L’œuvre théâtrale de Carole Fréchette a été traduite en 20 langues. Ses pièces ont été jouées dans toute la francophonie, mais aussi au Liban, au Japon, en Amérique latine, au Moyen-Orient… Or, cela fait dix ans qu’elle n’avait pas créé de nouvelle pièce. La présentation de Nassara, ce mardi soir au Théâtre d’Aujourd’hui, est donc un évènement.

Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse
Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Carole Fréchette a eu l’idée de Nassara en 2014, après un séjour à Ouagadougou, en Afrique, à l’invitation du Théâtre des Récréâtrales, qui coproduit la pièce avec le Théâtre d’Aujourd’hui. Nassara veut dire « le Blanc, la Blanche » en mooré, la langue principale parlée au Burkina Faso.

« Quand on est une femme blanche et qu’on se promène dans les rues de Ouagadougou, il arrive souvent que des enfants scandent ce mot en nous voyant, puis courent vers nous pour nous serrer la main. Ce que j’ai ressenti au contact des enfants a été le point de départ de ma pièce », raconte Carole Fréchette en entrevue.

Au début, l’auteure voulait écrire un monologue. Elle a mis en scène une Québécoise qui participe à un colloque international en Afrique, et qui a du mal à trouver sa juste place. (Ce rôle a été confié à Marie-Thérèse Fortin ; la production dirigée par Sophie Cadieux met aussi en vedette Stephie Mazunya et Moussa Sidibé.)

En cours d’écriture, un deuxième personnage est apparu sur la page blanche : Ali, un Africain de 18 ans, rongé par la colère, armé d’une kalachnikov, et qui trouve dans la violence un exutoire à sa rage.

Mon moteur pour écrire, ce n’est pas la colère. Je ne fais pas un théâtre de la révolte ni de l’indignation. Ça ne veut pas dire que je ne ressens jamais de colère ou que rien ne m’indigne dans le monde. Ce n’est pas mon souffle principal.

Carole Fréchette

Carole Fréchette nous dit qu’elle a trouvé difficile d’intégrer ce personnage africain dans sa pièce. Or, il revenait sans cesse et elle ne pouvait le rayer. « Je me suis posé des questions sur ma légitimité. Je ne voulais pas faire semblant de connaître cette culture qui est loin de moi, qu’on m’accuse d’appropriation culturelle… Il fallait trouver ma juste place dans le récit. »

Finalement, le recours à une voix extérieure, une narratrice, lui a permis de s’approcher de la réalité du jeune Africain. « Ali bouillonne de l’intérieur. Il pense qu’avec une arme, il pourra enfin exprimer sa détresse, son désarroi. Il est lié à cet objet de mort qu’il tient dans ses mains », dit-elle.

Au final, l’auteure de Small Talk estime montrer sa perception d’une étrangère, son point de vue « honnête et sincère ». « Au fond, avec mes pièces, comme tout auteur, je veux essayer de toucher à une parcelle d’humanité. Ali se sent impuissant. Et il a besoin de parler, d’exprimer son impuissance. En cela, je peux m’identifier à lui. »

Nassara est à l’affiche au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 25 septembre.

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Adieu Monsieur Haffmann

PHOTO JEAN-FRANÇOIS HAMELIN, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU RIDEAU VERT

La pièce Adieu Monsieur Haffmann est présentée au Théâtre du Rideau Vert.

Ce texte de Jean-Philippe Daguerre, plusieurs fois primé aux prix Molière en France, s’attarde au destin d’un bijoutier juif dans un Paris sous l’occupation allemande. Obligé de céder sa bijouterie à un employé, Joseph Haffmann (Ariel Ifergan) devra se cacher dans la cave du commerce pour sauver sa peau. Un geste qui ne sera pas sans conséquence : la privation et la promiscuité peuvent parfois engendrer le meilleur comme le pire… Une pièce pour cinq comédiens, mise en scène par Denise Filiatrault.

Au Théâtre du Rideau Vert, du 7 septembre au 16 octobre.

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Qui veut la peau d’Antigone ?

PHOTO JÉRÉMIE BATTAGLIA, FOURNIE PAR ESPACE LIBRE

Philippe Racine (en haut à gauche), Tatiana Zinga Botao et Lyndz Dantiste se succéderont sur scène dans Qui veut la peau d’Antigone ?

À compter de ce mardi, la compagnie de théâtre La Sentinelle s’attaque au mythe d’Antigone avec cette pièce-monologue inspirée des écrits de Brecht, Sophocle et Anouilh. Chaque semaine, un interprète différent, mais toujours issu de la communauté afrodescendante, viendra raconter sur scène l’histoire de cette femme luttant pour donner une sépulture à son frère. Se succéderont ainsi sur les planches Tatiana Zinga Botao, Lyndz Dantiste et Philippe Racine.

À Espace Libre, du 7 au 25 septembre.

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Océans

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Le comédien et auteur James Hyndman

Le comédien et auteur James Hyndman retrouve sa grande complice Évelyne de la Chenelière pour une lecture publique de son premier roman, intitulé Océans. Ce grand amoureux de la littérature y aborde notamment le sujet de la solitude, mais s’attarde aussi au pouvoir des mots : ceux que l’on se murmure en secret comme ceux qu’on lance pour tenter de se relier à l’autre.

Au Quat’Sous, les 8, 9 et 10 septembre.

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Fairfly

PHOTO SUZANE O’NEILL, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE LA LICORNE

La distribution de la pièce Fairfly

Après avoir été présentée en webdiffusion à l’automne 2020, cette pièce signée par le Catalan Joan Yago García débarque sur les planches de la Licorne. On y découvre quatre jeunes ambitieux qui décident de lancer une entreprise spécialisée dans la nourriture pour bébés faite à partir de larves de mouches. Leur amitié et leurs idéaux résisteront-ils à l’aventure ? Un texte mis en scène par Ricard Soler Mallol, avec Mikhaïl Ahooja, Sonia Cordeau, Raphaëlle Lalande et Simon Labelle-Ouimet (en remplacement de Simon Lacroix).

À La Licorne, du 7 septembre au 9 octobre.

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Seeker

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le comédien David Boutin

Campée en 2250 au Colorado, la pièce Seeker, signée par Marie-Claude Verdier, raconte l’histoire de Lomond (David Boutin), un homme capable de voir et de ressentir les souvenirs des autres. Recruté par l’armée, il devra réussir une mission complexe qui pourrait avoir des conséquences sur l’humanité entière. Pour y arriver, il lui faudra confronter son ex-femme, interprétée par Madeleine Péloquin. Ce conte philosophique futuriste est mis en scène par Justin Laramée.

À la Salle Jean-Claude-Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du 14 septembre au 2 octobre.

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