Pourquoi Netflix me propose, de façon insistante, la très mauvaise série Firefly Lane et pourquoi je l’ai presque dévorée au complet en un week-end ? Envoyez des secours, ça presse !

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Déjà, le titre en français de Firefly Lane sonne très « film de la chaîne Hallmark » : Toujours là pour toi. C’est rempli de perruques horribles et de dialogues naïfs sur le « vrai » journalisme. La réalisation date d’une autre époque, bonjour les fondus enchaînés avec le piano d’accompagnement.

Les effets spéciaux pour rajeunir le visage des interprètes brûlent la rétine. Firefly Lane copie sans gêne le format du récit déconstruit dans le temps de This Is Us avec une touche charmante et pittoresque volée à Sweet Magnolias.

Bref, c’est moche, peu original, ça manque de budget, mais j’ai embarqué à fond dans Firefly Lane (désolé !), surtout en raison de ses deux actrices principales, Katherine Heigl (Suits, Grey’s Anatomy) et Sarah Chalke (Scrubs). Sans elles, cette longue histoire d’amitié entre ces deux femmes, étalée sur une période de 30 ans, n’aurait jamais même été comparée à la brillante série L’amie prodigieuse, dérivée des livres d’Elena Ferrante.

Inspiré d’un roman de Kristin Hannah, Firefly Lane est le nom de la rue bucolique, tachetée de lucioles, où ont grandi les deux héroïnes, Tully (Katherine Heigl) et Kate (Sarah Chalke), en banlieue de Seattle.

La série se déploie principalement sur trois époques : 1974, 1982 et 2003. À l’intérieur d’un épisode, le récit saute d’une décennie à l’autre jusqu’à 20 fois en 45 minutes. La bonne musique et les mauvaises perruques vous aideront à suivre le fil narratif.

En 1974, la populaire Tully et l’intello Kate ont 14 ans et rêvent de devenir de grandes reporters. En 1982, fraîchement diplômées de l’université, elles servent le café dans une station de télé locale – KPOC, à Tacoma – en attendant de percer. En 2003, la multimillionnaire Tully anime un talk-show à la Oprah, tandis que Kate réintègre le monde des médias après avoir été maman à la maison pendant 13 ans.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Katherine Heigl et Sarah Chalke interprètent respectivement Tully et kate dans la série Firefly Lane.

L’amitié entre Tully et Kate a survécu à de l’adultère, des trahisons professionnelles, un divorce, une agression sexuelle, des grossesses, une sortie du placard et des problèmes de consommation. Chacun des dix épisodes de Firefly Lane, un soap dit de luxe, révèle des fragments de leur histoire de façon super accrocheuse. Quand un épisode se conclut avec des funérailles, évidemment qu’on déclenche le suivant pour savoir : qui est mort, seigneur ? Pas Tully, toujours ?

Malgré son côté attachant, Firefly Lane ne gagnera pas de prix prestigieux. Et comme Virgin River, ce n’est pas de la grande télévision. C’est mélodramatique, convenu et sentimental. Ça se classe au rayon de la télé de pandémie qui réconforte, divertit et ne sollicite qu’une seule zone de notre cerveau à la fois.

En fait, c’est l’équivalent d’allumer une chandelle parfumée de milieu de gamme. Pas une Diptyque à 132 $, pas une IKEA à 5 $ non plus. Une chandelle qui brûle doucement pendant dix heures sans que son parfum chimique nous agresse.

Noovo prend le Virage

Noovo entame dans un mois le tournage de sa première minisérie dramatique, Virage, librement inspirée de la vie d’athlète et de l’après-carrière mouvementée de la patineuse Marianne St-Gelais.

C’est Charlotte Aubin (L’échappée) qui incarnera la triple médaillée olympique Frédérique Lessard, une spécialiste du courte piste qui accrochera ses patins et qui larguera son copain des 12 dernières années, Antoine (Émile Schneider), lui aussi membre de l’équipe canadienne.

Sylvain Marcel et Marie-Thérèse Fortin camperont les parents de la championne, et Juliette Gosselin interprétera sa jeune sœur. Mani Soleymanlou jouera le préparateur mental de la patineuse, tandis qu’Anglesh Major sera pris dans un triangle amoureux avec les deux sœurs Lessard. D’ailleurs, parlant de Marie-Thérèse Fortin, elle fera aussi partie de la distribution du nouveau téléroman de TVA, Les moments parfaits, une grande saga familiale signée par Marc Robitaille (Un été sans point ni coup sûr).

En excluant le producteur Louis Morissette de KOTV, l’équipe derrière les huit épisodes d’une heure de Virage est 100 % féminine, soit Kim Lévesque-Lizotte et Marie-Hélène Lebeau-Taschereau aux textes, ainsi que Catherine Therrien (District 31, Fourchette) à la réalisation. Noovo diffusera Virage cet automne et a également confirmé mardi le renouvellement de la comédie Entre deux draps pour une deuxième saison.

Séraphin triomphe !

La grande finale des Pays d’en haut a été regardée lundi soir par 992 000 personnes. Les adieux de Séraphin ont ainsi battu la première présentation du téléroman Alertes à TVA, qui a réuni 712 000 curieux devant leur téléviseur. Pour les prochaines semaines, Alertes affrontera Faits divers 4 à Radio-Canada.

À 20 h, L’échappée (869 000) et Une autre histoire (878 000) restent à quasi-égalité. District 31 (1 611 000) demeure au sommet, et Le tricheur (1 097 000) conserve son million de fidèles.