Il y a le confinement du gouvernement que nous vivons depuis pratiquement un an (joyeux anniversaire, groupe !) et il y a l’enfermement de type « psychopathe » que subissent nos héroïnes à la télévision québécoise, bien plus dangereux qu’un couvre-feu à 20 h ou qu’un pic artisanal fabriqué avec de la gomme et une vis dans L’échappée.

Publié le 11 févr. 2021
Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

Après Anémone (Marina Orsini) embarrée dans un cercueil au salon Amora d’Une autre histoire, c’est au tour de Marie-Luce Goulet (Maude Guérin) de 5e Rang de vivre son moment à la Charlène Baribeau (Sophie Desmarais) dans la cave de Yanick Dubeau (Patrice Godin) de District 31.

Parenthèse, ici. C’est une drôle de « mode » que de barricader des femmes au petit écran depuis plusieurs saisons déjà. La petite Laurie Berthier a vécu emprisonnée dans le sous-sol de son bourreau dans Mémoires vives, tandis que la psychiatre Judith Laramée (Marianne Farley) de la même émission a été incarcérée dans une pièce secrète de la maison de la brave Dre Claire Hamelin (Marie-Thérèse Fortin).

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Le personnage de Marie-Luce Goulet (Maude Guérin), prisonnière d’un caveau dans 5e Rang.

Le nombre de personnages féminins à subir ce type de violence dépasse largement celui de leurs collègues masculins, selon un sondage non scientifique.

De retour à 5e Rang, notre agricultrice préférée a été kidnappée, puis abandonnée dans le bunker du survivaliste et gangster Steve Malouin (Maxime Cormier). Comme ce dernier a été abattu par le flic recrue Marc-André (Julien Hurteau), la recherche de la disparue a été ardue.

Évidemment, l’épisode de mardi soir s’est conclu sur une scène chevaleresque, alors que le brave Charles (François Papineau) a secouru sa princesse Marie-Luce quasi asphyxiée au fond du trou. Mais non, Marie-Luce ne mourra pas, c’est évident, c’est elle, la vedette de cette populaire série de Radio-Canada.

Il n’y a pas de creux de vague à Valmont depuis quelques mois déjà. Le téléroman agropolicier de Radio-Canada poursuit son virage plus inquiétant, plus glauque, loin de déplaire aux téléspectateurs. Les auteurs Sylvie Lussier et Pierre Poirier ajoutent toutefois quelques touches plus légères pour éviter que nous suffoquions tous collectivement.

L’arrivée de Lucas (Louis-David Morasse), le frère de Tina (Brigitte Poupart), a fait grimper la tension chez les bandits. Il y a également Marie-Jeanne (Catherine Renaud) qui a pris du galon dans l’organisation de Tina, un personnage super intéressant de patronne d’un gang criminel.

Revenue en force, la grand-mère Francine (Muriel Dutil) est délicieusement haïssable. Autant on la déteste, autant on ne se passerait pas de ses remarques acerbes, livrées sur un ton sec et saccadé.

Et enfin, les souvenirs de Marie-Christine (Julie Beauchemin) lui sont revenus de manière claire. C’était bien Marc Trempe (Marc Béland) qu’elle a aperçu dans la grange de la ferme familiale, avec les fameux Converse jaunes qui raclaient le sol.

Par contre, on va le dire ici, Josée Deschênes qui joue la mère du flic Fred Longpré (Maxim Gaudette), c’est tiré par les cheveux. Ces deux comédiens ont une douzaine d’années d’écart dans la vraie vie.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Rose-Marie Perreault, France Castel, Jean-Philippe Perras, Valérie Blais et Marilyse Bourke sont les vedettes de Nuit blanche.

Nouveau soap à Radio-Canada

Populaire dans les années 80, honni dans les années 90, le soap de luxe a (enfin) été réhabilité grâce à des titres comme Revenge, Mémoires vives, Empire et Élite. Même que le patron des dramatiques de Radio-Canada, André Béraud, a prononcé le mot soap, mercredi matin, pour décrire le nouveau thriller psychologique Nuit blanche, de la scénariste Julie Hivon, prévu à la grille du diffuseur public la saison prochaine.

Il s’agira d’une saga familiale tricotée autour de la matriarche Louise « Loulou » Hébert (France Castel), une femme d’affaires enviée et crainte, qui a fait fortune dans la parfumerie de luxe.

Avertissement : non, Nuit blanche ne racontera pas la vie de Lise Watier, même si cette dernière a été consultée dans le processus de création de la série.

L’histoire ? La voici. Le soir d’une fête bien arrosée à son domaine, Loulou Hébert, une ancienne mannequin, meurt dans son jardin, seule, sans que personne assiste à la scène. Meurtre, accident, cause naturelle, c’est brumeux. Chose certaine, Loulou se doutait que la fin approchait et son testament contesté sèmera la discorde chez ses héritiers.

Valérie Blais, Marilyse Bourke et Jean-Philippe Perras camperont les trois enfants de Loulou Hébert. L’aînée, Charlotte (Valérie Blais), vit en marge de l’empire de sa célèbre maman et travaille comme intervenante sociale. La cadette, Marlène (Marilyse Bourke), est vice-présidente et bras droit de sa mère au sein du groupe Nocturne, qui commercialise le parfum Nuit blanche, d’où le titre de la série. Le benjamin, Lucas (Jean-Philippe Perras), a été un enfant-acteur vedette. Tout lui réussit.

Nuit blanche se séparera entre le début des années 70 (20 % du temps) et aujourd’hui. Rose-Marie Perreault (Le monstre) incarnera Louise Hébert en début de carrière et Antoine Pilon jouera son amoureux rebelle de l’époque. Jean-Moïse Martin, Simon Pigeon, Michel Rivard et Isabelle Brouillette font aussi partie de la distribution.

En entrevue, Julie Hivon décrit Nuit blanche comme un PPP, un polar pas de police, plus axé sur les relations familiales complexes que sur l’enquête traditionnelle.

Le tournage de cette série, sous la houlette de Sébastien Gagné (Lâcher prise), débute le 15 mars. La scénariste Julie Hivon a conçu Nuit blanche pour durer trois saisons de 12 épisodes chacune. Sentez-vous déjà les effluves de scandale et de trahison ?