Implantée au Québec depuis le printemps, Turo, entreprise de location de véhicules entre particuliers, poursuit son expansion dans la province à un rythme soutenu. Mais elle a de la difficulté, parfois, à faire comprendre certains principes de ce service qui va faire de l'ombre aux agences de location traditionnelles.

Sébastien Templier LA PRESSE

Cédric Mathieu est en tournée. Il a pris son bâton de pèlerin récemment pour prêcher dans la province --et non dans le désert-- les principes d'un service qui ne cesse de croître au Canada avec « plusieurs dizaines de milliers de téléchargements et d'inscriptions » en seulement six mois.

Leader au pays

« Clairement, aujourd'hui, le Québec est le leader au pays», dit Cédric Pelletier.

«C'est là que l'on a la majorité de nos voitures. Ensuite, viennent l'Ontario et l'Alberta. Autour des grosses agglomérations, ça fonctionne bien car il y a cette taille critique qui permet d'avoir beaucoup d'offres, même dans les plus petites villes qui n'ont pas forcément accès à une offre de location traditionnelle », analyse celui qui est directeur de Turo Canada.

Lancée aux États-Unis en 2010, Turo permet à des particuliers de louer leur voiture à d'autres particuliers pour une durée minimale de 24 heures. La durée moyenne de location sur Turo serait de quatre jours.

« Une voiture est un actif génial, mais qui se déprécie à une vitesse folle, qui coûte énormément d'argent et qui est l'un des moins utilisés, seulement 5 % du temps. Ce qui est absurde. L'idée est que le temps où la voiture n'est pas utilisée par son propriétaire, elle peut l'être par d'autres personnes et peut rapporter de l'argent à celui qui la possède. On est donc partis de ce constat simple », explique M. Mathieu.

Selon ce principe, en louant sa voiture à un inconnu ou en louant la voiture d'un inconnu, on doit se faire confiance mutuellement. Et, inévitablement, l'utilisation de la voiture soulève des questions en matière d'assurances.

Pour proposer sa voiture, le locateur doit absolument être client de l'une des cinq compagnies d'assurances au Canada qui ont signé une entente avec Turo : Intact, Belairdirect, SSQ, L'Unique ou La Capitale. « Dans la plupart des contrats d'assurances, les autres sociétés d'assurances ne permettent pas une utilisation commerciale de votre véhicule », rappelle le directeur de Turo Canada.

Cédric Pelletier. Photo: Turo

Moins de contraintes quand on loue

Le locataire, lui, a relativement moins de contraintes en matière d'assurances. « En tant que locataire, la réservation inclut une responsabilité civile de 2 millions.

Pour tout dommage au véhicule, le locataire va avoir le choix entre deux niveaux de protection lors de la réservation », indique M. Mathieu.

Le contraire serait étonnant, ce choix n'est pas gratuit. La protection contre les dommages matériels et le vol coûtera 10 % du prix de la location avec une franchise de 3000 $ ou 40 % du prix de la location avec une franchise de 500 $.

« En tant que propriétaire, l'assurance va vous indemniser quel que soit le niveau de protection choisi par le locataire », ajoute M. Mathieu.

Turo prend au passage 25 % sur la transaction conclue entre locataire et locateur. Notons que les fournisseurs de cartes de crédit ne couvrent pas les réservations faites avec Turo.

Cette entreprise californienne n'est pas la seule dans le monde à proposer ce genre de location. L'idée rejoint beaucoup d'adeptes, en Europe, notamment. Et les compagnies d'assurances comprennent qu'elles ne peuvent pas ignorer cette tendance. Turo Canada a d'ailleurs bon espoir de rallier la majeure partie des assureurs à sa cause d'ici peu de temps.

On n'utilise plus la voiture comme avant.

Le service de location de voitures entre particuliers Turo présent sur le web et ayant une application. Photo: site internet Turo