Faute de temps, Claude Poissant n’a pas touché à l’écriture théâtrale depuis près de 20 ans. Il a toutefois décidé de reprendre la plume lorsque lui est venue cette envie de monter La métamorphose, un texte qui le fascinait depuis longtemps.

Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Dans le grand classique de l’écrivain Franz Kafka, l’action se déroule à Prague, au début du XXsiècle. Le personnage principal, Gregor Samsa, se réveille un matin transformé en monstrueux insecte. Autour de lui, sa famille et ses proches doivent composer avec cette situation qui bouscule tous leurs repères.

Le prolifique metteur en scène et directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier a plutôt choisi de planter ce « récit surréaliste » dans le Montréal du début des années 1960, à l’aube de la Révolution tranquille.

« C’est une période où j’étais ce petit gars qui observait sa famille et les adultes autour de lui. Duplessis venait de partir… J’ai eu envie de voir comment ça se traduisait dans La métamorphose. Le père est moins autocrate que dans le texte original, la mère aspire davantage à se libérer des contraintes de l’époque, la sœur s’émancipe par l’art. Mais Gregor, lui, reste un personnage intemporel. »

L’intérêt du texte repose aussi sur la façon dont les autres refusent ce qui leur est étranger. En prenant position, ils vont se transformer eux-mêmes…

Claude Poissant, metteur en scène

« Les portes d’entrée sont multiples dans ce texte, poursuit le metteur en scène. J’ai essayé de mieux comprendre la révolte de Gregor. Est-ce son choix d’aller vers le changement ? Ressent-il un sentiment de libération ? Quelles sont tes joies lorsque tu te retrouves comme lui enfermé, confiné ? »

L’utilisation du mot « confiné » n’est pas anodine, Claude Poissant en est conscient. La pandémie a sans conteste ajouté une nouvelle couche de sens au texte, même si le dramaturge n’a pas voulu « pandémiser l’œuvre ». La pièce ne pouvait pas être présentée à un meilleur moment, croit-il. « Quel heureux hasard ! Aujourd’hui, la peur de l’autre est à 2 m seulement… »

Expérience unique

Par ses multiples interprétations et l’universalité du propos de Kafka, La métamorphose « peut s’immiscer de façon intime dans chaque spectateur, estime Claude Poissant. Ce spectacle possède une signification plus vaste que la seule métaphore du Québec qui se retrouve à une période charnière de son histoire. » Ce n’est pas pour rien que le décor (signé Pierre-Étienne Locas) est asymétrique, dit-il : les spectateurs ne vivront pas la même expérience s’ils sont assis côté cour ou côté jardin… « Chacun aura son moment de solitude avec cette version du texte de Kafka. »

Pour porter sur scène ce récit mythique, il a confié le rôle principal à Alex Bergeron, un acteur peu connu – « un étranger en quelque sorte, ce qui me plaît plutôt bien » – qui a notamment collaboré avec le chorégraphe Frédérick Gravel. « Alex est un acteur très physique, un passionné de littérature. Il a su magnifier ce que je lui proposais. Et il a tout lu sur Kafka ! »

La pièce est présentée au Théâtre Denise-Pelletier du 22 septembre au 16 octobre.

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Stations

PHOTO ANDRÉ CORNELLIER, FOURNIE PAR L’USINE C

Louise Lecavalier livre un solo flamboyant dans Stations.

Déjà présenté à guichets fermés lors du dernier Festival TransAmériques (FTA), le spectacle Stations de Louise Lecavalier revient à l’Usine C pour six représentations. Seule sur scène pendant 60 minutes, la célèbre interprète et chorégraphe joue habilement avec les notions d’équilibre et de déséquilibre dans une série de tableaux flamboyants. Le spectacle a ravi les critiques, dont le collègue Luc Boulanger, pour qui la danseuse est en « état de grâce ». Une occasion de (re)voir celle que plusieurs considèrent comme un trésor national.

À l’Usine C, du 17 au 25 septembre

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Rêve et folie

PHOTO ANGELO BARSETTI, FOURNIE PAR LE FIL

Sébastien Ricard incarnera sur scène le poète Georg Trakl.

La metteure en scène Brigitte Haentjens retrouve son grand complice Sébastien Ricard dans un tout nouveau spectacle consacré au poète Georg Trakl, présenté dans le cadre du FIL (Festival international de littérature). Ce poète expressionniste austro-hongrois est mort à l’âge de 27 ans, d’une surdose de cocaïne, alors qu’il se trouvait sur un des fronts les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale. Cet homme torturé a laissé derrière lui une œuvre hors norme, dont le sombre poème Rêve et folie qui donne son nom à ce spectacle alliant musique, vidéo et théâtre.

À la Cinquième Salle de la Place des Arts, du 25 au 27 septembre

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La fin de l’homme rouge

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Catherine De Léan dirige la lecture publique inspirée des écrits de Svetlana Alexievitch.

Aussi présentée dans le cadre du FIL, La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement s’attarde aux années qui ont suivi la chute du mur de Berlin en 1989 et la dissolution de l’URSS, deux années plus tard. Inspirée des écrits de la journaliste ukrainienne Svetlana Alexievitch, qui a recueilli des centaines de témoignages sur des décennies, cette lecture publique dirigée par Catherine De Léan donne la parole à quatre héros ordinaires de la grande histoire soviétique. Avec Paul Ahmarani, Larissa Corriveau, Benoît Mauffette et Dominique Quesnel.

Au Théâtre Prospero, les 28 et 29 septembre

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Mythologie

PHOTO JULIE ARTACHO, FOURNIE PAR LA LICORNE

Sarianne Cormier

La salle intime du Théâtre La Licorne accueille à compter du 27 septembre une création intitulée Mythologie signée Sarianne Cormier. Il s’agit d’un premier solo pour l’artiste qui porte ici les casquettes d’autrice, metteure en scène et interprète. Dans cette autofiction alliant théâtre et cinéma, Sarianne Cormier raconte comment sa mère a quitté la demeure familiale à 54 ans, laissant comme héritage à sa fille adulte une valise contenant une robe, des souliers et un manuel de couture. Trois objets pour raconter l’histoire d’une vie et s’interroger sur les choix qui façonnent une existence…

À la Petite Licorne, du 27 septembre au 16 octobre

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