Les fans finis de Gossip Girl et de Downton Abbey ont probablement déjà rencontré son enfant illégitime, Bridgerton, la série phénomène de Netflix qui a froufrouté, avec classe et élégance, dans des millions de chaumières pendant le congé de Noël.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Pour les retardataires, ce deuxième confinement strict vous accordera amplement le temps de dévorer cette première œuvre de la superproductrice Shonda Rhimes pour Netflix, elle qui a déjà créé les succès planétaires Grey’s Anatomy et Scandal.

Bridgerton (La chronique des Bridgerton, en français) dérive d’une série de livres historiques de Julia Quinn destinés à un public de « jeunes adultes » friands de romance, n’ayons pas peur des étiquettes de type Harlequin. C’est du Jane Austen trash, avec pas mal plus de scènes de sexe. Car Bridgerton ne suggère rien et montre tout ce qui se trame dans les chambres à coucher de ces immenses manoirs anglais.

Et ça marche fort. Selon des chiffres dévoilés par Netflix, Bridgerton se positionne pour obtenir le cinquième rang des départs les plus fracassants de l’histoire du service de télé en ligne.

PHOTO LIAM DANIEL, FOURNIE PAR NETFLIX

Phoebe Dynevor et René-Jean Page dans Bridgerton

Campée au début du XIXe siècle, dans l’aristocratie londonienne, cette télésérie somptueuse suit deux familles nobles, les Bridgerton et les Featherington, qui courent les mondanités alors que la saison des bals de débutantes attire ducs, princes et barons, ainsi que toutes celles qui rêvent de les épouser.

Cette première saison — oui, il y en aura d’autres — se concentre sur l’entrée dans la haute société de Daphné Bridgerton, l’aînée des filles de cette famille aussi aimante que puissante. Daphné, jeune femme prude et copie conforme d’une princesse de Disney, cherche l’amour, le vrai, dans un univers réglé au millimètre par les conventions hiérarchiques.

Comme dans Gossip Girl, une mystérieuse chroniqueuse sulfureuse, Lady Whistledown, publie une circulaire très lue, qui compile potins et scandales impliquant les têtes couronnées. La merveilleuse Julie Andrews prête sa voix à cette « journaliste » mystérieuse et bien informée.

Dans la version anglaise, les personnages surutilisent des mots en français comme ruse, modiste ou promenade pour se donner un vernis chic et de bon goût. C’est charmant.

Bien sûr, Bridgerton comporte plusieurs anachronismes, à commencer par la musique, toutes des pièces de musique pop (Ariana Grande, Taylor Swift ou Billie Eilish) reprises au violon. Aussi, la reine Charlotte est noire, ce qui a fait bondir les puristes. Voyons donc, Bridgerton ne relève pas du documentaire. C’est du gros gâteau décadent, avec un glaçage au beurre et des bonbons saupoudrés dessus.

Deux personnages secondaires m’ont complètement conquis. Il y a la brunette Eloïse Bridgerton, sœur cadette de l’héroïne, qui rêve d’entrer à l’université et qui admire la liberté de l’énigmatique Lady Whistledown. Et il y a la rousse Pénélope Featherington, ado allumée et bienveillante, qui ne cadre pas dans sa famille très tape-à-l’œil.

PHOTO LIAM DANIEL, FOURNIE PAR NETFLIX

Phoebe Dynevor et René-Jean Page dans Bridgerton

Maintenant, chère Lady Whistledown, pourquoi Simon, le duc de Hastings, refuse-t-il de se marier et d’avoir des enfants ? C’est un secret qu’elle ne révélera jamais. XOXO.

Sans rancune, il faudra voir

Après À tour de rôles, Bijoux de famille et En studio, TVA lance ce mercredi à 20 h sa nouvelle émission de variétés fourre-tout Sans rancune, animée par Pier-Luc Funk, assisté d’Hélène Bourgeois Leclerc et de Pierre-Yves Roy-Desmarais.

Si vous n’avez pas embarqué dans Bijoux de famille, de Charles Lafortune, passez votre tour pour Sans rancune. C’est un peu le même type d’humour convenu qu’on y retrouve.

Le concept de Sans rancune consiste à réunir 25 personnes d’un même groupe ou corps de métier (coiffeurs, agents d’immeubles, etc.) et à se moquer de leurs travers. Une sorte de bien-cuit (trop gentil). Ça commence ce mercredi avec les pompiers et vous pouvez insérer tout de suite vos gags de longueur de boyau, de femme borne-fontaine ou de calendrier. Ils les feront tous pendant l’heure.

L’épisode débute avec un monologue traditionnel, livré par Pier-Luc Funk dans un studio quasiment vide en raison des mesures sanitaires, ce qui nuit évidemment à son rythme.

Le plus comique de Sans rancune nous arrive sous forme de sketches préenregistrés, qui mettent en vedette Pier-Luc Funk, Antoine Vézina, Jean-Nicolas Verreault, Myriam LeBlanc et Stéphan Allard. Ça, c’est drôle.

Par contre, on se demande ce que viennent faire les deux invités (Véronique Claveau et Patrick Groulx) sur le plateau. La première raconte avoir failli passer au feu et le deuxième a déjà côtoyé des pompiers sur l’émission Job de bras à Z. Grosses révélations ici.

L’émission se conclut avec 2 Frères, Véronique Claveau et les trois coanimateurs qui chantent des pièces à thématique, ta-dam, de feu, dont L’incendie à Rio, Ring of Fire et Feu, feu, joli feu.

J’adore Pier-Luc Funk, Hélène Bourgeois Leclerc et Pierre-Yves Roy-Desmarais dans leurs projets individuels. Mais le canevas échevelé de Sans rancune, qui a l’air d’avoir été imaginé sur le coin d’une table, ne sert pas du tout leur grand talent.

Voilà une autre émission de TVA qui ne fera pas long feu.