Tous les mardis, La Presse présente les actualités de la semaine dans le monde du théâtre à Montréal et au Québec. Premières, coups de cœur, spectacles en tournée et pièces à voir. La scène se passe ici et maintenant.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

En vedette : Danse mutante

À l’Agora de la danse (édifice Wilder) jusqu’au 21 septembre

Quatre chorégraphes. Une création « à relais » Montréal–New York–Bamako–Pays-Bas étalée sur un an. Mêmes interprètes (Francis Ducharme et Riley Sims), même période de création (trois semaines), même durée finale. Voilà le projet, à la fois sprint et marathon, qu’a lancé la chorégraphe Mélanie Demers avec Danse mutante, dont la première est ce soir, en ouverture de saison de l’Agora de la danse.

Mais pourquoi donner son « bébé » à d’autres chorégraphes ? Car c’est exactement ce que Mélanie Demers a fait avec son duo Cantique : trois chorégraphes (Anne Liv Young, Kettly Noël, Ann Van den Broek) ont ainsi imaginé chacune leur pièce en s’inspirant de la variation précédente. Une sorte de téléphone arabe créatif, quoi.

« Je suis vraiment intéressée par les différentes perspectives sur le monde. J’ai voulu ouvrir l’œuvre chorégraphique dans un monde où les frontières se referment, mais où les idées voyagent de plus en plus », répond la chorégraphe.

Ça, c’est la théorie. En pratique, l’expérience a été remplie de défis pour les interprètes, qui devaient chaque fois s’ajuster à un nouveau chorégraphe, une nouvelle esthétique, un nouveau pays, mais aussi pour Mélanie Demers, qui parle même d’une certaine « violence ». Violence de voir son travail « détruit » de façons auxquelles elle ne s’attendait pas, mais aussi celle de la perte de contrôle, alors que ce sont les interprètes qui se sont retrouvés avec tout le « savoir » créatif.

Résultat : un ovni créatif de deux heures trente qui s’annonce vertigineux et intense, où les interprètes demeurent sur scène durant l’entièreté du spectacle.

Os — La montagne blanche

À la salle de répétition de La Licorne du 18 au 20 septembre

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Steve Gagnon dans Os – La montagne blanche

Créé (avec succès) à La Petite Licorne en 2017, ce spectacle mis en scène par Denis Bernard revient pour trois soirs seulement, cette fois dans la salle de répétition du théâtre de l’avenue Papineau. Accompagné par la musique en direct de Guillaume Bourque et de Chloé Lacasse, l’acteur et dramaturge Steve Gagnon y incarne un jeune archéologue plongé en pleine crise existentielle après la mort de sa mère. Ce dernier a d’ailleurs obtenu en 2018 le prix Marcel-Dubé pour ce monologue inspiré du slam et du spoken word. À noter : les spectateurs qui assisteront à ces représentations seront debout.

Lentement la beauté

À La Bordée du 17 septembre au 12 octobre

PHOTO NICOLA-FRANK VACHON, FOURNIE PAR LA BORDÉE

Lentement la beauté

Un fonctionnaire habité par un mal-être qu’il peine à définir remporte deux billets pour assister à la pièce Les trois sœurs, de Tchekhov. Son existence en sera à jamais bouleversée. Cette ode au théâtre a reçu quantité de commentaires élogieux depuis sa création, il y a plus de 15 ans, remportant notamment le Masque de la meilleure production de Québec en 2004. Acclamée ici mais aussi en Ontario et au Nouveau-Brunswick, la pièce, écrite et mise en scène par Michel Nadeau, est présentée en ouverture de saison au théâtre La Bordée, à Québec. Pour se rappeler que l’art peut parfois aider à vivre…

Le marteau et la faucille

À l’Usine C, les 24 et 25 septembre

PHOTO SIMON GOSSELIN, FOURNIE PAR L’USINE C

Joseph Drouet dans Le marteau et la faucille

Le metteur en scène Julien Gosselin s’est fait connaître en France (et au Québec, en 2014, lors du FTA) en adaptant pour la scène Les particules élémentaires, de Michel Houellebecq. Il est de retour pour deux soirs à l’Usine C avec ce nouveau spectacle inspiré d’une nouvelle du géant de la littérature américaine Don DeLillo. Véritable charge contre le capitalisme financier, Le marteau et la faucille s’attarde au parcours d’un ex-courtier aujourd’hui emprisonné dans un établissement pour cols blancs. Un solo interprété par Joseph Drouet et présenté en première canadienne à l’Usine C.

Le miel est plus doux que le sang

Au Périscope du 17 septembre au 5 octobre

PHOTO NICOLA-FRANK VACHON, FOURNIE PAR LE PÉRISCOPE

Le miel est plus doux que le sang

Dans le Madrid des années 20, trois étudiants se lient d’amitié. Leurs noms : Salvador Dalí, Luis Buñuel, Federico García Lorca. Ensemble, le futur peintre, le futur cinéaste et le futur poète feront la rencontre d’une chanteuse de cabaret qui leur apprendra l’art de la dissidence. En imaginant ainsi la rencontre de ces grands artistes espagnols du XXe siècle — devenus tous trois des figures incontournables du surréalisme —, Simone Chartrand et Philippe Soldevila ont signé, il y a 25 ans, un des textes les plus connus du théâtre Sortie de secours. Toujours mené par Philippe Soldevila à la mise en scène, le spectacle est repris, cette fois au Périscope de Québec.

Le cercle de craie caucasien

Au Trident du 17 septembre au 12 octobre

PHOTO STÉPHANE BOURGEOIS, FOURNIE PAR LE TRIDENT

Anne-Marie Côté dans Le cercle de craie caucasien

Toujours à Québec, le Trident ouvre sa saison avec ce grand classique signé Bertolt Brecht. En pleine révolution, Groucha, interprétée par Anne-Marie Côté, prend sous son aile un bébé qui n’est pas le sien et vivra avec lui une véritable épopée, entre lumière et obscurité. Un texte immense sur la responsabilité qui incombe à chaque humain vivant en société, mis en scène par Olivier Normand.