Or, toute cette distance, M. Kramer l'a franchie en s'arrêtant aux stations-service un peu plus de deux fois par mois, roulant 1700 kilomètres entre chaque plein. Une performance qu'il qualifie de «correcte», sans plus.

Nicolas Bérubé

Or, toute cette distance, M. Kramer l'a franchie en s'arrêtant aux stations-service un peu plus de deux fois par mois, roulant 1700 kilomètres entre chaque plein. Une performance qu'il qualifie de «correcte», sans plus.

«C'est parce que je roulais souvent sur l'autoroute, et que je roulais plutôt vite, dit-il. Si je m'étais déplacé uniquement en ville, je n'aurais pas eu à faire le plein du tout - pas une seule fois.»

Sa voiture hybride est certes peu gourmande. Mais elle n'explique pas, à elle seule, une telle économie d'essence, qui bat de loin celle de n'importe quelle voiture commercialisée en 2007.

Le secret est situé dans le coffre : une batterie au lithium a été ajoutée dans un espace situé sous un double fond.

La perte d'espace est minimale, mais le changement est radical. En branchant la batterie chaque soir à une rallonge ordinaire de 110 volts, la voiture se recharge et bénéficie ensuite d'une autonomie de 60 kilomètres avec le moteur électrique. Lorsque la vitesse du véhicule dépasse 65 km/h, le moteur à combustion vient épauler le moteur électrique, sans que le conducteur n'ait à faire quoi que ce soit.

«Tout ce que nous faisons, c'est de prendre une voiture hybride ordinaire et de lui ajouter une batterie qui se recharge pendant la nuit. La voiture devient une super-hybride», explique M. Kramer, spécialiste du marketing et fondateur de la California Cars Initiative, mouvement sans but lucratif formé d'experts et d'environnementalistes qui veulent rendre les voitures «vertes» commercialement viables.

L'utilisation d'une voiture hybride rechargeable est peu onéreuse. Il en coûte de 1 à 2 cents par kilomètre pour la faire rouler, contre 6 à 12 cents pour un véhicule ordinaire. Cette économie vient du fait que l'électricité est beaucoup moins chère que le pétrole.

Ces voitures hybrides rechargeables, des PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) dans le jargon de l'industrie, ne sont pas encore commercialisées. On en compte environ une vingtaine aux États-Unis.

Il en coûte actuellement 10 000 $ pour transformer une Toyota Prius en hybride rechargeable. Mais ces coûts seraient réduits à 3000 $ si les manufacturiers produisaient des hybrides rechargeables à la chaîne, évalue M. Kramer, selon qui les hybrides rechargeables bouleverseront le marché d'ici quelques années.

«La quasi-totalité des gens roulent moins de 50 km par jour. C'est donc dire que la plupart des gens qui achèteraient une hybride rechargeable n'auraient pratiquement jamais besoin d'aller acheter de l'essence, sauf lorsqu'ils font de grandes distances. Et le plus fantastique, c'est que c'est faisable dès aujourd'hui.»

Gaz à effet de serre.

En janvier, le président George W. Bush a dit qu'il comptait réduire de 20 % l'usage de l'essence aux États-Unis d'ici 10 ans. Le gouvernement vient également d'obliger les agences fédérales à acheter des hybrides rechargeables lorsqu'elles seront disponibles dans le commerce.

Toyota et Chrysler travaillaient sur des prototypes de voitures hybrides rechargeables. Le mois dernier, le département américain de l'Énergie a annoncé son intention de dépenser 17 millions en recherche afin d'aider à perfectionner les hybrides rechargeables.

Or, les constructeurs de voiture ont été, jusqu'à tout récemment, réticents à se lancer dans la recherche et la production d'hybrides rechargeables, note M. Kramer, qui a roulé jusqu'à Washington l'an dernier pour montrer sa voiture à des sénateurs, et leur permettre de l'essayer.

«Les constructeurs croient que les consommateurs ne sont pas prêts à se donner la peine de brancher leur voiture chaque soir. Or, nous croyons que c'est faux. Demandez autour de vous si les gens sont prêts à brancher leur voiture pour ne plus payer d'essence, et vous verrez! Tout le monde est intéressé. On n'a pas besoin d'expliquer ça aux gens pendant des heures. En 10 secondes, ils ont compris. Et ils en veulent une.»

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135 000 HYBRIDES EN CALIFORNIE

Les voitures hybrides ont la cote en Californie. Plus de 135 000 de ces voitures y sont immatriculées. Le nombre a doublé par rapport à la même date l'an dernier.

Des entreprises privées commencent même à rembourser leurs employés qui décident de s'acheter une hybride. Bank of America ooffr depuis peu unee ristourne de 3000 $ à chaqu employé qui décide de faire l'acquisition d'un tel véhicule.

Depuis août 2006, le gouvernement californien offre même aux propriétaires d'hybrides des laissez-passer leur permettant d'emprunter en tout temps les voies réservées au covoiturage sur l'autoroute. Plus de 85 000 vignettes se sont envolées depuis, incitant les autorités à mettre un frein au programme histoire d'éviter que les voies de covoiturage ne deviennent aussi engorgées que les autres voies. Toutefois, le programme de réduction de taxes à l'achat d'une voiture hybride neuve est toujours en fonction. Ces crédits varient de 1000 $ à 3000 $ selon le modèle choisi.