Lupin, la série française inspirée par le personnage créé par Maurice Leblanc, revient avec cinq nouveaux épisodes à compter de ce vendredi sur Netflix. Retour sur un phénomène français qui transcende les frontières.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Du jamais vu

La série Lupin a défié les pronostics en début d’année en se hissant parmi les 10 émissions le plus vues sur Netflix aux États-Unis. Elle aurait été regardée des dizaines de millions de fois – 70 millions, a clamé sa tête d’affiche, Omar Sy, sur Twitter – en moins d’un mois. Du jamais vu pour une production française, qui surpassait ainsi Le jeu de la dame (The Queen’s Gambit) et s’inscrivait dans la foulée d’un autre succès improbable, celui de la série espagnole La maison de papier (La casa de papel). La suite, déjà prévue, portera à 10 le nombre d’épisodes de cette plongée dans l’univers de ce personnage de légende.

Un Lupin sans Lupin

Le Lupin de la série, c’est bien Arsène Lupin, célèbre gentleman cambrioleur créé par Maurice Leblanc il y a plus de 100 ans. C’est lui et ce n’est pas tout à fait lui : Assane Diop (Omar Sy) n’est pas Lupin lui-même, mais un admirateur de Lupin, déterminé à venger une injustice faite à sa famille et qui s’inspire de la manière du gentleman cambrioleur pour arriver à ses fins. Comme lui, c’est un homme charmant, ingénieux et un as du déguisement, doté de surcroît d’un petit côté justicier. Il n’évolue pas dans la haute société de la Belle Époque et des Années folles, toutefois : c’est un homme d’aujourd’hui, habile avec la technologie et faisant face aux enjeux de ce siècle.

Sous-texte social

PHOTO FOURNIE PAR ALLOCINÉ

Dans le dernier épisode de la première partie de Lupin, Assane Diop (Omar Sy) perd son fils sur la plage d’Étretat et se retrouve nez à nez avec l’agent Guedira (Soufiane Guerrab), qui le traque depuis des mois.

Le « Lupin » d’Omar Sy est un père séparé, qui jongle tant bien que mal avec ses responsabilités et ses difficultés. C’est aussi un fils d’immigrant sénégalais, ce qui confère à la série un sous-texte social discret, mais fort évocateur : dans des habits d’ouvrier, il passe inaperçu ; en costard chic dans une vente aux enchères, c’est le contraire. Comme si un homme noir ne pouvait pas être fortuné… Et ses origines ne sont pas étrangères à l’injustice teintée de racisme dont sa famille a été victime.

Univers romanesque

IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON D'ÉDITION

Arsèle Lupin, L'aiguille creuse

L’univers de la série multiplie les clins d’œil aux aventures imaginées par Maurice Leblanc. Le coup d’envoi – le vol spectaculaire d’un collier – évoque Le collier de la reine. L’épisode qui clôt les cinq premiers se déroule à Étretat, station balnéaire normande qui doit une partie de sa renommée à L’aiguille creuse, l’une des plus épatantes aventures d’Arsène Lupin. Tout dans la série Lupin a du panache : le décor – Paris et ses monuments –, la manière léchée et une mécanique élégante qui n’est pas sans rappeler les films de braquages sophistiqués comme Ocean’s Eleven, Twelve, Thirteen… Au fait, le voleur dandy François Toulour interprété par Vincent Cassel dans Ocean’s Twelve a aussi du Lupin dans la dégaine…

« Toujours une longueur d’avance »

IMAGE TIRÉE DE LA BANDE-ANNONCE DE LUPIN (SOURCE : YOUTUBE)

Une image avec une adresse web intrigante !

Lupin ne laisse jamais rien au hasard. On le sait. Son émule Assane Diop non plus. Il le rappelle d’ailleurs discrètement dans la bande-annonce de la deuxième partie de la série : à 1 minute 53 secondes, dans un cahier de notes, on voit apparaître l’adresse assane-diop.com. Qui renvoie à un site qui existe vraiment. Qu’est-ce qu’on y découvre ? Que « Lupin reviendra bien pour une partie 3 » !

Lupin
Mettant en vedette Omar Sy
Dès ce vendredi sur Netflix