Ce n’est pas un hasard si des séries comme L’effet secondaire, Le 422, L’Académie, La dérape, Clash et bientôt Six degrés inondent les chaînes québécoises depuis quelques saisons.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

La clientèle visée par ces productions, la génération Z et les préados, a longtemps été négligée, voire ignorée, et a migré vers YouTube ou Netflix, qui lui proposent du contenu plus près de ses préoccupations. Allô les films de Noah Centineo (À tous les garçons que j’ai aimés) et bonjour les Treize raisons en rafale.

Il y a urgence de raccrocher ces jeunes à la télé québécoise. Si les réseaux d’ici les laissent filer maintenant, c’est foutu.

Ils ne reviendront jamais et consommeront leurs émissions sur des plateformes étrangères, n’ayant pas nécessairement ce souci de « soutenir notre culture et nos artisans ».

Si vous avez 16 ou 17 ans et que vous avez le choix entre Éducation sexuelle sur Netflix ou L’heure bleue à TVA, vous optez assurément pour le premier choix. Parce que ça vous parle directement, parce que vous reconnaissez la vie de vos amis dans les intrigues. C’est normal.

Dans cette optique de reconquérir les préados, vous remarquerez que des téléromans comme Toute la vie à Radio-Canada ou L’échappée de TVA ramènent au premier plan des histoires impliquant des personnages d’adolescents. Ça non plus, ce n’est pas un hasard. Les parents regardent, les enfants aussi. Deux strates d’âge satisfaites pour le prix d’une.

Le Club illico de Vidéotron vient de bonifier son offre « jeune public » avec la nouvelle télésérie La vie compliquée de Léa Olivier, qui dérive de la populaire collection de romans de Catherine Girard-Audet.

On s’entend, c’est plus propret qu’Euphoria de HBO et moins sombre qu’Élite sur Netflix, mais c’est bien fait. Elle est super attachante, cette Léa Olivier, campée par la comédienne Laurence Deschênes qui a longtemps incarné Anne O’Hara dans O’ et qui joue présentement Sabrina dans Épidémie.

Les deux premiers tomes de la collection Léa Olivier ont été condensés en 12 épisodes de 22 minutes, tous offerts sur le Club illico pour la semaine de relâche.

Comme dans les livres, la télésérie démarre avec le déménagement à Montréal de la famille de Léa Olivier. À Sainte-Marie, en Ontario, Léa laisse son amoureux Thomas (Thomas Delorme) et sa BFF Marilou (Léanne Désilets).

Dans la métropole, Léa repart à zéro, côté vie sociale. On nage ici en territoire connu tel que vu dans de nombreux films d’ados à la Mean Girls. Il y a la clique des filles cool et celle des nerds du journal étudiant. Il y a des partys du vendredi soir, des jeux de « vérité ou conséquence », des flirts, des « kicks », des triangles amoureux et beaucoup, beaucoup de textos à l’écran. Normal, car Léa et Thomas vivent une relation amoureuse de longue distance, n’oubliez pas.

Sur la trame sonore, plusieurs titres québécois, dont Dis-moi d’Éli Rose, By My Side de Valaire et Karim Ouellet ainsi que Comme des enfants de Cœur de pirate, qui fait office de chanson thème.

C’est très joli, tout ça. Peut-être même trop propret. Je m’explique. Les ados consomment déjà des émissions qui traitent de suicide, de consommation de drogue et d’intimidation.

Avec La vie compliquée de Léa Olivier, on revient à des enjeux plus légers comme l’argent de poche ou le tutorat pour un examen de maths. Me semble que nos ados sont capables de se frotter à des sujets moins vanillés.

L’amour rend-il aveugle ?

Dieu merci, je ne suis plus seul à mal vivre avec ma dépendance à la meilleure pire téléréalité du monde, Love Is Blind, de Netflix. Depuis la parution de ma chronique sur cette émission du diable mardi, j’ai été inondé de centaines de commentaires sur Amber, Jessica, Barnett et les autres participants à cette « expérience » de mariages à l’aveugle.

Vos réactions ont été comme les miennes : je suis incapable d’arrêter, ça me rend mal à l’aise, je perds mon propre respect en le regardant, c’est quoi ce show-là, pourquoi ils s’embarquent là-dedans, s’agit-il de comédiens, voyons donc, le chien de Jessica boit dans sa coupe de vin ?

L’épisode final des noces, mis en ligne jeudi, n’a pas été décevant. Ça braillait, ça criait et ça buvait du vin comme dans un festin de Game of Thrones. Sans rien divulgâcher, on pouvait facilement deviner quels couples allaient dire « oui, je le veux » ou s’effondrer à l’autel. La réaction de Giannina valait, à elle seule, le prix de l’abonnement à Netflix.

Les amis, nous avons vécu un moment collectif indescriptible qui ne se reproduira pas de sitôt. Savourons-le (dans un verre de vin en inox, de préférence) !