Si vous avez regardé 100 Génies cet automne, difficile de ne pas avoir remarqué Meryam, qui a dominé la saison grâce à sa rapidité et à l’étendue de ses connaissances, mais aussi à son enthousiasme et à son esprit d’équipe. Nous avons voulu en savoir plus sur la joueuse vedette, qui participera bien sûr au match des étoiles au cours de la dernière émission, ce jeudi.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Ce n’est pas la première année que Meryam Chagouri participe à 100 Génies. Lors de la première saison, en 2019, elle faisait déjà partie des 100 jeunes installés dans les gradins. Elle avait même réussi à jouer dans deux émissions.

Meryam a été choisie pour la deuxième saison après le processus de sélection, alors que le nombre de participants est passé à 30 pour respecter les règles sanitaires. Mais lorsqu’elle a vu la liste des thèmes, elle avoue qu’elle ne s’attendait pas à grand-chose.

« Le seul thème qui m’allumait, c’était celui des classiques. Je me suis dit : si je passe juste dans cet épisode, je vais être contente. Finalement, je les ai presque tous faits ! »

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA TÉLÉ

Meryam Chagouri durant une épreuve de l’émission

En fait, elle n’en aura raté qu’un seul. Elle-même a été surprise de cette performance qui entrera certainement dans la légende. « Des moments, je n’arrivais pas à y croire ! » Mais elle est, surtout, très fière de son parcours.

« J’ai eu beaucoup de chance, c’est sûr », dit l’adolescente qui aura 16 ans en janvier. Un peu de vitesse et des connaissances générales n’ont certainement pas nui... « C’est vrai. Mais il ne faut pas oublier la chance. »

Parcours

Meryam Chagouri est née à Montréal de parents d’origine marocaine, qui sont arrivés au Québec deux ans avant sa naissance. Elle a fait son primaire à Fernand-Seguin, école publique à vocation scientifique située dans le quartier Ahuntsic – « Ça a joué sur la personne que je suis devenue » –, et est en quatrième secondaire au Collège Regina-Assumpta, où elle fait partie de l’équipe de Génies en herbe.

Elle réussit à s’y démarquer, d’ailleurs, alors que le monde de Génies en herbe, particulièrement au secondaire, est très masculin : il n’est pas rare de voir des équipes composées seulement de garçons.

« Au début, je me faisais niaiser par notre équipe rivale. Ils me disaient que je n’étais pas bonne, ils jouaient là-dessus. Mais il ne faut pas écouter. Ça ne change rien à ce que tu sais, que tu sois un gars ou une fille. »

Et elle peut certainement être un modèle pour les plus jeunes filles qui hésitent à se lancer. « J’ai rencontré une fille de secondaire 1, elle me disait qu’elle a fait Génies en herbe parce qu’elle m’avait vue à la télé. C’est vraiment cool. »

Curiosité

Quand on lui demande quel est le secret pour accumuler autant d’information sur autant de sujets, Meryam n’a qu’une réponse : la curiosité.

On est tous curieux dans une certaine mesure. Il faut juste honorer cette curiosité. Si un sujet t’intéresse, ça va rester dans ta tête, tu vas retenir les informations, tu vas te trouver intelligent, et après, tu vas t’informer sur un autre sujet. Ça vient tout seul, pour de vrai.

Meryam Chagouri

Elle a appris en lisant, surtout – « Je ne sais pas combien de livres je lis par année ! » –, et un autre de ses atouts, croit-elle, est la diversité de ses connaissances. « Je n’ai pas vraiment de catégorie plus forte. Je connais juste quelques infos sur plein de sujets. »

Meryam a regardé l’émission chaque jeudi « parce qu’elle est incroyablement bonne », et par le fait même, elle a dû s’habituer à se voir à la télé. « Ce que vous voyez, c’est moi dans la vie de tous les jours, qui parle beaucoup et fort ! »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Meryam Chagouri parle beaucoup et fort... dans la vraie vie aussi.

Et au-delà des bons et des moins bons coups, ce qu’elle retient, c’est la camaraderie qui s’est installée entre les participants et qui transparaît à l’écran.

« À la fin, c’était comme si on était tous dans la même équipe et qu’on jouait pour le fun. Ça fait trois mois que les tournages sont finis et on se parle encore tous les jours ! 100 Génies, ce n’est pas juste des gens intelligents, c’est aussi des gens sensibles, qui aiment échanger... Ce sont de beaux humains. Je suis contente de les avoir rencontrés. »

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA TÉLÉ

Meryam Chagouri sur le plateau avec deux autres participants

Elle a aussi aimé voir l’envers du décor de la télé. Particulièrement dans le contexte de la pandémie, alors qu’elle a pu constater à quel point l’équipe de production s’était démenée pour que l’émission se fasse tout en respectant les mesures sanitaires.

Quand je regarde les épisodes, je pense à ce qu’il y a derrière et je trouve ça impressionnant comment ils s’en sont sortis avec brio. Peut-être que c’est de la bonne télé, 100 Génies, mais pas juste grâce à nous. Nous, on fait une infime partie du travail.

Meryam Chagouri

Meryam ressort de cette expérience avec le goût de continuer à apprendre. « Ça valorise la connaissance et ça stimule encore plus à continuer ce que tu fais. C’est motivant. » Mais elle ne sait pas encore vers quel domaine elle se dirigera plus tard.

« Tout m’intéresse ! J’aime toutes les matières à l’école, il y a plein de métiers qui seraient l’fun à faire, alors j’attends l’élimination. J’ai le temps encore. »