Depuis une dizaine d’années, les grands réseaux ont négligé leur programmation du jeudi soir, qui a jadis hébergé les plus gros titres du petit écran tels Fortier ou Les filles de Caleb.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

La fiction a été concentrée en début de semaine, soit les lundis et mardis, tandis que les jeudis ont accueilli des variétés, des séries américaines doublées ou des affaires publiques. Une sorte de plage horaire fourre-tout.

Émissions rivales du jeudi soir

  • L’amour est dans le pré, à Noovo, animée par Katherine Levac

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    L’amour est dans le pré, à Noovo, animée par Katherine Levac

  • 1res fois de Véronique Cloutier, à Radio-Canada

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    1res fois de Véronique Cloutier, à Radio-Canada

  • Un zoo pas comme les autres, à TVA

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    Un zoo pas comme les autres, à TVA

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Depuis le retour des Fêtes, l’intérêt pour le jeudi soir a grimpé de plusieurs crans. D’abord, TVA a logé à 20 h sa populaire docuréalité Un zoo pas comme les autres, suivie à 20 h 30 par Sauvetage animal.

Ces deux séries animalières s’attaquent directement à l’émission 1res fois de Véronique Cloutier à Radio-Canada, qui a l’habitude d’affronter Le bon docteur. Et le jeudi à 20 h, c’est aussi l’heure de diffusion de la téléréalité L’amour est dans le pré sur Noovo, sans oublier la docusérie Police en service de Télé-Québec.

Bref, ça surchauffe aux audimètres. Le jeudi 14 janvier, Un zoo pas comme les autres (837 000) et Sauvetage animal (695 000) ont dépassé 1res fois (656 000). Plantée au cœur du trafic, la première de L’amour est dans le pré a attiré 405 000 curieux et Police en service a bien tiré (police, tirer, ha-ah !) son épingle du jeu avec 219 000 adeptes devant leur poste.

Le jeudi 7 janvier, Un zoo pas comme les autres (823 000) et 1res fois (822 000) se trouvaient quasiment à égalité, selon les données de Numeris. La tour (786 000) et Infoman (1 021 000) ont été de puissantes locomotives autant pour le Miller Zoo que pour Véronique Cloutier.

« En télé, les deux soirées les plus achalandées sont le dimanche et le lundi. Et cet hiver, les jeudis soir rivalisent avec les cotes d’écoute du lundi soir », souligne Marie-Christine Simard, vice-présidente, activation médias, chez Cossette Média.

D’ailleurs, la combinaison Un zoo pas comme les autres, 1res fois et L’amour est dans le pré attire deux fois plus de téléspectateurs que l’alignement Les anges de la rénovation (TVA), 100 Génies (Radio-Canada) et Le prochain stand-up (Noovo) de l’automne 2020, selon Cossette Média.

« Le zoo, 1res fois et L’amour est dans le pré, ce sont des valeurs sûres, des émissions en ondes depuis plusieurs années », ajoute Marie-Christine Simard, de Cossette Média.

Le samedi soir, souvent déserté et toujours abandonné par TVA et Noovo, cartonne pourtant à Radio-Canada avec En direct de l’univers (1 225 000) et Deuxième chance (549 000), qui ont encore connu des départs canon ce week-end. Heureusement, Télé-Québec n’oublie pas sa clientèle du samedi soir grâce à Cette année-là et Belle et bum. Car il y a des gens disponibles le samedi soir, qui ne demandent qu’à regarder autre chose que Netflix ou Crave.

Immersion avec la DPJ

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« Les tournages d’Au cœur de la DPJ ont débuté en septembre en pleine pandémie. Vous verrez donc beaucoup de masques à l’écran, ce qui n’altère aucunement la qualité de l’émission », écrit notre chroniqueur.

Enfants qui vivent dans une maison où la cuvette déborde d’excréments, nouveau-né avec des traces de cannabis dans le sang, adolescents violentés par leur mère et gamine sous-stimulée qui redouble sa maternelle : ça prend énormément de maîtrise de soi pour ne pas engueuler les parents négligents/incompétents qui apparaissent dans la nouvelle docusérie Au cœur de la DPJ, que RDI lance le lundi 25 janvier à 20 h.

C’est très bon, dans la lignée des De garde 24/7 et 180 jours à Télé-Québec.

Comment ces adultes peuvent-ils laisser leurs enfants dans le pipi de chien et le vomi, se foutre de leur éducation ou les battre à coups de ceinture ? Et les bains ? Bah, une fois tous les deux jours, maximum. Ça coûte cher, l’eau et l’électricité, confiera un père de quatre enfants, tous d’âge préscolaire, dont plusieurs accusent des retards de langage. Insérez ici quelques mots d’église.

Rapidement, on comprend que le cycle de violence et de maltraitance se transmet hélas ! d’une génération à l’autre. Ça demeure néanmoins révoltant.

Cette série Au cœur de la DPJ, coproduite par France Beaudoin et Mélanie Campeau (Bébéatrice), suit une dizaine d’intervenantes dans une région du Québec non dévoilée, question de protéger l’identité des familles. La caméra accompagne les travailleuses de la DPJ dans les maisons – presque toujours mal entretenues – où elles confrontent, avec tact et compassion, les personnes fautives.

À la caméra, les intervenantes, d’une patience à toute épreuve, se font engueuler, menacer et insulter. Jamais elles ne sortent de leurs gonds. La production floute les visages des enfants ainsi que ceux de leurs parents, qui ont cependant accepté que l’équipe de tournage d’Au cœur de la DPJ s’immisce dans leurs vies de façon aussi intime.

Les tournages d’Au cœur de la DPJ ont débuté en septembre en pleine pandémie. Vous verrez donc beaucoup de masques à l’écran, ce qui n’altère aucunement la qualité de l’émission.

Au fil de cette saison de 10 épisodes de 30 minutes, nous verrons une dizaine d’intervenantes sur le terrain. Un conseil : ne regardez pas ça en rafale, car c’est dur sur le moral. Une demi-heure par semaine, c’est bien assez pour ne pas se décourager complètement de l’humanité.