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Le bruit des os qui craquent : cauchemar d'Afrique

Dans Le bruit des os qui craquent, Lise... (Photo: François-Xavier Gaudreault)

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Dans Le bruit des os qui craquent, Lise Roy interprète une infirmière qui, devant une commission internationale, témoigne sur le sort cruel réservé aux enfants-soldats.

Photo: François-Xavier Gaudreault

En pénétrant dans le foyer du Théâtre d'Aujourd'hui, on comprend immédiatement qu'il ne s'agit pas d'une soirée habituelle au théâtre. Un stand d'Amnistie internationale nous invite à manifester notre soutien à la cause des enfants-soldats. Il y a une gravité dans l'air. La certitude que le spectacle qui nous sera livré n'est pas que divertissement léger...

C'est dans cet état d'esprit que nous accueillons le texte de Suzanne Lebeau. Une fable qui esquisse le destin d'Elikia, gamine de 13 ans recrutée pour tuer, qui nous raconte comment elle a été arrachée à sa famille pour devenir actrice de combats sanglants.

Émilie Dionne campe ici un personnage d'ado militaire, autant victime que bourreau. Vêtue de vêtements de camouflage, les cheveux en broussaille et portant sur ses frêles épaules un lourd passé de combats sanglants, Elikia décrit dans le détail les horreurs subies par elle et ses pairs. Alternativement, nous entendons le plaidoyer d'une infirmière (juste, Lise Roy), qui devant une commission internationale témoigne sur le sort cruel réservé aux enfants soldats.

Suzanne Lebeau emploie une langue tranchée, directe, descriptive, pour ce récit qui d'abord était destiné à un jeune public. La scénographie, avec le recours aux ombres et aux effets lumineux, pour recréer une inquiétante nuit en brousse, rappelle l'appartenance du Carrousel à un théâtre destiné aux jeunes. Même chose pour la construction du récit, qui se trame autour de deux personnages parallèles qui jamais ne s'adresseront la parole.

Suzanne Lebeau a tissé ce cauchemar africain avec coeur et conviction. Il s'agit d'un théâtre engagé, frontal, urgent. C'est peut-être là que réside son principal défaut : celui d'expliquer en toutes lettres au spectateur, le message qu'il veut lui transmettre. Cela manque de nuances, de non-dits, de réalisme.

L'histoire qui nous est racontée est bouleversante, déplorable, cruelle. N'étant point contre la vertu, on ne sort pas du Bruit des os qui craquent indifférent. Seulement, on ne parvient jamais vraiment à sympathiser avec les personnages sur scène, parce qu'ils sont trop loin de nous, par leur langue, leur ton, leur récit. Parce qu'ils déclament, plus qu'ils se confient, le récit de leur cauchemar. Pas facile, de faire rencontrer l'Afrique et l'Occident. Suzanne Lebeau a tenté l'impossible, motivée par un puissant désir de décrier le sort des enfants soldats. Sa mission était noble. Mais les meilleures intentions ne font pas toujours le meilleur théâtre.

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Le bruit des os qui craquent, de Suzanne Lebeau, dans une mise en scène de Gervais Gaudreault, jusqu'au 25 avril au Théâtre d'Aujourd'hui.

 




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