Jean Barbeau, auteur de comédies à succès au théâtre, qui utilisait le joual et le parler populaire québécois avec humour et intelligence, s’est éteint jeudi à l’âge de 74 ans. Il avait connu la popularité à travers la province, dans les années 70 et 80, avec des œuvres souvent reprises dans les théâtres d’été, par des troupes amateurs et dans les écoles.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

« Grande tristesse » a écrit Michel Tremblay sur Facebook, en apprenant la nouvelle jeudi matin. « La découverte, en 1970, d’un auteur, d’un lieu à Québec, le Chantauteuil, de deux pièces, Le chemin de Lacroix et Goglu, d’une actrice, la merveilleuse Dorothée Berryman, de deux superbes acteurs, Marc Legault et Raymond Bouchard », ajoute le dramaturge

Jean Barbeau était surtout connu pour son traitement humoristique du joual, le parler populaire du Québec, avec des pièces comme Manon Lastcall, écrit-on dans l’Encyclopédie canadienne. Sa comédie Joualez-moi d’amour « illustre avec brio la dichotomie linguistique et culturelle qui existe au Québec ».

PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE

Michel Côté dans Ben-Ur de Jean Barbeau, en 1972

Ben-Ur a été un succès sur scène et aussi en librairie : la pièce a été vendue à plus de 35 000 exemplaires. Les Gars, produite au Théâtre Jean-Duceppe, puis Citrouille, créée en 1975, dans une mise en scène de Jean-Louis Roux, au TNM, ont aussi une charge sociale. Citrouille dénonce le sexisme, le machisme et les préjugés envers les femmes.

Depuis 30 ans, l’homme s’est montré très discret. L’auteur a cessé d’écrire pour le théâtre en 1989.