(Paris) Le groupe français Renault, qui doit annoncer vendredi un vaste plan d’économies avec des fermetures d’usines, emploie 180 000 salariés à travers le monde et compte 38 sites industriels produisant des véhicules siglés du losange ou de marques rachetées au fil des années.

Mathieu RABECHAULT
Agence France-Presse

En France

C’est là que le groupe aux cinq marques –Renault, Dacia, Lada, Alpine et Renault Samsung Motors (RSM)– compte le plus de sites de production, avec 13 usines d’assemblage, de fonderies, de production de châssis, de moteurs ou de boîtes de vitesses. Elles emploient près de 19 000 salariés sur les 48 000 du groupe dans le pays.

Dans la plus grosse usine, celle de Cléon, en Normandie, plus de 3300 personnes fabriquent des moteurs et des boîtes de vitesses. Suit celle de Douai, où sont assemblés des véhicules haut de gamme (Espace, Talisman) et le monospace familial Scenic, avec près de 3200 salariés.

C’est le site de Flins, en région parisienne, qui a produit le plus de véhicules en 2019. Des chaînes de cette usine, créée en 1952, sont sortis l’an passé 160 110 Clio, Zoe et Micra de son partenaire Nissan. Elle emploie 2640 personnes.

Flins serait selon des informations de presse l’un des sites menacés de fermeture selon un plan de 2 milliards d’euros d’économies qui doit être dévoilé vendredi.

Les autres sont Choisy-le-Roi (région parisienne, 250 salariés), Dieppe (Normandie, où 400 personnes produisent les voitures de sport Alpine) et la Fonderie de Bretagne (près de 400 personnes).

Renault, qui a enregistré en 2019 sa première perte nette en dix ans et a depuis été encore fragilisé par l’épidémie due au coronavirus, n’a pas fermé d’usine sur le territoire français depuis 1992 et la disparition de son usine historique de Boulogne-Billancourt.

La dernière usine du groupe à avoir fermé est celle de Vilvorde (Belgique), en 1997.

L’épidémie a entraîné l’interruption de la production sur tous les sites français le 16 mars. Celle-ci a progressivement repris depuis le 20 avril.

A Sandouville (Normandie), où 1850 salariés produisent notamment des fourgons Trafic, l’usine a dû fermer à nouveau pendant deux semaines après avoir été condamnée pour mesures sanitaires insuffisantes face à la COVID-19.

En Europe

En Europe, son principal marché, Renault est implanté au Portugal et en Espagne, notamment à Palencia (2350 personnes) où le groupe produit des Megane et Kadjar et à Valladolid, où plus de 6200 salariés construisent des moteurs, la petite biplace électrique Twizy et le VUS Captur.

Le constructeur dispose aussi d’un site en Slovénie (2900 personnes pour fabriquer des Clio et des Twingo). En Roumanie, il dispose de sa plus grosse usine européenne, à Mioveni. Racheté en 1999, ce vaste complexe industriel, exploité par sa filiale Dacia, emploie 12 000 personnes. Il produit près de 1300 véhicules par jour, dont des Logan, Sandero et Duster.

En Turquie, Renault exploite avec son partenaire Oyak une usine à Bursa (6650 salariés), d’où sortent Clio et Megane.

Le groupe détient également de solides positions en Russie avec son usine de Moscou (2600 personnes) et celles de sa filiale Avtovaz. Héritée de l’ère soviétique, la gigantesque usine Avtovaz de Togliatti emploie ainsi près de 37 000 personnes et produit les Lada, numéro un du marché russe.

Dans le monde

Le constructeur français exploite également des usines au Maroc (Tanger et Casablanca, 8200 personnes au total), en Algérie (Oran) ou encore en Inde, à Chennai et en Corée du Sud, à Busan, d’où sortent les modèles produits par RSM.

Renault est aussi bien implanté en Amérique latine. Au Brésil, l’usine de Curitiba (5500 personnes) produit différents modèles Renault et Dacia, tout comme celle de Cordoba (Argentine, 2050 personnes). Le site d’Envigado (Colombie) fabrique des Dacia et celui de Los Andes (Chili), des boîtes de vitesses.

En Chine, premier marché automobile mondial, la marque au losange disposait de trois usines, dont une de 2000 personnes à Wuhan, épicentre de l’épidémie liée au coronavirus SARS-CoV-2, exploitée avec son partenaire local Dongfeng. Face à des ventes en berne, Renault a annoncé mi-avril la fin de sa collaboration avec Donfeng.