Après Sex Education, voici Sexify, nouvelle série sexy, portant sur un sujet bien précis : l’orgasme. Pas n’importe lequel : l’orgasme au féminin, mesdames (et messieurs).

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Dernière-née de Netflix, la série (pour jeunes adultes) a le don d’étonner, et ce, sur bien des plans. D’abord, par son angle, audacieux, coquin et un brin irrévérencieux, puis – et surtout – par sa provenance. Sexify nous arrive en effet de Pologne, pays qui n’est pas particulièrement reconnu pour son progressisme, et où l’avortement demeure quasi interdit, faut-il rappeler.

D’où la rafraîchissante et ô combien pertinente surprise, face à ces huit épisodes d’une heure, qui démarrent certes un peu lentement, mais qui osent aborder un sujet cru, de manière frontale, avec humour, bon goût et légèreté.

L’histoire se passe dans une université. La sage Natalia, première de classe, planche sur une application de sommeil, dans le cadre d’un concours. Sauf que l’appli en question n’est pas assez « sexy » aux yeux de son professeur, qui l’invite à trouver un projet plus original, sur un sujet qui « excite tout le monde ».

La voilà qui décide (un peu malgré elle) de sonder l’orgasme des femmes, et ce, même si, de son propre aveu, elle n’y connaît rien de rien (étant vierge).

Avec sa meilleure amie (en couple, mais malheureuse au lit) et sa voisine de chambre (certes plus dégourdie, mais qui avoue néanmoins « toujours faire semblant de jouir » au lit), elle se lance dans une quête à la Masters et Johnson, questionnaires, analyses du rythme cardiaque et algorithmes inclus. Avec des perles comme l’« orgasmomètre », ou mieux, le « copulatorium ». Explicite, vous dites ?

Si la présence de l’Église prend par moments trop de place (ça se passe en Pologne, ne l’oublions pas), il reste que la série en profite pour passer nombre de messages clés, universels, émancipateurs, qui méritent d’être dits (et répétés). En vrac : la pornographie, c’est « bidon », la culture pop « ignore l’orgasme au féminin », un pénis n’a vraiment pas la « forme optimale » pour le plaisir des femmes et, surtout, surtout, l’organe du plaisir – roulement de tambour –, c’est le cerveau. Une chouette invitation à la découverte.

Réalisée par Kalina Alabrudzinska et Piotr Domalewski, la série Sexify est offerte sur Netflix.