Révélée en 2008 sous le nom FCX Clarity, cette berline quadrillait jusqu'à tout récemment encore (2014) les rues de Los Angeles pour évaluer la technologie à pile à combustible (à hydrogène) mise au point par Honda. Une quarantaine d'automobilistes - dont l'actrice Jamie Lee Curtis - participaient à ce programme pilote.

Éric LeFrançois LA PRESSE

Après un hiatus de trois ans, Honda revient à la charge et relance la production de la Clarity à pile à combustible. Douze concessionnaires de l'État de la Californie se chargent désormais de sa distribution. Mais derrière l'appellation Clarity s'annonce non plus un, mais trois modèles, dont une hybride rechargeable que Honda nous destine depuis quelques semaines seulement.

Look excentrique, original... un peu déroutant

Ce nouveau modèle, dont on ne comprend pas encore très bien le positionnement ou la raison d'être (une Accord hybride bien que non rechargeable rejoindra la gamme au printemps), va fort probablement donner naissance à une gamme parallèle susceptible de faire concurrence aux Prius (C, V, Prime) de Toyota.

Au Canada, la Honda Clarity, dont le profil évoque une auto dessinée par un enfant de 6 ans, n'envisage pas de devenir un grand succès commercial, y compris au Québec, et ne pourra vraisemblablement séduire que les anticonformistes forcenés. 

Au moins on doit reconnaître que cette curieuse auto a le grand (le seul ?) mérite d'introduire une touche d'excentricité - disons même un petit grain de folie - dans un paysage automobile de plus en plus timoré, voire frappé d'alignement.

La Honda Clarity, avec sa silhouette dont la ligne semble avoir été taillée à la serpe, porte quelque chose de provocateur. Les canons de la beauté classique, elle s'en moque et aime à rappeler que la forme de la carrosserie a davantage été dictée par les données recueillies en soufflerie qu'auprès des stylistes.

La Honda Clarity hybride rechargeable 2018 lors du Salon de l'auto de Los Angeles le 30 novembre 2017. Photo: Reutersi

Contestataire, inorthodoxe... et pratique

À la fois utilitaire (son coffre avale quatre sacs de golf, aime-t-on à rappeler) et anticonformiste, cette contestataire s'affranchit de l'orthodoxie de la voiture lisse, équilibrée, discrètement élégante et aimablement terne.

La Clarity dispose d'autres arguments plus rationnels. L'espace disponible sous pavillon est généreux et les places avant et arrière sont accueillantes. Fractionnable, la banquette permet d'accroître le volume de chargement. 

Les rangements foisonnent et Honda fait, de nouveau, étalage de son (immense) talent dans l'art de maximiser l'espace intérieur. La console à deux étages (une idée reprise de la défunte Buick RendezVous) permet non seulement de dissimuler une tablette électronique des regards indiscrets, mais aussi d'asseoir les plus gros gobelets de café qui soient. 

On regrettera par contre le manque d'audace de l'architecture intérieure de la Clarity. Un habitacle résolument zen, sans doute, mais au dessin assez dépouillé. La découpe des volumes manque d'inspiration, les matériaux sont de qualité très moyenne et la répartition des commandes ne brille pas toujours par son sens de l'ergonomie. 

Heureusement, il y a l'instrumentation de bord et ces halos de lumière qui rappellent si votre conduite est économique ou pas.

L'actrice Jamie Lee Curtis avait participé aux essais en conditions réelles de la FCX Clarity, la précurseure de l'actuelle Honda Clarity. On la voit ici au moment de prendre possession de la voiture le 31 juillet 2008 à Santa Monica, en Californie. Photo: Honda

D'une ennuyante efficacité...

À l'instar de l'Outlander PHEV essayée la semaine dernière, la Clarity appartient à la famille des hybrides rechargeables, dont la principale caractéristique est la possibilité de charger leur batterie en roulant, mais aussi en se branchant, à l'arrêt. Contrairement à la Mitsubishi toutefois, cette Honda n'est entraînée que par ses roues avant (traction) et compte sur une batterie plus puissante (17 kWh) qui lui permet non seulement une autonomie électrique plus importante, mais aussi de bénéficier d'une subvention gouvernementale plus élevée. 

La partie thermique est confiée à un moteur essence atmosphérique de 1,5 L. À lui seul, ce dernier peine à mouvoir la lourde Clarity de sa position statique. En revanche, dès que la « portion » électrique s'en mêle, la Clarity est capable d'étincelles, surtout si le mode Sport est privilégié. 

Quoi qu'il en soit, cette Honda exige, pour que son achat ait un sens, de pouvoir être régulièrement rechargée sur une borne de recharge.

Sur route, le bilan est plus mitigé. Silencieuse, la Clarity relie ses roues avant à une direction qui offre très peu de ressenti et l'on s'étonne aussi du diamètre de braquage de cette berline qui exige parfois que l'on s'y prenne à deux fois plutôt qu'une pour se garer.

Un peu pataude, en fin de compte

Quant au châssis et aux liaisons au sol, ils n'ont rien d'exceptionnel.

Son poids rend la voiture un peu pataude lorsqu'on lui impose de rapides changements d'appui. De gabarit semblable à la Honda Accord, la Clarity offre une expérience de conduite totalement différente.

L'Accord est amusante à conduire et agile. La Clarity, c'est tout le contraire.

Son comportement routier manque cruellement de dynamisme et le sous-virage (tendance du train avant à tirer tout droit dans les virages) survient très tôt. Dans le cas de la Clarity, de telles considérations passent au second plan.

Cette voiture vaut d'abord et surtout pour sa capacité de rouler sans polluer, voire sa joyeuse radicalité.

Mais était-ce vraiment nécessaire de l'habiller d'une carrosserie pareille ?

Trois fleurs, trois tomates

ON AIME 

Habitacle spacieux 

Autonomie électrique rassurante 

Silence de roulement 

ON AIME MOINS 

Véhicule dessiné par des extraterrestres 

Positionnement confus 

Agrément de conduite nul

La facture

Fourchette de prix : de 39 900 $ à 43 900 $ 

Coût des frais de transport et de préparation :  1782,50 $

Subvention gouvernementale : 8000 $

Garantie de base : 36 mois/60 000 km

Autonomie électrique : 75,6 km

Consommation (essence) : 5,6 L/100 km

Chez les concessionnaires : Maintenant

Concurrente : Toyota Prius Prime

Fiche technique

Moteurs électriques : 2 synchrones à aimant permanent

Puissance : 181 ch entre 5000 et 6000 tr/min

Couple : 232 lb-pi entre 0 et 2000 tr/min

Batterie : Li-ion : 17 kWh

Moteur à essence : L4 DACT 1,5 L

Puissance : 103 ch à 5500 tr/min

Couple : 99 lb-pi à 5000 tr/min

Capacité du réservoir de carburant : 26,4 L

Essence recommandée : Ordinaire

Poids : 1832 kg

Mode : Traction

Transmission de série : Aucune (réducteur fixe 1 rapport)

Transmission optionnelle : Aucune

Diamètre de braquage : 11,7 m

Freins (av.-arr.) : Disque-disque

Pneus (av.-arr.) : 235/45R18

Temps de recharge (240 V - 120 V) : 2,5 h - 12 h