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Cantate de guerre: mots justes et mots de trop

Larry Tremblay remporte l'un des paris qu'il s'était... (Photo  fournie par la production)

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Larry Tremblay remporte l'un des paris qu'il s'était lancés en écrivant Cantate de guerre: faire ressentir l'intolérance et la violence à travers les mots seulement.

Photo fournie par la production

De la haine naît la violence. Physique. D'où vient la haine? Des gestes, mais aussi des mots, constate Larry Tremblay. Sa pièce Cantate de guerre parle d'ailleurs de la guerre sans en montrer l'horreur. Seulement en l'évoquant avec des mots choisis. Des mots durs, des mots sales, des mots qui bavent et qui saignent.

Sur scène, un homme (Paul Ahmarani), qui est aussi un père. Un milicien fier de sa race, sans doute pas un militaire de carrière, entouré d'une petite compagnie (Abdelghafour Elaaziz, Frédéric Lavallée, Mathieu Lepage, Philippe Racine et Denis Roy). Ces cinq soldats forment un choeur qui, comme dans la tragédie grecque, appuie ou commente les paroles et les gestes du «chef».

L'Autre, l'ennemi, est assis dans la salle et c'est face au public que le personnage de Paul Ahmarani déverse une haine viscérale qui l'épuise et dont il semble avoir oublié la source. Cantate de guerre compte peu de dialogue. Son texte, rythmé et ciselé, raconte une guerre qui pourrait être n'importe laquelle. Une compagnie qui débarque et tue un homme et sa femme devant leur enfant, ce n'est que la routine... Or, confronté à ce garçon de sept ans, le chef de la compagnie sent soudain peser sur lui le regard de son propre fils (Mikhaïl Ahooja). Qui le juge. Qui ne veut peut-être pas porter à son tour le poids de la haine.

Larry Tremblay remporte l'un des paris qu'il s'était lancés en écrivant Cantate de guerre: faire sentir l'intolérance et la violence à travers les mots seulement. Sous la direction habile de Martine Beaulne, ils font naître des images enfouies en nous et frappent de plein fouet. Dans la bouche de Paul Ahmarani, stupéfiant d'humanité dans ce rôle odieux, ils sonnent parfois carrément comme les coups de poing que son personnage assène à une femme de l'autre camp.

Mais cette envie de dire la haine incite aussi le texte à... trop en dire, justement. Cantate de guerre n'est pas une partition franchement bavarde, simplement, elle se refuse un certain silence, un certain non-dit où l'émotion aurait pu trouver un espace où se loger. L'oeuvre possède néanmoins une puissance trouble, distante, mais dévastatrice, que la distribution hétérogène et la mise en scène très physique de Martine Beaulne contribuent à sortir de l'exercice de style.

Jusqu'au 15 octobre au Théâtre d'Aujourd'hui.




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