur et à mesure que l'auto électrique, l'énergie solaire et d'autres technologies disruptives délogeront les énergies fossiles.

Le pic de la demande ne signifie pas nécessairement que le pétrole va disparaître rapidement après. Le déclin pourrait être très lent et le rythme du passage aux énergies renouvelables sera déterminé par leur coût. On sait, par exemple, que le rendement des panneaux solaires et la capacité des batteries industrielles augmentent sans cesse, et que leurs coûts respectifs baissent aussi.

Le début de la fin pour le pétrole ? Ça reste à voir. Mais le pic de la demande de pétrole signalera assurément la fin du début pour les énergies renouvelables.

La centrale solaire Nour, à Ouarzazate, au Maroc. De l'énergie propre, infinie et de moins en moins chère. Photo: AP