Qu'est ce qui différencie les véhicules dits multisegments de ceux qu'on appelle, depuis au moins deux décennies, les véhicules utilitaires sport (VUS)? Avant de vous exposer notre théorie sur le sujet, nous sommes allés cogner à la porte des principaux intéressés, les constructeurs, pour connaître leur propre définition.

Jean-François Guay COLLABORATION SPéCIALE

Qu'est ce qui différencie les véhicules dits multisegments de ceux qu'on appelle, depuis au moins deux décennies, les véhicules utilitaires sport (VUS)? Avant de vous exposer notre théorie sur le sujet, nous sommes allés cogner à la porte des principaux intéressés, les constructeurs, pour connaître leur propre définition.

Ford, par exemple, est convaincu qu'à court terme, les multisegments vont remplacer les fourgonnettes. À preuve, le numéro deux américain a annoncé le mois dernier qu'il abandonnait la production de la Freestar au profit du Edge (cinq passagers) et du futur Fairlane (sept passagers). Selon Ford, les consommateurs désirent maintenant conduire un véhicule qui offre à la fois le confort et la maniabilité d'une berline, l'espace de chargement d'un VUS, et la possibilité de choisir entre un rouage à deux ou quatre roues motrices.

Autre détail important, et non le moindre selon Ford, les multisegments sont créés à partir de la plateforme d'une voiture (châssis monocoque), en l'occurrence celle de la Fusion dans le cas du Edge. Ce qui leur permet d'offrir un meilleur comportement routier que les VUS traditionnels, qui doivent souvent composer avec un châssis en échelle haut perché sur des suspensions à long débattement.

Plateforme

On pourrait croire que le débat est clos et que pour être qualifié de multisegment, un véhicule doit utiliser la plateforme d'une berline. C'est faux, selon Honda, dont le récent CR-V possède sa propre plateforme et ne partage plus celle de la Civic. Par ailleurs, Honda brouille davantage les cartes en ne présentant plus le CR-V comme un VUS compact, mais comme un multisegment urbain (alors que l'Element est un utilitaire à vocation particulière).

Panoplie

Ce qui confirme l'opinion de DaimlerChrysler comme quoi il n'existe pas encore de définition précise des multisegments, et que plusieurs constructeurs utilisent à tort ou à raison cette appellation pour plaire aux acheteurs. À ce chapitre, DaimlerChrysler en connaît tous les secrets et propose une panoplie de véhicule multisegments, notamment la Pacifica, la PT Cruiser, les Caliber, Compass et Patriot, la Magnum, les Classe B et Classe R.

Somme toute, il existe, selon DaimlerChrysler, différentes sortes de multisegments, et il faudra tôt ou tard créer des sous-catégories (compact, intermédiaire, grand format, et de luxe) comme les constructeurs (et les journalistes automobiles) l'ont fait avec les VUS.

Notre définition

En attendant, voici ce que le collègue Éric LeFrançois et moi en disons : un multisegment est un véhicule assemblé sur un châssis monocoque, doté d'un hayon (pour l'accès au coffre), dont la garde au sol est plus élevée que celle d'une voiture, qui offre un meilleur champ de vision et qui peut recevoir en option un rouage intégral (permanent ou temporaire) et une troisième rangée de sièges.

Somme toute, on revient à la case départ : c'est un amalgame de voiture, de VUS et de fourgonnette.

Non, on ne s'en sortira jamais!

Devinette

Maintenant, une petite devinette : quel a été le premier multisegment sur le marché? Certains avancent que Toyota a lancé le bal avec le Highlander en 2001. D'autres disent que c'est Subaru, avec la Outback en 1996 (ou le Forester en 1998). Ou serait-ce plutôt Nissan avec le Murano en 2003, ou Chrysler avec la Pacifica en 2004?

De notre côté, nous croyons plutôt que c'est la Eagle d'American Motors qui a ouvert la voie au mélange des genres. Dévoilée en 1980, cette familiale 4X4 avait une garde au sol de huit centimètres plus élevée que la Concord dont elle était dérivée...