C’est fort divertissant de se balader dans la Rue King, la nouvelle production comique du Club illico de Vidéotron, offerte depuis jeudi dernier.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Située à l’intersection de la sitcom traditionnelle enregistrée devant public et de l’improvisation comme au temps de la LNI, Rue King ressemble autant à Catherine qu’à SNL Québec avec sa bande d’interprètes allumés, capables de se retourner sur un dix sous. Vraiment, il y a du talent dans cette distribution, à commencer par le brillant Pier-Luc Funk, dont l’impressionnant registre s’étend du plus burlesque au plus dramatique (voir la série Fragile sur l’Extra de Tou.tv).

C’est quoi, Rue King ? Très simple. Dans deux décors principaux, soit un grand appartement et un café-bar à la Friends, une troupe de comédiens improvise à partir d’instructions que donne le maître du jeu, Stéphane Bellavance. Ce concept dérive du format allemand Schillerstrasse, qui a été en ondes de 2004 à 2011.

Pier-Luc Funk et Marie-Ève Morency (une belle découverte) y jouent deux étudiants de Sherbrooke qui accueillent une troisième colocataire, Sophie Cadieux, une avocate plus « vieille » qui débarque de Montréal. Stéphane Crête campe le gérant du café et propriétaire de l’immeuble, Sylvie Moreau joue la mère contrôlante de Pier-Luc Funk, tandis que Mehdi Bousaidan (super habile) occupe le poste du meilleur ami.

IMAGE TIRÉE DE LA BANDE-ANNONCE

Sophie Cadieux et Mehdi Bousaidan dans Rue King,
 offerte sur Club Illico

Avant chacune des scènes, le maître du loft, Stéphane Bellavance, place le contexte. Toi, Sophie, tu es fâchée parce que Pier-Luc drague ta cousine. Toi, Mehdi, tu dois toujours rester à moins d’un mètre de Sophie. Il n’y a ni texte ni répétition, et impossible de reprendre un gag s’il rate. Allez, go !

Pendant les scènes, Stéphane Bellavance s’adresse aussi directement aux comédiens en leur parlant dans l’oreillette, ce qui augmente le degré de difficulté. Tout se déroule sans filet.

Et malgré les contraintes, les acteurs décrochent très peu, et Rue King réussit à raconter des histoires complètes qui se tiennent. J’ai vu 5 des 10 épisodes de 30 minutes et j’ai beaucoup rigolé.

Des comédiens invités se greffent également au noyau principal. Dans le premier épisode, Julien Lacroix, extrêmement vite sur ses patins, vole la vedette. Les scènes qu’il partage avec Pier-Luc Funk sont survoltées. Un jour, un scénariste de cinéma allumé écrira une comédie sur mesure pour ces deux-là, et ce sera le succès de l’été au box-office.

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Marie-Ève Morency et Pier-Luc Funk dans Rue King,
offerte sur Club Illico

Marie-Soleil Dion, une autre de mes préférées, se pointe au deuxième épisode dans le rôle de la copine pot de colle, limite folle, de Marie-Ève Morency. Elle est parfaite. Tout comme Antoine Vézina (troisième épisode) et Anne-Élisabeth Bossé (cinquième épisode), deux autres improvisateurs aguerris.

Si vous avez le goût de vous détendre et d’oublier les mauvaises nouvelles associées au coronavirus, Rue King vous offrira un sympathique moment d’évasion.

Entre les saynètes, vous verrez des images de la ville de Sherbrooke et de sa célèbre artère principale, qui donne son nom à ce projet audacieux. Bref, on s’évade du Plateau Mont-Royal et on se tape sur les cuisses, que demander de mieux ?

Record pour En direct de l’univers

Après 11 ans à l’antenne, En direct de l’univers a battu son record d’écoute, samedi soir, en réunissant 1 462 000 personnes devant leur téléviseur. C’est un chiffre qui dépasse tous ceux obtenus par les émissions spéciales du jour de l’An. Même l’édition consacrée à Céline Dion à l’automne 2016 (1 170 000) n’a pas fait mieux que le spécial de la fête des Mères du week-end.

Entre 19 h et 20 h 30 samedi, 48 % des téléspectateurs québécois francophones qui regardaient la télé étaient branchés sur le plateau de France Beaudoin.

Vous êtes nombreux à poser la question, mais non, il n’est pas possible de revoir cet excellent En direct de l’univers sur Tou.tv ou en reprise à la télé de Radio-Canada. Libérer les droits de toutes les chansons coûterait une petite fortune.

Par année, seulement trois épisodes d’En direct de l’univers sont offerts en rattrapage : celui du 31 décembre et deux autres au choix de la production. Il faut donc le visionner en direct ou l’enregistrer.

Dimanche soir, le spectacle-bénéfice Une chance qu’on s’a a rassemblé 1 821 000 téléspectateurs à TVA et 234 000 autres à Télé-Québec, pour un total de 2 055 000 adeptes. Part de marché combinée : autour de 61 %, ce qui est impressionnant. En même temps, à Radio-Canada, Tout le monde en parle a conservé son million de fidèles (1 007 000).

Du côté de RDS, la présentation du mini-putt a chatouillé, la semaine dernière, la fibre nostalgique d’environ 67 000 fans, si l’on combine les diffusions de 16 h 30 et 22 h. C’est bon, mais ce n’est pas un birdie, quand même.