Une autre série policière ? Oui, monsieur, oui madame ! Et elle se déploie de façon intrigante et angoissante dans nos écrans, sous la houlette d’un duo de plus en plus influent à la télé québécoise, Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Cette nouveauté s’appelle Portrait-robot et sort sur le Club illico de Vidéotron jeudi. Ça s’annonce très bon. Les dix épisodes d’une heure tournent autour d’Ève Garance (excellente Rachel Graton), une portraitiste judiciaire attitrée à l’unité spéciale des crimes non résolus de la police de Montréal, dirigée par Maryse Ferron (Sophie Lorain).

PHOTO YAN TURCOTTE, FOURNIE PAR ILLICO

Rachel Graton interprète le rôle d’Ève Garance, portraitiste judiciaire au centre de la série Portrait-robot, qui démarre jeudi.

Ève plonge dans la tête des victimes d’actes criminels et les aide à se souvenir de détails précis du visage de leur agresseur, de l’odeur de son parfum ou d’une cicatrice spéciale. C’est fascinant de la voir à l’œuvre. C’est comme une séance d’hypnose. Arrête l’image ici. Coupe le son. Qu’est-ce qui te saute aux yeux ? Voici un dessin du visage de celui qui t’a séquestrée.

Parfois, Ève entre quasiment en transe comme Eleven dans Stranger Things, sans les saignements de nez. Une vraie « weirdo », raillent ses camarades, mais une weirdo intuitive.

Cet aspect « paranormal » dans un thriller policier hyper réaliste aurait pu détonner. Mais non. Ça fonctionne.

Chacune des enquêtes de Portrait-robot se boucle sur deux épisodes. Le premier cas se concentre sur la disparition de fillettes, enlevées dans des parcs de Montréal, droguées et ligotées pendant des jours. Une des victimes (Romane Denis, très juste), aujourd’hui âgée de 20 ans, recouvre la mémoire et ses souvenirs remontent enfin. Il y a des flammes orange dans le ciel, de vieilles laveuses abandonnées et une odeur piquante. Où a-t-elle été gardée captive ?

La lente construction du portrait-robot permet au téléspectateur de soupçonner différents personnages de la série, qui se ressemblent physiquement. Tiens, lui aussi a les yeux bleus. Hum, pourquoi le beau-père (Hubert Proulx) nous apparaît aussi louche ? Plus les épisodes progressent, plus le portrait-robot ressemble au suspect que nous avons déjà vu dans l’émission sans vraiment le voir.

PHOTO YAN TURCOTTE, FOURNIE PAR ILLICO

Sophie Lorain incarne la patronne de la cellule d’enquête, Maryse. On la voit aux côtés du personnage d’Ève.

Autour de la portraitiste Ève, une jeune femme qui a subi un gros traumatisme, gravitent d’autres personnages complexes, à commencer par la patronne de cette cellule d’enquête consacrée aux affaires non élucidées (cold cases), Maryse (Sophie Lorain). Clouée à un fauteuil roulant, Maryse vit avec un syndrome des « os de verre ». Sa casquette et son esprit cartésien ne la quittent jamais. Elle aussi traîne un lourd bagage de vie.

PHOTO YAN TURCOTTE, FOURNIE PAR ILLICO

Rémy Girard interprète le rôle du détective principal Bernard Dupin, dit le Molosse.

Puis, il y a le détective principal qui s’appelle Bernard Dupin (Rémy Girard), dit le Molosse. Un champion dans la résolution d’affaires graves. Solitaire et en fin de carrière, Bernard se braque quand le nouveau technicien en scène de crime, Anthony (Adrien Belugou), tente de s’allier avec lui. Mais sous ses airs bourrus et rétrogrades, Bernard semble un flic honnête, quoiqu’une mystérieuse scène plante un doute dans nos esprits à la fin du deuxième épisode.

Un énigmatique personnage joué par Jean-François Pichette — au crâne entièrement rasé — apparaît au même moment, et ça donne vraiment le goût d’enclencher le prochain épisode. Et le suivant.

À la façon de Mindhunter de Netflix, l’unité spéciale de Portrait-robot opère dans un sous-sol jauni et décati, ce qui donne une facture visuelle différente de séries policières plus classiques à la District 31 ou Alertes. L’emploi d’effets spéciaux, comme le remplacement des têtes par les portraits-robots, est très réussie. Alexis Durand-Brault et Yan Lanouette-Turgeon se partagent la réalisation de Portrait-robot, léchée et inspirée.

C’est André Gulluni (L’œil du cyclone, Roche, papier, ciseaux) qui signe les scénarios. À l’image de l’excellente série Mensonges, Portrait-robot est le genre de projet télé qui pourrait durer plusieurs saisons. L’unité d’enquête reste, mais les maniaques changent !

Chiffrier dominical

Dimanche soir encore bien achalandé à la télévision québécoise. En haut du palmarès des cotes d’écoute trône le gala de Star Académie de TVA avec ses 1 273 000 fans. Non loin derrière, Tout le monde en parle suit avec 966 000 fidèles au poste.

Après Anaïs Favron, au tour de l’humoriste Alexandre Barrette d’occuper le fauteuil de fou du roi, où il m’a bien fait rigoler. Anaïs Favron aussi, dans un style différent. J’aime bien cette période d’essais et d’alternance à Tout le monde en parle. Pourra-t-on voter pour notre chouchou à la fin de la saison ?

Toujours à TVA, Vlog a rejoint 728 000 curieux, tandis que la finale de Big Brother Célébrités sur Noovo a été visionnée par 656 000 adeptes. Le retour de Big Brother en 2022 n’a pas encore été officialisé chez Noovo. Toutefois, les excellents chiffres de la téléréalité pointent vers son renouvellement, en version célébrités ou avec des candidats recrutés dans le public comme Occupation double.