Après l'auto partagée - sous toutes sortes de déclinaisons -, voilà que le stationnement partagé fait des adeptes. Ou comment laisser sa voiture sur le stationnement d'un hôtel ou dans le garage d'un inconnu.

Publié le 16 févr. 2015
Sébastien Templier LA PRESSE

L'idée est en train de faire beaucoup de chemin à Paris où, comme à Montréal, chacun perd un temps fou à chercher une place de stationnement. Alors que le nombre de places vacantes serait de pas moins de 500 000 dans la capitale française, à Montréal, le Conseil régional de l'environnement (CRE) a évalué en 2013 que pour chaque voiture, de trois à cinq places de stationnement étaient disponibles.

Comment est-ce possible? Ces milliers de places inexploitées sont en fait la plupart du temps la propriété d'hôtels, de supermarchés, de sièges d'entreprises, d'administrations ou de bailleurs immobiliers.

«Les stationnements sont vides la plupart du temps dû à une mauvaise gestion de ceux-ci. Aucune personne dans aucune municipalité de la métropole ne sait combien elle offre ou permet de stationnements», illustre Félix Gravel, responsable Aménagement du territoire au CRE de Montréal.

À Montréal, comme à Paris, la recherche de stationnement crée beaucoup de pollution et de congestion. Le CRE estime que de 20% à 30% de la congestion en période de pointe est due à la recherche d'une place.

En France, pour contrer ce phénomène et surtout exploiter ces milliers de places vacantes, de jeunes entreprises les proposent aux automobilistes à l'heure, à la semaine ou au mois, par l'entremise d'un partenariat avec les propriétaires des stationnements et moyennant argent sonnant et trébuchant. Tout le monde semble y trouver son compte.

L'idée séduit beaucoup le CRE de Montréal. «Il y a beaucoup d'espaces à gagner, plutôt que d'avoir des îlots de chaleur», dit M. Gravel.

Le message délivré aux automobilistes doit cependant consister à leur dire qu'ils vont trouver plus facilement une place de stationnement, mais surtout pas qu'ils vont avoir une place en tout temps, gratuitement. «Le stationnement gratuit est sur le point de disparaître dans les quartiers centraux», rappelle Félix Gravel.

Contrairement à Paris, l'offre de stationnement partagé est quasiment inexistante à Montréal. Seule Venueparking propose un système de réservation d'une place dans un stationnement appartenant à des gestionnaires comme Vinci ou Impark. L'hôtel Sofitel, le CHUM Hôtel-Dieu et le Complexe Desjardins sont les rares entreprises et administrations à y participer pour l'instant.

Les 29 stationnements partenaires de Venueparking représentent une offre d'environ 2000 places disponibles par jour.

«On est présent sur divers sites de billetterie, ça va de pair avec un spectacle. Les places sont parfois réservées et prépayées des mois à l'avance», précise Dominic Chartrand, fondateur de Venueparking.

À Paris, certains vont dorénavant plus loin dans le partage de stationnement: la location de place entre particuliers. La société Parkadom permet ainsi au propriétaire d'un garage de louer cet espace de stationnement à n'importe quel automobiliste le temps d'une heure ou d'un après-midi.

Vous avez une place à partager dans votre cour?

En chiffres

4 millions

On estime entre 2,4 et 4 millions le nombre de places de stationnement à Montréal.

8 %

Selon le Conseil régional de l'environnement de Montréal, les stationnements occuperaient 8 % de la superficie de l'île.