• Accueil > 
  • Arts > 
  • Vie de stars 
  • > Kanye West critique le politiquement correct, selon certains observateurs 

Kanye West critique le politiquement correct, selon certains observateurs

Kanye West... (Photo Eduardo Munoz, archives REUTERS)

Agrandir

Kanye West

Photo Eduardo Munoz, archives REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Thomas Urbain
Agence France-Presse
New York

Les récentes saillies pro-Trump de Kanye West et un commentaire sur l'esclavage ont permis au rappeur de se replacer au centre des conversations en suscitant des réactions outrées, mais certains y voient aussi une critique du politiquement correct aux États-Unis.

Il s'était tenu à l'écart des réseaux sociaux durant près d'un an, perdant des millions d'abonnés, mais il aura suffi de quelques tweets pour que son nom se remette à tourner en boucle sur internet.

Il y a d'abord eu cette déclaration à son «frère» Donald Trump et la désormais fameuse photo de lui posant avec une casquette «Make America Great Again», popularisée par la campagne Trump.

La levée de boucliers a été immédiate dans le camp démocrate, tandis qu'une partie des conservateurs, qui l'avaient critiqué par le passé, parfois durement, le saluaient.

Les très rares personnalités du monde de la culture - anti-Trump dans son écrasante majorité - qui se sont risquées à le soutenir, tel Chance the Rapper, ont dû très vite faire marche arrière.

Mardi, la polémique a pris une tournure plus radicale après que le natif d'Atlanta a qualifié l'esclavage de «choix» pour les Afro-Américains.

«On entend parler de l'esclavage qui a duré 400 ans. Pendant 400 ans ? Ça ressemble à un choix», a déclaré le rappeur de 40 ans dans un entretien au site TMZ.

«Je ne serais pas surpris si nos ancêtres étaient mécontents de ces propos mal informés», a notamment commenté, sur Instagram, le réalisateur Spike Lee, lançant un appel à Kanye West: «Réveille-toi !»

Depuis son explosion sur la scène musicale, en 2004 avec l'album The College Dropout, celui qui fut d'abord producteur est un habitué des sorties surprenantes, voire polémiques, qui en ont fait un personnage totalement à part dans la sphère publique, à la communication souvent illisible.

De son attaque contre George Bush en plein direct télévisé en 2005 à son soutien répété à Donald Trump en passant par son intervention impromptue en pleine cérémonie des VMA de la chaîne MTV pour couper la parole à Taylor Swift, Kanye West s'est acquis l'image d'un trublion, génial, mais mégalomane et incontrôlable.

Quand Kanye «essaye d'être libre»

Certains voient dans ce nouveau tourbillon médiatique une belle opération de communication, avant la sortie de son nouvel album le 1er juin. D'autres questionnent sa santé mentale, faisant un lien avec son hospitalisation, fin 2016.

Mais d'autres encore y voient un questionnement légitime de la société américaine actuelle, même s'ils reconnaissent des ratés.

«Pour moi, les propos sur l'esclavage étaient un raté», estime Jeffrey McCune, professeur d'études afro-américaines à l'université Washington à St. Louis, qui a donné un cours sur Kanye West et prépare un livre sur lui.

«C'était un moment bizarre dans cette interview», ajoute-t-il, tout en condamnant cette qualification de l'esclavage. «C'était déconnecté» du reste de ses propos.

Mais pour lui, il faut prendre la totalité de ses dernières déclarations, dans lesquelles le rappeur «suggère qu'il y a un état d'esclavage mental qui empêche les gens de penser librement», selon Jeffrey McCune.

Un ensemble de normes et de valeurs établies qui «font que les Noirs doivent être une chose», dit-il. «Comme s'il y avait une seule façon d'être noir.»

«Kanye West est noir, ce qui signifie qu'il doit être de gauche», a commenté le jeune animateur conservateur Ben Shapiro, star montante avec son podcast quotidien et son site The Daily Wire.

«Si vous êtes noir et que vous n'êtes pas de gauche, vous n'êtes plus vraiment une personne noire», a-t-il lancé, mentionnant les noms du magistrat de la Cour suprême Clarence Thomas ou de l'ancienne secrétaire d'État Condoleezza Rice.

Kanye West «revient et essaye d'être le plus franc possible publiquement», observe Jeffrey McCune, le comparant à un «fugitif qui essaye d'être libre», démarche rendue difficile par «cette culture de la technologie, des réseaux sociaux et des petites phrases».

«Nous prenons de petits ratés pour en faire un virage dans la carrière d'un artiste de génie», regrette-t-il.

«Pour être clair, bien sûr que je sais que les esclaves n'ont pas été enchaînés et mis sur un bateau de leur plein gré», a tweeté mardi Kanye West, en réaction à la polémique.

La raison pour laquelle il a dit avoir présenté le sujet de la sorte est «parce que nous ne pouvons pas être emprisonnés mentalement pour les 400 prochaines années. Nous avons besoin d'une pensée libre maintenant.»




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite: 1600147:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer