Voilà la première belle surprise de l’hiver, qui s’annonce gris nucléaire, dans la palette déprimante de Handmaid’s Tale. Il s’agit de la comédie Entre deux draps de la chaîne Noovo, une exploration de la vie de couple tonique, moderne et amusante.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Si simple sur papier, ce concept efficace aurait pu sombrer dans le cliché bien gras sur la vie à deux, du genre les chicanes sur le ménage (qui sort les poubelles, hein ?) ou les beaux-parents gossants. Mais non. Entre deux draps, qui débute le mercredi 13 janvier à 19 h 30, parle d’ambition professionnelle, de jalousie ou de parentalité avec acuité et réalisme.

PHOTO FOURNIE PAR NOOVO

Guillaume Girard et Karine Gonthier-Hyndman incarnent le seul couple avec un enfant, une fillette de 7 ans qui a des comportements de psychopathe.

Et en termes d’originalité, ça se situe plusieurs coches au-dessus de Caméra café. Donc, Entre deux draps, découpé en vignettes à la Un gars, une fille, suit quatre couples et un duo de colocs, mais toujours dans leurs chambres à coucher. Il n’y a pas d’autres décors que des lits, des tables de chevet et parfois une salle de bains adjacente. C’est dans ce cocon intime que les révélations éclatent.

Guillaume Girard et Karine Gonthier-Hyndman incarnent le seul couple avec un enfant, une fillette de 7 ans qui a des comportements de psychopathe. C’est rare que la télé montre des parents qui se liguent contre leur propre progéniture. Vous allez voir, c’est super drôle et bien tourné.

Il faut dire que la comédienne qui campe cette petite peste, Florence Pilotte, est excellente. La pomme ne tombe pas loin de l’arbre, car il s’agit de la fille de l’actrice Mélissa Désormeaux-Poulin.

Comme les artisans qui jouent dans Entre deux draps vivent à la même adresse, ou dans une même bulle, ils ont pu s’étreindre devant les caméras, s’embrasser et dormir dans le même lit, ce qui nous rappelle cette douce normalité qu’on a quasi oubliée.

PHOTO FOURNIE PAR NOOVO

Pier-Luc Funk et Virginie Ranger-Beauregard interprètent un couple de milléniaux dépareillés.

Ainsi, Virginie Ranger-Beauregard et Pier-Luc Funk interprètent un couple de milléniaux dépareillés. Elle, gosse de riche, étudie en sexo et provoque volontairement des affrontements juste pour psychanalyser — à deux cennes — son copain. Lui, élevé dans la classe moyenne, représente le gros bon sens et on y croit.

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Simon Pigeon et Antoine Pilon, des colocs dans la vraie vie, incarnent un couple gai.

Il y a un couple gai dans l’émission, formé par Simon Pigeon et Antoine Pilon, des colocs dans la vraie vie. Le premier, plus coincé, travaille comme attaché politique à l’Assemblée nationale, tandis que le deuxième, plus relax, a ouvert son propre resto, qui a le vent dans les voiles. Leur dynamique relationnelle est très crédible. Ils se taquinent autant qu’ils s’épaulent dans leurs carrières respectives. Dieu merci, on s’écarte des lieux communs associés aux hommes gais.

Bénédicte Décary et François Papineau forment un couple en ménage depuis six mois seulement. Tout les sépare : leur âge, son côté pantouflard à lui, son besoin de bouger à elle, sa retraite à lui, son service de traiteur à elle. Malgré tous ces obstacles, ils s’en sortent bien.

Finalement, Matthieu Pepper (à l’origine d’Entre deux draps) et Fayolle Jean Jr. cohabitent depuis la rupture du premier. La mission ? Que le personnage de Matthieu Pepper retourne rapidement sur le marché de la drague, ce qui s’annonce complexe.

Les textes, rédigés par un imposant pool d’auteurs supervisé par François Avard, parlent autant du livre de Jérémy Demay que de blackface ou de Marie Kondo. Une écriture très contemporaine. Vraiment, une jolie découverte.

Santé mentale 911

Les jeunes qui s’inscrivent à l’École nationale de police du Québec, à Nicolet, s’imaginent qu’ils poursuivront frénétiquement et arrêteront des bandits dangereux, après leur diplomation. La réalité sur le terrain, c’est qu’ils interviennent la plupart du temps avec des gens ayant de graves problèmes de santé mentale.

La docuréalité Police en service, des créateurs de De garde 24/7, l’expose bien en suivant des agents du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui règlent des cas de délire psychotique, d’anxiété débilitante ou de crise de paranoïa. Vous verrez le premier épisode, où un vieux pédophile se fait intercepter dans son appartement miteux, jeudi à 20 h sur les ondes de Télé-Québec.

Honnêtement, aucune de ces docuséries d’observation (profs, pêcheurs de homards, etc.) n’a encore égalé De garde 24/7, la référence ultime en la matière. Souvent, Police en service s’étire inutilement. C’est lent, et la résolution des conflits tombe parfois à plat. Je pense à l’accident mineur dans le stationnement de Place Ste-Foy, qui ne sert pas à grand-chose.

Il y a plus d’action dans le deuxième épisode, qui s’intéresse à la disparition d’une dame souffrant d’alzheimer, à un jeune homme qui ne prend plus ses médicaments ainsi qu’à un campement dans le bois, à Val-Bélair. Ne vous attendez donc pas à voir des prises d’otages, des arrestations de trafiquants de drogue ou des tentatives de meurtre. Ce n’est pas District 31.

Plusieurs personnages de Police en service sont fort sympathiques, dont les deux jeunes patrouilleurs (Guillaume Collin et Katia Deschênes), ainsi que la lieutenante-coordonnatrice à la santé mentale, Julie Marcotte. Ça fait du bien de voir des policiers calmes et empathiques dans des situations stressantes. Ça change des flics dangereux qui font les manchettes pour les mauvaises raisons.