Pauvre Brigitte (Julie Perreault) dans L’échappée à TVA. C’est comme si les scénaristes s’acharnaient sur elle pour qu’elle décampe du village damné de Sainte-Alice-de-Rimouski.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Dans l’épisode relayé lundi soir, vu par 1 099 000 fans, le fiancé de Brigitte, Bruno Saulnier (Alexandre Goyette), a été déclaré cliniquement mort.

Le colosse roux n’a pas survécu à un grave accident de camion, qui camouflait une tentative de meurtre contre notre brave Brigitte, selon les soupçons de l’enquêteur Richard L’Espérance (Pierre-Yves Cardinal), qui a enfin retrouvé son flair après avoir été sous l’emprise de la cuisinière malveillante Samantha (Marilou Morin).

Le visage lacéré, le sourcil magané, le bras en écharpe, Brigitte Francoeur a l’air de sortir d’une tranchée de la Première Guerre mondiale. La semaine dernière, Brigitte a même servi de bouclier humain dans la prise d’otages surréaliste orchestrée par la pieuse Françoise Chaput (Emmanuelle Lussier Martinez) en proie à un délire mystique pire que la psychose toxique de Romy (Sophie Nélisse).

Ah oui, Brigitte a également appris que son papa Clément Francoeur (Rémy Girard) n’était pas son père biologique. C’est plutôt l’énigmatique Armand Lyndsay (Guy Thauvette) qui lui a légué ses gènes (et possiblement la célèbre Pointe-à-Francoeur).

Brigitte est donc la demi-sœur de Martine (Sophie Bourgeois), l’ex-conjointe du psychopathe David Lelièvre (Patrick Hivon), celui-là même qui a violé Brigitte et qui lui a fait un enfant, Jade (Charlotte Aubin).

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Julie Perreault dans L’échappée, à TVA

Vous suivez ? En résumé, le beau-frère de Brigitte est aussi le père de sa fille. Ou quelque chose du genre.

Après avoir été battue par son ex (Bruno), arrêtée par la police, pourchassée par un meurtrier en série (David) et amochée dans un face-à-face possiblement financé par le vilain Hugo (Louis-Olivier Mauffette), quel malheur guette maintenant Brigitte ? La foudre lui tombera dessus ? Elle perdra la vue en regardant une éclipse de soleil ? Elle se noiera lors d’un accident de kayak ?

C’est évident que ce personnage, pourtant la vedette du soap-thriller de TVA, a été rangé sur une voie de garage. Tranquillement, les scénaristes préparent son départ, je pense bien. Du moins, c’est ce qui se dégage des derniers épisodes.

Autour de Brigitte Francoeur, ça tombe comme des mouches. Le travailleur social Vincent Proulx (Alexandre Landry), le nouveau gendre de Brigitte, souffre d’épuisement professionnel. Il a quitté le centre jeunesse sans prendre le temps de faire une seule boîte.

Atteint d’une balle pendant la prise d’otage, le directeur de L’échappée, Philippe Duval (Stéphane Archambault), a démissionné et annoncé la fusion du centre de Sainte-Alice avec celui de Matane. Ça sent la fin pour le Carré de sable de Brigitte.

Et il y a Françoise Chaput, maman de Rosalie (Milya Corbeil-Gauvreau), dont l’emprisonnement fermera, je l’espère, le volet fanatico-religieux de L’échappée. Le cadeau des Cieux, l’impureté des enfants ou la Providence salvatrice, c’est assez.

Pendant ce temps, à Radio-Canada, la camionneuse Caroline Blanchette (Debbie Lynch-White) d’Une autre histoire traverse elle aussi de grosses épreuves. D’abord, elle a revu sa mère Anémone/Manon (Marina Orsini) pour la première fois depuis des lunes et cette rencontre a réveillé une vieille colère bien embouteillée. Cette scène chargée a permis aux deux actrices de déployer tout leur talent.

PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Debbie Lynch-White dans Une autre histoire,
 à Radio-Canada

Puis, Caroline a encaissé un autre coup dur : c’est le criminel Valaire Petterson (Steve Banner) et non Ronald (Vincent Graton) qui serait son père. Ce nouveau bouleversement, auquel ont assisté 682 000 mordus, a conduit Caroline à l’hôpital psychiatrique dans une séquence qui faisait un peu trop « orphelins de Duplessis » ou « Alys Robi enfermée contre son gré ».

Par contre, le double emploi de Rémi-Philippe (Yves Soutière), futur amoureux d’Anémone et détective semi-privé, annonce un revirement surprenant. Que l’enquête commence à Belleville !

Le chiffrier de la télé

La semaine des 4 Julie a enregistré sa pire audience lundi soir avec 184 000 téléspectateurs à l’écoute. C’est peu et le hockey du Canadien à RDS (545 000) n’a pas aidé.

Mais V savait qu’en logeant sa démone contre des canons de fiction tels Fugueuse (1 103 000) ou Les pays d’en haut (687 000), la bataille des cotes d’écoute serait quasi impossible à gagner.

Dans le milieu de la télé, bien des gens se demandent si V ne devrait pas déplacer La semaine des 4 Julie à 22 h ou en début de soirée (19 h 30), où le trafic serait moins dense.

En incluant les enregistrements, les quatre premières émissions de Julie Snyder ont été regardées par une moyenne de 506 000 personnes, pour une part de marché de 12 %. Ces chiffres impressionnent plus. Reste que le choix de la plage horaire de 21 h mérite d’être (ré)examiné.