L’actualité regorge de récits terribles découlant de #moiaussi. À la télé, la meilleure minisérie de fiction qui parle de ce mouvement ainsi que des médias qui l’ont exposé, c’est The Loudest Voice, diffusée en français et en anglais sur le service Crave.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ça date de quelques mois, je sais. Et le film Bombshell, sorti avant Noël, raconte la même histoire, celle du patron visqueux qui a catapulté la chaîne d’infos en continu Fox News au sommet des cotes d’écoute. Mais si, comme moi, vous avez snobé injustement The Loudest Voice à son lancement, c’est le temps de vous rattraper. J’ai adoré.

À titre comparatif, The Loudest Voice surpasse — et de loin — The Morning Show d’Apple TV +. C’est à la fois fâchant et éclairant sur la façon d’opérer de Fox News, le réseau préféré du président américain Donald Trump.

Cette voix tonitruante appartient à Roger Ailes (Russell Crowe, méconnaissable avec son surplus de poids et ses prothèses faciales), un homme grossier, colérique, manipulateur et raciste, qui a fait de Fox News la chaîne câblée la plus influente des États-Unis.

Du milieu des années 90 aux attaques du 11 septembre 2001 et à la réélection de Barack Obama en 2012, The Loudest Voice nous montre comment Roger Ailes, ancien stratège politique de Nixon, Bush père et Reagan, a utilisé la télévision pour faire mousser ses idées conservatrices.

Par exemple, Roger Ailes exige que ses chefs d’antenne disent systématiquement Barack « Hussein » Obama. Il impose le port d’une épinglette du drapeau américain à tous ses employés. Car pour Roger Ailes, combattre les démocrates et élire un président républicain est un devoir patriotique.

Fox News ne suit pas la nouvelle. Elle la crée, quitte à la tordre pour qu’elle se case dans le programme du jour. 

PHOTO FOURNIE PAR CRAVE

Russell Crowe dans The Loudest Voice

C’est confrontant à regarder, car le grandiloquent Roger Ailes méprise toutes les règles journalistiques élémentaires, mais ce qu’il installe chez Fox News fonctionne à fond la caisse. 

Personne ne lui barre la route, pas même le magnat Rupert Murdoch, à la tête du conglomérat médiatique qui exploite Fox News.

Du choix des présentatrices (blondes) en jupe (courte) à la mise en ondes de fausses nouvelles que gobent ses téléspectateurs, Fox News écrase la compétition, tout en se collant sur le Parti républicain, qu’elle flatte dans le sens du poil.

Et il y a tout le volet du harcèlement sexuel, au cœur de The Loudest Voice. Au vu et au su de ses collègues, qui ferment les yeux, Roger Ailes agresse des femmes. Il les filme, les menace, les humilie, en plus de leur jouer dans la tête. Environnement de travail toxique, vous dites ?

Une victime de Roger Ailes, qui lui sert d’esclave sexuelle pendant des années, enverra même sa « remplaçante » dans la gueule du loup. C’est tordu à ce point-là.

La vedette de l’émission matinale Fox & Friends, Gretchen Carlson (Naomi Watts), déposera une poursuite contre son employeur, qui provoquera la chute vertigineuse de Roger Ailes en 2016.

Plus on avance dans les épisodes de The Loudest Voice (il y en a seulement sept), plus la paranoïa de Roger Ailes s’accentue. Le ton durcit, les crises de colère s’amplifient.

Sa femme Beth (Sienna Miller, que je n’ai reconnue qu’après deux heures et une recherche sur Google) panique encore davantage à l’idée d’attaques terroristes islamistes contre son McManoir de banlieue.

Russell Crowe a remporté le Golden Globe du meilleur acteur pour son interprétation époustouflante de Roger Ailes, qui est mort en 2017. The Loudest Voice a cependant perdu aux mains de Chernobyl pour le Golden Globe de la meilleure minisérie.

Dans le film Bombshell de Jay Roach, c’est John Lithgow qui campe Roger Ailes, tandis que Nicole Kidman prend les traits de la journaliste Gretchen Carlson.

Petite débarque de Rémy

Les sentiments se précisent à L’amour est dans le pré (ça papillonne !), et le comportement erratique de l’agriculteur Rémy lui a fait perdre quelques plumes auprès de ses fans.

Dans l’épisode relayé jeudi par V, Rémy, producteur laitier de 30 ans, a déploré que les filles ne se battaient pas assez pour lui et qu’elles s’entendaient trop bien, ce qui a jeté un froid à la ferme.

Rémy a également ri de sa prétendante Mélissa, qui éprouvait des difficultés à manger son burger. Malaise.

PHOTO FOURNIE PAR V

Les agriculteurs Hugues, Jayson, Nicolas, Rémy et Philippe

Était-ce de la nervosité ou un écart de conduite temporaire de la part de Rémy ? On le souhaite. Heureusement, le courant passe bien entre lui et Ann-Marie, 25 ans.

À Saint-Anselme, je souhaite vraiment que Nicolas et Louise finissent ensemble. Ils sont trop mignons. J’aime beaucoup Laurence et Aurélie chez Philippe, mais je n’arrive pas à déterminer si Jayson est attachant dans sa simplicité ou juste pas vite, vite sur ses patins.

Voilà, c’est la fin du rapport agro-amoureux.