La grande majorité des femmes déteste faire réparer leur auto chez le garagiste parce qu'elles trouvent que le processus n'est pas assez transparent et qu'elles finissent souvent par payer trop cher. Les hommes n'aiment pas ça non plus, pour exactement les mêmes raisons. Mais le niveau d'insatisfaction des conductrices est spectaculairement élevé: si on leur donnait le choix, elles aimeraient mieux aller faire réparer leurs dents chez le dentiste que de faire réparer leur auto chez le garagiste.

Denis Arcand LA PRESSE

Dans un sondage fait en mai aux États-Unis, on a demandé à 2400 répondants de classer cinq activités selon qu'ils les trouvaient plaisantes ou moins plaisantes: faire réparer l'auto au garage (ou chez le concessionnaire); acheter une auto; aller chez le dentiste; magasiner des billets d'avion en ligne; et magasiner de la musique ou des livres en ligne. Les femmes ont répondu qu'aller chez le garagiste faire réparer l'auto était la pire activité du choix offert par le sondage, plus déplaisante encore qu'aller chez le dentiste.

Les hommes, eux, ont mis le dentiste au bas de la liste, mais les mécaniciens et garagistes n'ont pas à pavoiser: les hommes ont indiqué que le garage est à peine moins déplaisant que le fauteuil inclinable du dentiste.

Il faut savoir que le sondage a été commandé par AutoMD, une entreprise internet qui offre des conseils en mécanique aux consommateurs ordinaires. L'échantillon (2400 répondants) est très correct, mais le choix des autres activités de la liste a l'air fait pour générer la réponse souhaitée. Acheter de la musique en ligne n'est pas si déplaisant. Si on avait mis: «se faire enlever une pierre de rein par urétroscopie», peut-être que les dentistes auraient été moins écorchés.

La mauvaise réputation des mécaniciens

Malgré ce défaut, le sondage comprend des données intéressantes qui montrent une très grande méfiance des consommateurs envers leur mécanicien. Ainsi, 86 % des répondants (hommes et femmes) ont dit que le processus d'une transaction chez le garagiste (explications, estimé, réparations conformes au devis, etc.) devrait être plus transparent. Par comparaison, les autres sources d'insatisfaction mesurées obtiennent des pourcentages dérisoires: 8 % des répondants trouvent que les réparations devraient se faire plus vite (c'est aussi une autre façon de dire que c'est trop cher); 6 % souhaiteraient que le service à la clientèle soit meilleur.

Mais le chiffre le plus troublant du sondage est celui-ci: 83 % des répondants estiment que leur mécanicien les a roulés au moins une fois en leur chargeant trop cher pour des réparations.

La communauté mécanicienne devrait pourtant se consoler un peu: leur réputation s'améliore un peu. Cette perception de malhonnêteté était de 88 % en 2010 et de 85 % en 2012.

Cette amélioration lente mais constante est peut-être due à l'internet, qui permet à des gens ordinaires de se renseigner au moins sur les grandes lignes d'un problème mécanique. Sur l'internet, on peut taper les symptômes et obtenir au moins une idée de la partie mécanique où se trouve probablement l'avarie, et de la réparation probable.

Ce n'est pas infaillible, loin de là, mais c'est mieux que rien: un consommateur qui va au garage avec une vitre électrique défectueuse et qui comprend un peu comment ça marche a moins de risque de se retrouver avec une facture pour un système d'échappement changé au complet. Cet exemple est une caricature, mais vous voyez l'idée.

Par ailleurs, le taux de méfiance baisse peut-être aussi parce que, justement, aller sur l'internet se renseigner a l'effet de rendre le processus plus transparent. Un consommateur qui comprend les grandes lignes de ce que son mécanicien lui explique aura moins tendance à se sentir floué.